Réuni lundi 15 juin 2026 au palais du gouvernement à la Kasbah, le Conseil des ministres a examiné plusieurs projets de loi et décrets d’application, dont le plus important concerne l’approbation du Plan de développement 2026-2030. La séance a été présidée par la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, sur délégation du président de la République, Kaïs Saïed.
Un plan présenté comme une rupture avec les politiques précédentes
À l’ouverture des travaux, Sarra Zaâfrani Zenzri a estimé que ce nouveau plan constituait une étape décisive dans l’orientation des politiques publiques, affirmant qu’il marque une rupture avec les approches antérieures, jugées responsables de déséquilibres sociaux, économiques, environnementaux et institutionnels.
Le document fixe les priorités de l’État pour les cinq prochaines années en s’appuyant sur les choix nationaux définis par le président de la République, avec pour objectif une répartition plus équilibrée des richesses entre les différentes régions du pays.
Une élaboration fondée sur une démarche ascendante
Sarra Zaâfrani Zenzri a rappelé que le plan avait fait l’objet d’un suivi étroit de la présidence de la République tout au long de son élaboration. Elle a souligné qu’il repose, pour la première fois en Tunisie, sur une démarche dite « ascendante », partant du niveau local puis régional et territorial avant d’être consolidée à l’échelle nationale.
Les propositions issues des conseils locaux, des conseils régionaux et des conseils des districts ont ainsi été intégrées afin de construire un modèle de développement présenté comme plus inclusif et davantage en phase avec les attentes des citoyens.
Le social au cœur du projet
Le gouvernement affirme que le Plan de développement 2026-2030 consacre la dimension sociale comme un choix stratégique permanent de l’État. L’ambition affichée est de renforcer l’intégration économique et sociale, tout en réduisant les disparités entre les régions et en améliorant la résilience de l’économie tunisienne face aux mutations géopolitiques et économiques internationales.
Trois grandes composantes
Le document soumis au Conseil des ministres s’articule autour de trois axes principaux :
- les orientations générales et les objectifs de développement
- le développement territorial
- les politiques de développemen
Les rapports issus des instances élues ont mis en évidence plusieurs défis structurels, notamment les écarts persistants de développement entre les régions, ainsi que les effets des transformations mondiales liées à l’accélération technologique, aux fluctuations des prix de l’énergie, des denrées alimentaires et des matières premières, à l’évolution des marchés du travail et à l’intensification de la concurrence internationale.
Cinq orientations stratégiques
Pour répondre à ces enjeux, le plan prévoit une série de réformes et de programmes d’investissement articulés autour de cinq priorités majeures :
- promouvoir un développement social plus équitable en réduisant la pauvreté et la précarité et en renforçant les systèmes de protection sociale
- assurer un développement territorial équilibré et réduire les disparités régionales
- renforcer le tissu économique et moderniser les infrastructures à travers le soutien aux secteurs à forte valeur ajoutée, à l’innovation, à la recherche et à l’investissement, ainsi que le développement des ports, des routes et des équipements structurants
- consolider la sécurité alimentaire, hydrique et énergétique tout en préservant l’environnement et la biodiversité
- moderniser les institutions publiques et améliorer l’efficacité de l’administration à travers des réformes législatives, réglementaires et organisationnelles
Un mécanisme de suivi prévu
Le projet prévoit également la mise en place d’un système de suivi et d’évaluation périodique afin de mesurer l’avancement des politiques, programmes et projets retenus. Un rapport annuel sera élaboré dans le cadre du budget économique, tandis qu’une évaluation à mi-parcours permettra d’apprécier le niveau de réalisation des objectifs fixés.
Par ailleurs, le Conseil des ministres a examiné plusieurs autres projets de loi et décrets d’application inscrits à son ordre du jour. À l’issue de ses travaux, il a validé le projet de loi portant approbation du Plan de développement 2026-2030 ainsi que l’ensemble des textes soumis à délibération.
M.B.Z











