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Commerce extérieur : ce que nos déficits et nos excédents disent de l’économie tunisienne

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Par Imen Nouira

    À fin mai 2026, le déficit commercial tunisien a atteint 10,42 milliards de dinars, un record pour les cinq premiers mois de l’année. Derrière ce chiffre se dessine pourtant une réalité plus nuancée. Les statistiques du commerce extérieur montrent une économie capable de dégager des excédents industriels et agricoles sur plusieurs marchés, mais toujours dépendante de l’étranger pour son énergie, une partie de son alimentation et une grande partie de ses équipements. L’analyse des échanges commerciaux permet ainsi de mieux comprendre les forces et les fragilités de l’économie tunisienne.

    Derrière le déficit commercial, une économie qui importe davantage qu’elle ne produit

    Les chiffres publiés par l’Institut national de la statistique (INS) pour les cinq premiers mois de 2026 traduisent une dégradation continue des équilibres commerciaux du pays. Les exportations tunisiennes ont atteint 28,17 milliards de dinars, en hausse de 5% sur un an. Dans le même temps, les importations ont progressé de 9,6% pour s’établir à 38,59 milliards de dinars. Le déficit commercial s’est ainsi creusé à 10,42 milliards de dinars contre 8,37 milliards un an auparavant, tandis que le taux de couverture des importations par les exportations est tombé à 73% contre 76,2% en 2025.

    Jamais sur les cinq premiers mois d’une année la Tunisie n’avait enregistré un déficit commercial aussi élevé. L’aggravation du déséquilibre extérieur apparaît d’autant plus significative qu’elle intervient dans un contexte où les exportations continuent pourtant de progresser.

    Cette apparente contradiction constitue l’un des enseignements majeurs des statistiques publiées par l’INS. La Tunisie exporte davantage qu’auparavant. Les ventes d’huile d’olive connaissent une progression spectaculaire. Les industries mécaniques et électriques continuent d’accroître leurs expéditions vers les marchés étrangers. Plusieurs secteurs demeurent compétitifs et parviennent à gagner des parts de marché.

    Pourtant, ces performances ne suffisent plus à compenser la progression des importations. La raison est simple : une part importante des achats réalisés à l’étranger concerne des produits dont l’économie tunisienne ne peut difficilement se passer. Énergie, céréales, équipements industriels, composants électroniques, matières premières ou produits intermédiaires occupent une place centrale dans les flux commerciaux du pays.

    Le déficit commercial tunisien apparaît ainsi moins comme la conséquence d’une incapacité à exporter que comme le reflet d’une série de dépendances structurelles qui façonnent le fonctionnement même de l’économie nationale.

    L’énergie, première dépendance stratégique de la Tunisie

    Aucune dépendance n’apparaît avec autant d’évidence que celle liée à l’énergie.

    À fin mai 2026, le déficit énergétique atteint 5,83 milliards de dinars contre 4,33 milliards un an auparavant. À lui seul, il représente plus de la moitié du déficit commercial total du pays. Plus révélateur encore, si l’on exclut les produits énergétiques, le déficit commercial tunisien retombe à 4,59 milliards de dinars. Ces chiffres montrent à quel point la question énergétique conditionne aujourd’hui les équilibres extérieurs du pays.

    Depuis plusieurs années, la production nationale d’hydrocarbures suit une tendance baissière. Les principaux gisements vieillissent, tandis que les nouveaux investissements peinent à compenser le déclin des champs existants. Dans le même temps, la consommation énergétique continue de progresser sous l’effet de la croissance démographique, de l’urbanisation et des besoins de l’activité économique.

    Cette évolution oblige la Tunisie à accroître ses achats à l’étranger pour satisfaire sa demande intérieure. L’Algérie occupe dans ce contexte une place particulière. Avec un déficit commercial de 2,23 milliards de dinars à fin mai 2026, elle constitue le deuxième partenaire déficitaire de la Tunisie après la Chine. Contrairement à d’autres déséquilibres commerciaux, celui observé avec Alger est largement lié aux importations de gaz naturel et de produits énergétiques.

    Cette caractéristique distingue l’Algérie de nombreux autres partenaires commerciaux. Le déficit enregistré avec ce pays ne traduit pas une concurrence industrielle ou une consommation accrue de produits manufacturés. Il reflète avant tout un besoin stratégique de l’économie tunisienne.

    Cette situation expose le pays à plusieurs vulnérabilités simultanées. Elle le rend sensible aux fluctuations des prix internationaux de l’énergie, accroît la pression sur les réserves en devises et complique davantage la gestion des finances publiques.

    Une dépendance alimentaire qui demeure largement sous-estimée

    L’énergie n’est toutefois pas la seule vulnérabilité mise en lumière par les statistiques commerciales.

    Les importations alimentaires ont progressé de 20,1% durant les cinq premiers mois de l’année, illustrant une autre dépendance structurelle souvent moins visible mais tout aussi stratégique. Cette réalité est parfois masquée par les performances de certaines filières agricoles exportatrices, en particulier l’huile d’olive. Pourtant, derrière ces succès, la Tunisie continue d’importer massivement plusieurs produits essentiels à son alimentation. Le blé tendre, le blé dur, l’orge, le maïs, les huiles végétales et le riz figurent parmi les produits qui alimentent régulièrement les importations tunisiennes.

    Les statistiques par pays illustrent clairement cette dépendance. La Russie, avec un déficit commercial de 1,26 milliard de dinars, demeure un fournisseur majeur de céréales, de matières premières agricoles et de produits énergétiques. L’Inde affiche pour sa part un déficit de 785 millions de dinars, alimenté notamment par les importations de riz mais également par plusieurs catégories de produits industriels et chimiques. Ces achats répondent à des besoins de consommation difficilement substituables à court terme.

    La guerre en Ukraine a rappelé la fragilité de cette situation. Les perturbations observées sur les marchés mondiaux des céréales ont montré à quel point les pays fortement dépendants des importations alimentaires peuvent être exposés aux chocs internationaux.

    Pour la Tunisie, la question dépasse donc largement le simple cadre commercial. Elle touche directement à la sécurité alimentaire nationale. L’enjeu n’est pas nécessairement d’atteindre une autosuffisance totale, objectif difficilement réalisable dans les conditions climatiques actuelles, mais de réduire progressivement la vulnérabilité du pays face aux fluctuations des marchés mondiaux.

    Le paradoxe industriel tunisien : exporter grâce à ce que l’on importe

    S’il existe une contradiction qui résume à elle seule le fonctionnement de l’économie tunisienne, c’est probablement celle de son secteur industriel.

    Les statistiques montrent que les industries mécaniques et électriques figurent parmi les principaux moteurs des exportations tunisiennes. Les ventes de ce secteur ont progressé de 6,1% durant les cinq premiers mois de 2026.

    Cette performance confirme le rôle central joué par ces activités dans l’économie nationale. Les entreprises tunisiennes produisent des faisceaux de câbles, des composants automobiles, des équipements électriques et divers produits manufacturés destinés principalement aux marchés européens.

    Mais cette réussite repose elle-même sur un paradoxe. Pour fabriquer une partie importante de ces produits exportés, les entreprises tunisiennes doivent importer des machines, des équipements, des composants électroniques, des pièces détachées et de nombreux intrants industriels.

    C’est précisément ce mécanisme qui explique le poids croissant de la Chine dans les échanges commerciaux tunisiens. À fin mai 2026, le déficit commercial avec Pékin atteint 4,64 milliards de dinars, soit de loin le plus important enregistré avec un partenaire étranger. À lui seul, il représente près de la moitié du déficit commercial total du pays.

    La Chine est devenue un fournisseur incontournable de l’économie tunisienne. Elle approvisionne le marché local en biens de consommation, mais également en équipements industriels et en composants utilisés par de nombreuses entreprises exportatrices.

    Une partie significative du déficit enregistré avec ce pays correspond donc à des importations nécessaires à la création de valeur en Tunisie. Cette situation illustre les limites actuelles de l’intégration industrielle locale. Bien que la Tunisie exporte des produits industriels à forte valeur ajoutée, elle dépend encore largement de composants et d’équipements importés pour les fabriquer. La question du contenu local devient dès lors centrale. Plus la part des intrants produits localement augmente, plus la valeur ajoutée créée en Tunisie progresse et plus la dépendance aux importations diminue.

    Or, malgré les progrès réalisés dans plusieurs secteurs, ce défi demeure largement ouvert.

    La Turquie et la Chine : concurrence étrangère ou nécessité économique ?

    Les débats sur le commerce extérieur tunisien se concentrent souvent sur deux pays : la Chine et la Turquie. Leur point commun est d’apparaître parmi les principaux contributeurs au déficit commercial tunisien. Pourtant, réduire la relation économique avec ces deux partenaires à une simple opposition entre importations et production locale serait une lecture incomplète.

    La Turquie illustre parfaitement cette complexité. Au cours des dernières années, les échanges entre Tunis et Ankara se sont considérablement développés. Les produits turcs ont gagné des parts de marché dans de nombreux secteurs : textile, habillement, électroménager, mobilier, équipements domestiques et biens manufacturés. Cette progression a nourri les critiques de plusieurs industriels tunisiens qui dénoncent une concurrence difficile à affronter sur certains segments.

    Les chiffres de mai 2026 montrent que le déficit commercial avec la Turquie atteint désormais 1,45 milliard de dinars, ce qui en fait le troisième déficit bilatéral du pays après la Chine et l’Algérie.

