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Commerce extérieur : le déficit franchit les dix milliards de dinars fin mai 2026 et s’aggrave de 24,5%

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Par Imen Nouira

    Malgré une progression des exportations tunisiennes durant les cinq premiers mois de 2026, les importations ont augmenté à un rythme presque deux fois supérieur, accentuant le déficit commercial.

    Un déficit commercial toujours sous pression

    Le déficit commercial tunisien s’est aggravé de 24,5% par rapport à mai 2025 et de 62,5% par rapport à mai 2024. Il a atteint -10,41 milliards de dinars à fin mai 2026, contre -8,36 milliards de dinars en mai 2025 et -6,41 milliards de dinars en mai 2024.

    Rappelons qu’à fin 2025, un nouveau record, dépassant celui enregistré en 2019, avait été atteint avec un déficit de -21,8 milliards de dinars.

    Le taux de couverture a, pour sa part, reculé de 3,2 points par rapport à mai 2025 et de 7,7 points par rapport à mai 2024, passant de 80,7% en mai 2024 à 76,2% en mai 2025, puis à 73% en mai 2026. Ces chiffres ont été publiés, vendredi 12 juin 2026, par l’Institut national de la statistique (INS).

    Exportations et importations en hausse

    Aux prix courants, les exportations ont atteint 28,17 milliards de dinars durant les cinq premiers mois de l’année 2026, contre 26,83 milliards de dinars durant la même période de 2025. Quant aux importations, elles ont atteint 38,58 milliards de dinars contre 35,2 milliards de dinars durant la même période.

    Ainsi, les exportations ont augmenté de 5% entre mai 2026 et mai 2025, après une légère hausse de 0,3% entre mai 2025 et mai 2024. Les importations ont, pour leur part, progressé de 9,6% entre mai 2026 et mai 2025, après une hausse de 6,1% entre mai 2025 et mai 2024.

    Les industries agroalimentaires et l’énergie soutiennent les exportations

    Selon les secteurs, les exportations ont enregistré une hausse dans les industries mécaniques et électriques (+6,1%) ainsi que dans les industries agroalimentaires (+20%), à la suite de l’augmentation des ventes d’huile d’olive (3,05 milliards de dinars contre 2,12 milliards de dinars).

    Une hausse de 37,7% a également été enregistrée dans le secteur de l’énergie, sous l’effet de l’augmentation des ventes de produits raffinés (636,9 millions de dinars contre 150,1 millions de dinars).

    En revanche, les exportations ont reculé dans le secteur des mines, phosphates et dérivés (-31,8%) ainsi que dans le secteur du textile, habillement et cuir (-6,2%).

    Des échanges contrastés avec l’Europe et les pays arabes

    Selon le groupement des produits, les importations ont enregistré une hausse au niveau de tous les groupes, notamment les produits énergétiques (+35,1%), les produits alimentaires (+20,1%), les biens d’équipement (+4,1%), les biens de consommation (+5,9%) ainsi que les matières premières et demi-produits (+1,5%).

    Les exportations tunisiennes vers l’Union européenne, représentant 71,5% du total des exportations durant les cinq premiers mois de l’année 2026, ont atteint 20,13 milliards de dinars contre 18,87 milliards de dinars durant la même période de 2025.

    Les exportations ont progressé vers la France (+6,7%) et l’Italie (+3,5%). En revanche, elles ont baissé avec certains partenaires européens, notamment l’Allemagne (-1,3%) et les Pays-Bas (-11,3%).

    Vers les pays arabes, les exportations ont augmenté avec l’Égypte (+110%) et l’Arabie saoudite (+59,9%). En revanche, elles ont diminué avec le Maroc (-37,7%), l’Algérie (-26%) et la Libye (-20,5%).

    En ce qui concerne les importations en provenance de l’Union européenne, qui représentent 44,2% du total des importations, elles ont atteint 17,05 milliards de dinars contre 15,47 milliards de dinars durant les cinq premiers mois de l’année 2025.

    Les importations ont augmenté avec la France (+17,3%) et l’Italie (+10,7%). En revanche, elles ont diminué avec la Belgique (-2%) et l’Espagne (-3%).

    Hors Union européenne, les importations ont progressé avec la Turquie (+6,2%) et l’Inde (+23,6%). En revanche, elles ont enregistré une baisse avec la Russie (-40,1%) et la Chine (-1,9%).

