Les augmentations de 5% des pensions servies aux retraités affiliés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) étaient censées apporter un peu d’oxygène à une catégorie particulièrement fragilisée par l’inflation et la dégradation continue du pouvoir d’achat. Pourtant, loin de susciter le soulagement espéré, cette mesure a provoqué une vague de déception parmi les principaux concernés.
Invité d’Express FM, le secrétaire général de la Fédération générale des retraités, Abdelkader Nasri, n’a pas caché son amertume face à une augmentation qu’il juge largement insuffisante pour répondre aux difficultés quotidiennes de centaines de milliers de retraités tunisiens.
Pour le responsable syndical, le problème ne réside pas uniquement dans le pourcentage annoncé, mais surtout dans sa traduction concrète sur les pensions les plus faibles. Selon lui, un retraité percevant une pension de 250 ou 300 dinars ne bénéficiera que d’une quinzaine de dinars supplémentaires, une somme dérisoire au regard de l’envolée des prix des produits alimentaires, des médicaments et des services essentiels.
« Comment une famille composée d’un retraité et de son épouse peut-elle vivre dignement avec 300 dinars par mois ? », s’est-il interrogé, soulignant que même les ménages aux revenus plus confortables peinent aujourd’hui à faire face au coût de la vie.
Pour la Fédération générale des retraités, la question dépasse désormais celle des augmentations ponctuelles. L’organisation réclame depuis plusieurs années l’instauration d’une pension minimale garantie alignée sur le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), soit un montant avoisinant actuellement les 550 dinars.
Selon Abdelkader Nasri, cette mesure permettrait de sortir immédiatement des milliers de retraités de la précarité extrême et d’éviter que certains ne terminent leur vie dans des conditions jugées indignes.
Si les autorités invoquent régulièrement les contraintes budgétaires de l’État, la Fédération estime, elle, que l’effort demandé à cette catégorie est devenu disproportionné. Après avoir cotisé durant plusieurs décennies, nombre de retraités se retrouvent aujourd’hui dans l’incapacité de couvrir leurs dépenses les plus élémentaires.
Le secrétaire général de l’organisation n’a d’ailleurs pas hésité à rappeler que les retraités constituaient l’une des couches sociales les plus vulnérables du pays, notamment lorsqu’ils sont confrontés à la maladie. « Certains renoncent à se soigner faute de moyens », a-t-il affirmé, évoquant une situation qu’il juge alarmante.
Au-delà de la question des pensions, Abdelkader Nasri a dressé un tableau particulièrement sombre des services publics destinés aux personnes âgées. Pénuries de médicaments, hôpitaux saturés, délais d’attente parfois incompatibles avec l’urgence de certaines pathologies : autant de dysfonctionnements qui aggravent la situation des retraités.
Il a notamment évoqué le cas de patients contraints d’attendre plusieurs mois pour subir une intervention chirurgicale, certains décédant avant même la date prévue de leur opération.
Selon les chiffres avancés par la Fédération générale des retraités, la Tunisie compte aujourd’hui près de 1,2 million de retraités. Un poids démographique considérable qui rend la question de leur protection sociale incontournable.
N.J











Commentaire
naceur.fah
C’est pire que ça. J’ai fait le calcul pour un proche parent qui touchait une pension de 304 dinars. On lui a versé en mai 332 dinars soit une augmentation de 28 dinars pour 5 mois donc 5,600 dinars d’augmentation nette par mois, ce qui fait une majoration de 1,84%