    Le débat autour de l’accord commercial tuniso-turc revient ainsi régulièrement dans l’actualité économique. Mais là encore, la réalité est plus nuancée.

    Une partie des importations en provenance de Turquie concerne également des tissus, des matières premières, des équipements ou des produits intermédiaires utilisés par les entreprises tunisiennes elles-mêmes. Ces achats participent à l’activité économique locale et alimentent parfois des exportations ultérieures.

    La question n’est donc pas seulement celle du volume des importations, mais aussi celle de leur utilité économique. Lorsqu’une entreprise tunisienne importe une machine, un composant ou un équipement lui permettant de produire davantage ou d’exporter plus, l’impact économique n’est pas comparable à celui d’une importation destinée exclusivement à la consommation finale.

    Cette distinction est fondamentale pour comprendre les limites des politiques purement protectionnistes. Réduire certaines importations peut parfois soulager temporairement la balance commerciale. Mais restreindre l’accès aux équipements, aux intrants ou aux composants indispensables à l’industrie risque également de pénaliser les exportations et donc de fragiliser davantage l’économie.

    Une économie tournée vers l’Europe, principal moteur des excédents tunisiens

    Si les principales dépendances tunisiennes apparaissent du côté des importations, les principales forces du pays se trouvent incontestablement du côté de ses exportations.

    Et elles ont un dénominateur commun : l’Europe. Les statistiques de l’INS montrent que 71,5% des exportations tunisiennes sont destinées à l’Union européenne. La valeur des ventes vers cet espace a atteint 20,13 milliards de dinars durant les cinq premiers mois de 2026 contre 18,87 milliards un an auparavant.

    Peu de pays de la région présentent un degré d’intégration aussi élevé avec le marché européen. Cette relation repose sur plusieurs décennies d’investissements, de sous-traitance industrielle et d’intégration progressive des entreprises tunisiennes dans les chaînes de valeur européennes. La France demeure le premier client de la Tunisie, absorbant près de 23% des exportations du pays. L’Italie représente plus de 17% tandis que l’Allemagne approche les 14%.

    Mais les statistiques bilatérales révèlent un autre élément souvent moins mis en avant : plusieurs pays européens figurent également parmi les principaux contributeurs aux excédents commerciaux tunisiens. Avec un excédent de 1,94 milliard de dinars, la France demeure le partenaire le plus profitable pour la Tunisie. L’Allemagne suit avec un excédent de 925 millions de dinars. Viennent ensuite l’Espagne avec 521 millions de dinars, la Libye avec 520 millions de dinars et l’Italie avec 370 millions de dinars.

    Ces chiffres révèlent une réalité essentielle : la Tunisie conserve des avantages compétitifs réels sur plusieurs marchés internationaux. Les industries mécaniques et électriques exportent vers les constructeurs européens. Le textile tunisien demeure fortement tourné vers les marchés de l’Union européenne. Une partie importante des produits agroalimentaires trouve également ses débouchés au nord de la Méditerranée.

    Cette proximité constitue un avantage considérable. La Tunisie bénéficie d’une position géographique privilégiée, d’une main-d’œuvre qualifiée, d’une longue expérience industrielle et d’accords commerciaux qui facilitent son intégration dans les chaînes de production européennes.

    Mais cette force constitue également une vulnérabilité. Lorsqu’un ralentissement économique touche l’Europe, les conséquences se répercutent rapidement sur les exportations tunisiennes. Les difficultés du secteur automobile allemand, la baisse de la consommation française ou les ralentissements industriels observés dans plusieurs pays européens finissent inévitablement par affecter l’activité de nombreuses entreprises tunisiennes.

    La dépendance n’est donc pas uniquement énergétique ou alimentaire. Elle est aussi commerciale.

    Une partie importante de la croissance des exportations tunisiennes demeure étroitement liée à la santé économique du continent européen.

    Les secteurs qui continuent de faire gagner la Tunisie

    Si le déficit commercial atteint aujourd’hui un niveau record, les statistiques révèlent également plusieurs motifs d’optimisme.

    Le premier concerne les industries mécaniques et électriques. Malgré un environnement international incertain, ces activités continuent de progresser. Elles représentent désormais l’un des principaux moteurs des exportations tunisiennes et constituent le cœur de l’intégration du pays dans les chaînes de valeur européennes. Les secteurs du câblage, des composants automobiles, des équipements électriques et de certaines activités aéronautiques continuent d’attirer les investissements et de soutenir les exportations.

    Le deuxième motif d’optimisme est incontestablement l’huile d’olive. L’année 2026 marque un retour spectaculaire de cette filière. Les exportations d’huile d’olive ont atteint 3,05 milliards de dinars sur les cinq premiers mois de l’année contre 2,12 milliards durant la même période de 2025. Cette progression explique largement la hausse de 20% enregistrée par les exportations agroalimentaires.

