Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Requin bleu, dauphins et méduses sur les côtes tunisiennes : Faut-il craindre ces espèces marines ? 

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

Par Nadya Jennene

    Le récent repérage d’un requin bleu au large de Menzel Temime, dans le gouvernorat de Nabeul, a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, alimentant parfois des inquiétudes quant à la sécurité des baigneurs. Invité à s’exprimer sur les ondes de Jawhara FM lundi 15 juin 2026, le plongeur professionnel Khitem Nasser a tenu à rassurer le public, estimant que la présence de cette espèce dans les eaux tunisiennes est un phénomène naturel qui ne doit pas être perçu comme une menace.

    Selon lui, le requin bleu est avant tout un animal marin évoluant dans son habitat naturel. « Il peut être présent dans les profondeurs comme il peut s’approcher du littoral », a-t-il expliqué, précisant que ses déplacements sont principalement dictés par la présence de ses proies et non par l’homme. Contrairement à certaines idées reçues, l’être humain ne figure pas parmi ses cibles naturelles. Le plongeur a rappelé même que, dans de nombreux cas, les requins sont davantage victimes des activités humaines que l’inverse.

    Khitem Nasser a souligné que la présence du requin bleu à cette période de l’année était étroitement liée aux migrations saisonnières du thon, l’une de ses principales proies. L’animal suit ainsi les bancs de poissons qui transitent par les eaux tunisiennes, ce qui explique sa présence ponctuelle près des côtes. « Il s’agit d’un visiteur temporaire », a-t-il affirmé, ajoutant que ce comportement est connu des spécialistes du milieu marin.

    Khitem Nasser a indiqué, par ailleurs, que l’observation de requins dans les eaux tunisiennes n’avait rien d’exceptionnel. Ces animaux peuvent parfois s’approcher de zones peu profondes, y compris à proximité du rivage, sans pour autant représenter un danger immédiat pour les baigneurs.

    Il insisté également sur un fait souvent méconnu : aucune attaque de requin bleu contre l’homme n’a été enregistrée en Tunisie ni, selon lui, dans l’ensemble du bassin méditerranéen. Les rares incidents signalés dans d’autres régions du monde sont généralement étudiés en tenant compte de nombreux facteurs environnementaux et ne peuvent être réduits à un simple comportement agressif de l’animal.

    Au cours de son intervention, Khitem Nasser a révélé que les eaux tunisiennes abritaient une remarquable diversité de requins, estimant à près de cinquante le nombre d’espèces recensées dans le pays. Parmi elles figurent notamment le grand requin blanc, considéré comme l’espèce la plus redoutable au monde, ainsi que le requin tigre et le requin bouledogue. Le requin bleu observé récemment figure, selon lui, parmi les espèces les plus connues, mais sa présence ne constitue pas un phénomène nouveau.

    Interrogé sur l’apparition récente de différentes espèces marines près des plages tunisiennes, le plongeur a évoqué l’impact probable des changements climatiques sur l’écosystème marin. L’augmentation progressive de la température de l’eau et l’évolution des conditions environnementales pourraient expliquer certaines observations inhabituelles réalisées ces dernières années.

    Il a cité notamment le cas d’un dauphin aperçu récemment très près du rivage et interagissant avec des baigneurs à Bizerte. Bien que les dauphins soient connus pour leur comportement sociable et pacifique envers l’être humain, Khitem Nasser a avancé que leur présence aussi près des plages était relativement rare. Selon lui, leur curiosité naturelle et leurs capacités sensorielles exceptionnelles pourraient expliquer ce type de comportement.

    Le plongeur est également revenu sur la présence de la galère portugaise qui a récemment attiré l’attention sur certaines côtes tunisiennes. Il a précisé que cet organisme marin n’était pas véritablement une espèce installée en Méditerranée. Dépourvu de capacité de déplacement autonome, il est transporté par les courants marins et les vents, pouvant ainsi apparaître ponctuellement sur différents littoraux avant de disparaître naturellement.

    Khitem Nasser a en conclusion appelé à éviter les réactions excessives face aux vidéos et images circulant sur les réseaux sociaux. Selon lui, les espèces observées ces dernières semaines témoignent avant tout de la richesse de la biodiversité marine tunisienne. Il a invité ainsi les citoyens à adopter une attitude respectueuse envers ces animaux et à considérer leur présence comme un phénomène naturel plutôt que comme une source d’inquiétude. 

    Cette analyse rejoint les récentes mises au point du WWF Afrique du Nord. Dans un communiqué publié le 12 juin 2026 après le signalement d’un requin bleu au large de Menzel Temime, l’organisation a tenu à rassurer l’opinion publique en soulignant qu’il s’agit d’une espèce marine fascinante et totalement inoffensive pour l’être humain.

    Le WWF a rappelé que le requin bleu était un grand migrateur qui fréquente régulièrement les eaux tunisiennes. Reconnaissable à sa coloration bleu profond caractéristique, il évolue habituellement en haute mer et se nourrit essentiellement de petits poissons et de céphalopodes, notamment de calmars. L’homme ne fait pas partie de son régime alimentaire.

    Sa présence occasionnelle à proximité des côtes peut s’expliquer par des phénomènes naturels tels que la recherche de proies, les variations des courants marins ou encore les changements de température de l’eau. Dans la plupart des cas, l’animal ne fait que traverser la zone avant de regagner les eaux profondes. Naturellement craintif, le requin bleu tend d’ailleurs à s’éloigner lorsqu’il détecte une activité humaine importante.

    L’organisation environnementale a souligné également que l’espèce était aujourd’hui confrontée à de nombreuses menaces. Classé « quasi menacé » à l’échelle mondiale, le requin bleu est considéré comme particulièrement vulnérable en Méditerranée, où la pêche, notamment accidentelle, exerce une pression croissante sur ses populations. Sa présence demeure ainsi un indicateur précieux de la bonne santé des écosystèmes marins.

    N.J

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *