Alors que l’Observatoire tunisien des droits de l’Homme (OTDH) poursuit le suivi de plusieurs dossiers impliquant des ressortissants tunisiens en Libye, son président, Mostafa Abdelkebir, a révélé l’arrestation d’environ douze Tunisiens dans la région de Zaouïa. Selon lui, ces interpellations seraient liées à l’affaire de trois ressortissants libyens arrêtés et poursuivis en Tunisie. Lors d’une intervention radiophonique, il a également apporté des précisions sur le cas de deux Tunisiennes initialement signalées comme disparues à Tripoli.
Le président de l’Observatoire tunisien des droits de l’Homme (OTDH), Mostafa Abdelkebir, est revenu, lundi 15 juin 2026, dans une intervention téléphonique accordée à Hatem Ben Amara dans l’émission Sbeh El Ward sur Jawhara FM, sur plusieurs affaires concernant des ressortissants tunisiens en Libye.
Au cours de cette intervention, il a évoqué deux dossiers distincts : l’arrestation d’une douzaine de Tunisiens en Libye, que l’OTDH considère comme particulièrement préoccupante, ainsi que le cas de deux Tunisiennes dont la disparition avait été signalée dans un premier temps avant que leur situation ne soit clarifiée.
Une douzaine de Tunisiens arrêtés après des appels de détresse
Mostafa Abdelkebir a indiqué que l’OTDH avait été alerté, avant-hier, par des appels de détresse émanant de ressortissants tunisiens présents en Libye.
Selon les informations recueillies par l’organisation à la suite de ces signalements, environ douze Tunisiens auraient été arrêtés en Libye. Les personnes concernées seraient notamment des travailleurs tunisiens ainsi que des voyageurs et des passagers se trouvant sur place.
L’OTDH affirme avoir immédiatement entrepris des démarches afin de déterminer les circonstances de ces arrestations et d’identifier les raisons ayant conduit à leur interpellation.
Au fil des contacts et des vérifications effectuées, l’organisation est parvenue à établir, selon son président, un lien entre ces arrestations et une affaire impliquant trois ressortissants libyens poursuivis en Tunisie.
Un dossier remontant à la fin de l’année 2024
Selon Mostafa Abdelkebir, les trois Libyens concernés sont accusés d’avoir commis des crimes en Libye avant de quitter leur pays pour rejoindre la Tunisie où ils ont été arrêtés fin 2024.
Une fois localisés sur le territoire tunisien, ils auraient été arrêtés par les autorités compétentes puis présentés devant la justice tunisienne.
Le président de l’OTDH a insisté sur le fait que cette affaire suit son cours dans le cadre des procédures judiciaires ordinaires et conformément aux mécanismes de coopération légale existant entre les deux pays.
Pour lui, le traitement de ce dossier relève exclusivement de la justice et ne saurait justifier des mesures visant des ressortissants tunisiens n’ayant aucun lien avec cette affaire.
« Nos compatriotes ne doivent pas être utilisés comme monnaie d’échange »
Mostafa Abdelkebir estime que les arrestations intervenues en Libye constituent une forme de pression exercée dans le cadre du dossier des trois ressortissants libyens.
Selon lui, les Tunisiens concernés n’ont aucun rapport avec cette affaire et ne devraient pas être associés à un contentieux judiciaire qui suit déjà son cours devant les juridictions tunisiennes.
« Nous considérons qu’il n’est pas acceptable que nos compatriotes soient utilisés comme monnaie d’échange dans une affaire qu’ils ne connaissent même pas et à laquelle ils sont totalement étrangers », a-t-il déclaré.
Le président de l’OTDH a rappelé que la justice tunisienne est indépendante et que les procédures légales existent pour traiter ce type de dossiers.
« La justice tunisienne suit son cours. Les voies judiciaires et les mécanismes de coopération légale existent. Il n’est pas normal que des citoyens tunisiens se retrouvent retenus dans le cadre d’une affaire qui ne les concerne pas », a-t-il affirmé.
Se disant particulièrement surpris par cette situation, il a indiqué que l’Observatoire poursuivait ses contacts avec plusieurs intervenants afin d’obtenir une issue rapide à ce dossier.
« Nous sommes très étonnés par cette situation. Nous sommes en relation avec des parties civiles libyennes ainsi qu’avec les autorités tunisiennes afin d’assurer le suivi du dossier et d’obtenir la libération de nos compatriotes sans condition ni contrepartie », a-t-il ajouté.
Mostafa Abdelkebir a ainsi appelé les autorités libyennes à procéder à la libération immédiate des Tunisiens concernés, estimant qu’aucune logique de représailles ou de pression ne saurait être acceptée.
Le cas des deux Tunisiennes finalement clarifié
Au cours de la même intervention, le président de l’OTDH est également revenu sur le cas de deux Tunisiennes dont la disparition avait été signalée dans une publication Facebook publiée le dimanche 14 juin 2026. Dans ce message, il faisait état d’informations faisant état de la disparition des deux femmes à Tripoli, sans que les circonstances de leur absence ne soient alors clairement établies.

Les investigations menées par la suite ont toutefois permis de clarifier leur situation. Selon Mostafa Abdelkebir, il s’est avéré que les deux Tunisiennes n’étaient pas portées disparues mais qu’elles étaient détenues depuis quatre jours par des autorités officielles relevant de Tripoli. Toujours selon les informations recueillies par l’OTDH, leur arrestation serait liée à des affaires de crimes électroniques.
Le responsable associatif n’a pas fourni davantage de détails sur la nature exacte des accusations retenues contre elles ni sur l’état d’avancement des procédures engagées dans ce dossier.
Ces précisions mettent néanmoins fin aux interrogations suscitées par le signalement initial de leur disparition et permettent de confirmer que les deux ressortissantes tunisiennes se trouvent entre les mains d’autorités officielles libyennes.
Alors que le cas des deux Tunisiennes semble désormais éclairci quant à leur localisation et aux circonstances de leur détention, l’inquiétude demeure en revanche concernant la situation des autres Tunisiens arrêtés. L’OTDH poursuit ses démarches auprès des différents intervenants libyens et tunisiens afin d’obtenir leur libération, tout en appelant à ce que les différends judiciaires entre les deux pays continuent d’être traités exclusivement dans le cadre des procédures légales et de la coopération judiciaire.
I.N.