    Plus encore, elle permet au groupe alimentation d’afficher un excédent commercial de 943,4 millions de dinars. Il s’agit du seul grand groupe de produits à présenter un solde positif alors que l’énergie, les matières premières, les biens d’équipement et les biens de consommation demeurent déficitaires.

    Cette performance rappelle qu’en dépit des difficultés structurelles auxquelles l’agriculture est confrontée, certaines filières continuent de constituer d’importantes sources de devises pour le pays.

    Le phosphate, symbole d’un potentiel toujours sous-exploité

    À côté des succès enregistrés par l’huile d’olive et les industries mécaniques et électriques, un autre chiffre mérite l’attention : les exportations de phosphates et dérivés ont reculé de 31,8% durant les cinq premiers mois de 2026.

    Cette baisse rappelle que la Tunisie peine toujours à retrouver la place qu’elle occupait autrefois sur les marchés internationaux du phosphate. Longtemps considéré comme l’un des piliers des exportations nationales, le secteur continue de souffrir d’une production insuffisante, de difficultés logistiques et de perturbations récurrentes affectant les sites d’extraction et de transformation.

    Le contraste avec l’huile d’olive est frappant. Alors que cette dernière profite d’une conjoncture favorable et tire les exportations vers le haut, le phosphate, qui constituait historiquement l’un des principaux pourvoyeurs de devises du pays, reste loin de son potentiel. Cette contre-performance prive également le pays d’une source de devises qui avait historiquement contribué à atténuer les déséquilibres de la balance commerciale.

    Cette situation illustre l’une des grandes caractéristiques de l’économie tunisienne actuelle : certains secteurs traditionnels peinent encore à retrouver leur dynamisme tandis que de nouvelles locomotives émergent progressivement pour soutenir les exportations.

    Enfin, plusieurs marchés régionaux continuent d’offrir des perspectives intéressantes. La Libye demeure un débouché naturel pour de nombreuses entreprises tunisiennes. Avec un excédent commercial de 520 millions de dinars à fin mai 2026, elle reste l’un des rares marchés régionaux générant un solde largement positif pour la Tunisie. Les exportations concernent une grande variété de produits, allant des denrées alimentaires aux matériaux de construction en passant par les produits manufacturés et les médicaments.

    Les résultats enregistrés avec l’Égypte et l’Arabie saoudite montrent également que des marges de progression existent encore sur plusieurs marchés arabes. Les exportations tunisiennes vers ces deux pays ont fortement augmenté au cours des cinq premiers mois de l’année, même si les échanges avec l’Égypte demeurent structurellement déficitaires. Cette progression intervient toutefois dans le cadre d’une relation commerciale qui reste largement déséquilibrée au détriment de la Tunisie.

    Le véritable défi : produire davantage de ce que nous importons

    La lecture détaillée des échanges commerciaux montre finalement une Tunisie qui ne souffre pas d’un manque de savoir-faire exportateur. Le pays continue de vendre des produits industriels, agricoles et manufacturiers sur plusieurs marchés internationaux. Les performances de l’huile d’olive, la résistance des industries mécaniques et électriques ainsi que les excédents dégagés avec plusieurs partenaires européens en témoignent.

    Le problème réside davantage dans ce que la Tunisie doit acheter que dans ce qu’elle parvient à vendre. Énergie, céréales, équipements industriels, composants, matières premières et produits intermédiaires continuent de peser lourdement sur les importations. Tant que ces dépendances demeureront aussi fortes, chaque progression des exportations risque d’être partiellement effacée par une hausse parallèle des achats à l’étranger.

    La question énergétique apparaît naturellement comme la priorité la plus urgente. Chaque dinar économisé sur les importations d’hydrocarbures a un impact immédiat sur les équilibres extérieurs du pays. La sécurité alimentaire représente un second enjeu majeur, dans un contexte où les marchés agricoles mondiaux demeurent particulièrement volatils. Enfin, le développement d’un tissu industriel plus intégré, capable de produire localement une partie des composants, équipements et intrants aujourd’hui importés, constitue probablement l’un des leviers les plus prometteurs à long terme.

    Au fond, le déficit commercial n’est que le symptôme d’un défi plus vaste. Derrière les chiffres du commerce extérieur se dessinent les grandes questions de souveraineté énergétique, alimentaire et industrielle auxquelles le pays est confronté. Car la véritable question n’est pas seulement de savoir ce que la Tunisie exporte ou importe, mais dans quelle mesure elle peut réduire les dépendances qui pèsent sur son économie. Et c’est probablement là que se joue une partie de son avenir économique.

    Imen NOUIRA

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