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Impôt sur la fortune : Maher Ketari plaide pour l’exemption des Tunisiens résidant à l’étranger

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Par Nadya Jennene

    Le président de la Commission des finances à l’Assemblée des représentants du peuple, Maher Ketari, a défendu jeudi 18 juin 2026 sur les ondes de Mosaïque FM le maintien d’une exception en faveur des Tunisiens résidant à l’étranger concernant l’impôt sur la fortune, tout en réaffirmant son opposition de principe à cette taxe.

    Revenant sur les dispositions de l’article 88 de la loi de finances 2026, et plus particulièrement sur son deuxième paragraphe, le député a indiqué avoir reçu de nombreuses sollicitations de la part de membres de la diaspora tunisienne préoccupés par l’application de cette mesure aux biens immobiliers et mobiliers situés en Tunisie, indépendamment du lieu de résidence de leur propriétaire.

    Selon lui, la question dépasse le simple cadre fiscal. « Nous devons préserver le lien entre la Tunisie et ses ressortissants établis à l’étranger, qu’il s’agisse de la première, de la deuxième ou même de la troisième génération », a-t-il affirmé insistant ainsi sur l’importance de maintenir une relation forte avec les Tunisiens nés hors du pays, notamment en Europe, en Amérique ou en Asie; cet attachement constituant un enjeu national majeur, à son sens. 

    Le président de la Commission des finances considère que les recettes attendues de cette taxe sur les biens détenus par les Tunisiens de l’étranger seraient relativement limitées. « Une contribution de 0,5% ou de 1% ne représente pas un apport significatif pour les finances publiques », a-t-il souligné, estimant qu’il serait contre-productif de fragiliser les liens avec la diaspora pour un rendement fiscal modeste.

    Le député a également précisé que les conventions internationales visant à éviter la double imposition offraient déjà des garanties aux contribuables concernés. Ainsi, lorsqu’un Tunisien résidant à l’étranger est imposé dans son pays de résidence sur l’ensemble de son patrimoine, y compris les biens détenus hors de ce pays, les mécanismes prévus par ces accords permettent d’éviter une double taxation.

    Maher Ketari a réaffirmé son désaccord avec le principe même de l’impôt sur la fortune. « Personnellement, je suis contre l’idée d’un impôt sur la fortune », a-t-il déclaré, rappelant que cette disposition avait initialement été rejetée aussi bien au sein de la Commission des finances qu’en séance plénière avant d’être réintroduite à l’initiative du gouvernement .

    Une telle fiscalité devrait, selon le député, être envisagée dans des économies arrivées à un stade avancé de développement. « On ne peut pas imposer davantage une société qui est encore en phase de construction économique. Il faut d’abord permettre aux citoyens de créer de la richesse avant d’envisager de la taxer davantage », a-t-il estimé.

    N.J

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