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Féminicide au Kef : une femme écrasée à mort par son frère

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Par Nadya Jennene

    Au lendemain du féminicide qui a bouleversé le gouvernorat du Kef, où une femme a trouvé la mort après avoir été volontairement percutée par son propre frère, l’Association Joussour Al Mouwatana tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué publié jeudi 18 juin 2026, elle dénonce un crime « odieux » et appelle les autorités à réagir avec fermeté face à la recrudescence des violences faites aux femmes.

    Pour l’association, ce drame dépasse le simple fait divers. Il constitue une atteinte grave au droit à la vie et à la dignité humaine, mais aussi l’une des manifestations les plus extrêmes de la violence fondée sur le genre.

    Joussour Al Mouwatana s’inquiète particulièrement de la multiplication des féminicides en Tunisie, un phénomène qu’elle juge alarmant et qui exige, selon elle, une réponse urgente, globale et coordonnée de la part des pouvoirs publics et de la société civile. Ces crimes, souligne-t-elle, ne peuvent être considérés comme des cas isolés. Ils révèlent au contraire des défaillances persistantes dans les mécanismes de prévention, de protection et de prise en charge des victimes.

    L’association exprime sa solidarité avec la famille de la victime ainsi qu’avec toutes les femmes confrontées à la violence. Elle estime que ces tragédies sont le résultat d’un enchevêtrement de facteurs où se mêlent silence social, insuffisances institutionnelles et absence de protection effective.

    Rappelant les dispositions de la loi organique n°58 de 2017 relative à l’élimination de la violence à l’égard des femmes, elle regrette que la répétition de tels drames mette en évidence le fossé persistant entre les textes et leur application sur le terrain, notamment en matière de protection des victimes et d’intervention rapide face aux situations à risque.

    Dans ce contexte, l’organisation réclame l’ouverture d’une enquête approfondie afin d’établir toutes les circonstances du crime et de garantir que son auteur réponde de ses actes avec la plus grande sévérité. Elle appelle également à une application rigoureuse de la loi n°58, notamment en ce qui concerne les ordonnances de protection et les mécanismes d’alerte précoce dans les affaires de violences familiales.

    Au-delà de la réponse judiciaire, l’association plaide pour un renforcement des dispositifs d’accompagnement des femmes victimes de violences, à travers la création de structures d’accueil adaptées, le développement des services psychologiques et juridiques ainsi que la mise en place de lignes d’écoute accessibles et efficaces.

    Enfin, Joussour Al Mouwatana insiste sur l’importance de renforcer la formation des intervenants des secteurs de la sécurité, de la justice, de la santé et des affaires sociales. Elle met également en garde contre la banalisation croissante des violences au sein de la société et appelle à promouvoir une culture fondée sur l’égalité, le respect et la non-violence.

    N.J

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