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Conférence annuelle de l’ATIC : Salma Ben Hamida défend un prolongement des incitations au capital-investissement

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Par Myriam Ben Zineb

    À l’occasion de la Conférence annuelle 2026 de l’Association tunisienne des investisseurs en capital (ATIC), organisée jeudi 18 juin 2026 autour du thème « IA et investissement durable », la présidente de l’association, Salma Ben Hamida, a lancé un appel en faveur de la reconduction d’un dispositif fiscal qu’elle considère comme essentiel au financement et à la restructuration des PME tunisiennes.

    Intervenant sur Express FM, elle a rappelé que le capital-investissement ne constitue pas une alternative au crédit bancaire, mais un complément indispensable, en renforçant les fonds propres des entreprises.

    « Les PME sont sous-capitalisées »

    Selon Salma Ben Hamida, une grande partie des PME tunisiennes souffrent d’une sous-capitalisation chronique, limitant leur capacité à accéder au financement bancaire.

    « Le crédit bancaire finance l’endettement, tandis que le capital-investissement finance les fonds propres et les quasi-fonds propres », a-t-elle expliqué, estimant que les deux mécanismes « s’enrichissent mutuellement ». Une entreprise mieux capitalisée est ainsi davantage en mesure d’obtenir des financements complémentaires auprès des banques.

    Elle a rappelé que le secteur finance les PME non cotées ainsi que les start-up, à toutes les étapes de leur développement : création, croissance, transmission ou encore restructuration.

    Un accompagnement bien au-delà du financement

    La présidente de l’ATIC a insisté sur la spécificité du capital-investissement, qui ne se limite pas à injecter des capitaux.

    « Nous sommes aussi dans l’accompagnement stratégique et le réseautage », a-t-elle souligné, précisant que les investisseurs participent activement à la transformation, au développement et à la création de valeur au sein des entreprises financées.

    Plus de 700 millions de dinars levés en 2025

    Salma Ben Hamida a également présenté les principaux indicateurs du secteur. Selon elle, les fonds levés par l’écosystème du capital-investissement ont atteint 709 millions de dinars en 2025, portant l’encours total des fonds à 5655 millions de dinars. Les groupes bancaires demeurent les principaux bailleurs de fonds, représentant près de 78% des ressources mobilisées. Aussi, 740 millions de dinars ont été investis en 2025, un investissement qui a concerné 223 entreprise, startups ou PME.

    La présidente de l’ATIC a également tenu à souligner que 30% des investissements ont été alloués aux restructurations.

    Une mesure fiscale qui expire fin 2026

    Le principal message porté par l’ATIC concerne toutefois la mesure fiscale introduite en 2019 permettant de financer les opérations de restructuration des entreprises via les fonds de capital-investissement. Cette disposition, intégrée à plusieurs Lois de finances successives, arrivera à échéance le 31 décembre 2026.

    Pour Salma Ben Hamida, sa disparition fragiliserait directement les capacités d’intervention du secteur.

    « La principale source de financement du capital-investissement serait fragilisée, avec un impact direct sur la capacité du marché à sauver des entreprises et à préserver des emplois », a-t-elle averti.

    L’ATIC demande donc que cette mesure soit prolongée jusqu’en 2031, voire intégrée de manière permanente dans le dispositif fiscal afin d’offrir davantage de visibilité aux investisseurs.

    Des restructurations en forte progression

    Pour étayer sa demande, la présidente de l’ATIC a avancé plusieurs chiffres.

    Les investissements consacrés aux restructurations sont passés de 67 millions de dinars en 2021 à 242 millions de dinars en 2024, avant de s’établir à 204 millions de dinars en 2025. Selon elle, cela représente en moyenne une cinquantaine d’opérations de restructuration par an, autant d’entreprises dont la pérennité et les emplois ont pu être préservés.

    Trois priorités pour renforcer l’attractivité du secteur

    Au-delà de cette revendication fiscale, Salma Ben Hamida a indiqué que l’ATIC travaillait sur plusieurs propositions destinées à améliorer l’environnement de l’investissement.

    L’association souhaite notamment contribuer à la réforme du Code des changes afin de rendre la Tunisie plus attractive pour les investisseurs étrangers. Elle plaide également pour un renforcement du rôle des SICAR régionales, qu’elle considère comme un levier essentiel du financement de proximité.

    Grâce à leur ancrage territorial, ces structures seraient mieux placées pour accompagner les entreprises implantées dans les régions de l’intérieur, où les besoins en financement demeurent particulièrement importants.

    M.B.Z

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