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Céréales : la Tunisie couvre 65% de ses besoins, mais reste dépendante des importations

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Par Nadya Jennene

    La récolte céréalière de la saison 2025-2026 devrait permettre de couvrir près de 65% des besoins nationaux en céréales. Une performance qui marque une amélioration notable après plusieurs années difficiles, mais qui rappelle aussi l’ampleur du défi alimentaire auquel la Tunisie reste confrontée.

    Le pays demeure en effet fortement dépendant des marchés internationaux pour assurer son approvisionnement en céréales, en particulier en blé tendre destiné à la fabrication du pain. Chaque année, des quantités importantes doivent être importées pour combler le déficit de la production locale, exposant la Tunisie aux fluctuations des cours mondiaux, aux tensions géopolitiques et aux contraintes logistiques qui pèsent sur les chaînes d’approvisionnement.

    Le président de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (Utap), Moez Ben Zaghdane, estime toutefois que les résultats de cette campagne auraient pu être bien meilleurs. Dans une déclaration accordée à Mosaïque FM, il a regretté que les agriculteurs n’aient pas bénéficié, dès le début de la saison, des quantités nécessaires d’intrants agricoles, notamment de l’engrais DAP et des semences sélectionnées.

    Il a également pointé des insuffisances dans l’approvisionnement en ammonitrate, un engrais essentiel pour les cultures céréalières. Selon lui, les producteurs n’ont reçu qu’environ 60% des quantités requises, une situation qui a inévitablement pesé sur les rendements et limité le potentiel de la campagne.

    Le responsable agricole a, par ailleurs, indiqué que la saison des moissons a démarré avec un certain retard. Ce décalage s’explique par les conditions climatiques observées tout au long de l’année agricole. Les pluies abondantes enregistrées dans plusieurs régions du pays, combinées à des températures relativement fraîches, ont ralenti le cycle de maturation des céréales et repoussé le début des récoltes.

    Si cette campagne s’annonce globalement meilleure que les précédentes, elle met une nouvelle fois en lumière les fragilités structurelles du secteur céréalier tunisien. Entre dépendance aux importations, difficultés d’approvisionnement en intrants et vulnérabilité aux aléas climatiques, l’objectif de renforcer la souveraineté alimentaire du pays reste un chantier majeur pour les années à venir.

    N.J

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