    Un déficit principalement porté par l’énergie

    Le solde de la balance commerciale reste déficitaire de -10,41 milliards de dinars. Ce déficit provient principalement du groupe des produits énergétiques (-5,83 milliards de dinars), des matières premières et demi-produits (-2,60 milliards de dinars), des biens d’équipement (-1,83 milliard de dinars) ainsi que des biens de consommation (-1,10 milliard de dinars).

    En revanche, le groupe de l’alimentation a enregistré un excédent de 943,4 millions de dinars.

    Par ailleurs, les résultats montrent que le déficit commercial hors énergie se réduit à -4,59 milliards de dinars, tandis que le déficit énergétique s’est aggravé pour atteindre -5,83 milliards de dinars contre -4,33 milliards de dinars durant les cinq premiers mois de 2025.

    I.N.

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    3 commentaires

    1. HatemC

      Répondre
      12 juin 2026 | 19h50

      Mon analyse va toucher précisément au cœur d’un dilemme majeur pour la Tunisie, qui entremêle dépendance économique, sécurité énergétique et choix géopolitiques complexes.
      Les chiffres cités ( les exportations ont diminué avec le Maroc (-37,7%), l’Algérie (-26%) sur le recul des échanges illustrent parfaitement la fragilité des relations commerciales maghrébines actuelles.

      La dépendance énergétique envers l’Algérie : un piège stratégique ?

      Le déficit énergétique tunisien (qui frôle les 6 milliards de dinars à fin mai 2026) est abyssal.
      Le pays dépend structurellement du gaz algérien pour produire près de la totalité de son électricité La Tunisie importe massivement de l’énergie d’Algérie (ce qui creuse un déficit bilatéral colossal avec ce voisin, souvent le deuxième plus important après la Chine), mais parallèlement, elle ne parvient pas à lui exporter ses propres produits. Les barrières douanières et protectionnistes algériennes, associées à une baisse de régime des exportations tunisiennes vers ce pays, asphyxient le commerce bilatéral.

      Le coût économique des choix géopolitiques : L’axe Maroc-Algérie

      Le rapprochement flagrant de Tunis avec Alger depuis 2022 (notamment lors de l’accueil officiel du chef du Polisario par le président Kaïs Saïed au sommet de la Ticad) a marqué une rupture historique avec la position de « neutralité positive » que la diplomatie tunisienne observait traditionnellement sur le dossier du Sahara occidental.

      Les conséquences économiques sont directes :

      Avec le Maroc : Le refroidissement diplomatique s’est immédiatement traduit par un gel ou un recul des échanges commerciaux, comme en témoigne la chute brutale de près de 38 % que vous évoquez. Le marché marocain, qui achetait pourtant des produits à forte valeur ajoutée (composants, dattes, etc.), s’est détourné de la Tunisie.

      Le paradoxe algérien : En choisissant de s’aligner sur Alger pour s’assurer un approvisionnement continu en gaz et des promesses d’aides financières, la Tunisie s’est isolée d’un autre partenaire économique maghrébin dynamique (le Maroc), sans pour autant que l’Algérie ne lui ouvre grand ses portes pour compenser cette perte par des exportations.

      Détachons nous de cette Algérie et RAPIDEMENT

    2. HatemC

      Répondre
      12 juin 2026 | 19h35

      Pourquoi ce déficit s’aggrave-t-il ?
      Si la Tunisie exporte, pourquoi le déficit explose-t-il à ce point en 2026 ? Le problème vient principalement de ce que le pays est obligé d’importer, souvent à des prix mondiaux très élevés :

      La facture énergétique :
      La Tunisie ne produit pas assez de pétrole et de gaz pour sa propre consommation. Les importations d’énergie plombent littéralement la balance commerciale.

      L’économie tunisienne souffre structurellement d’un modèle de sous-traitance trop dépendant de l’Europe et d’une incapacité à couvrir ses propres besoins vitaux (énergie et alimentation). Le problème n’est donc pas que la Tunisie ne produit rien, mais plutôt que ce qu’elle produit ne suffit plus à payer ce qu’elle est contrainte d’importer.

    3. HatemC

      Répondre
      12 juin 2026 | 19h25

      Normal que produisons nous en Tunisie ???? Rien
      L’économie tunisienne est fortement dépendante des investissements et des donneurs d’ordre européens … la Tunisie est intégrée de manière dépendante dans les chaînes de valeur européennes, ce qui crée une forme de sous-traitance industrielle.

    Répondre

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