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Canicule à Paris : les touristes contraints de revoir leurs vacances

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Copyright : Sébastien Salom-Gomis / AFP

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Par Agence France-Presse

    « Paris se découvre en marchant », mais avec la canicule historique qui touche la France, c’est « impossible » : venus profiter des beaux jours dans la capitale, les touristes sont forcés de réorganiser leur voyage, certains allant jusqu’à annuler des sorties « incontournables ».

    « Visiter Paris avec cette chaleur, c’est horrible », s’exclame auprès de l’AFP John Beeler, un Américain de 45 ans, bob sur la tête et ventilateur portatif à la main.

    Arrivé avec sa femme dans la capitale jeudi dernier, cet ingénieur dit subir son voyage, prévu depuis près de huit mois, plutôt que d’en profiter.

    « On suffoque dans les rues, on suffoque dans le métro et on suffoque même dans notre location », s’agace-t-il. Assis sur un banc ombragé devant le Grand Palais, il précise avoir annulé toutes les visites prévues en extérieur ou dans des lieux non climatisés.

    Le couple a même décidé de changer de logement mardi soir 23 juin 2026, préférant abandonner son « charmant » appartement haussmannien du 8e arrondissement, équipé de ventilateurs, pour une chambre d’hôtel climatisée dans le même quartier cossu.

    La capitale, placée en vigilance rouge canicule depuis le 21 juin par Météo-France, est touchée de plein fouet par la vague de chaleur qui sévit en France et dans une partie de l’Europe.

    Les fortes températures impactent fortement les touristes venus visiter Paris, où 40 °C ont été enregistrés mardi.

    « Impossible »

    « Paris se découvre en marchant », assure Drake Winners, un Londonien de 66 ans, en agitant son éventail. « Mais avec cette chaleur, c’est impossible », regrette-t-il en sortant du Louvre, sur le parvis de la pyramide écrasé de soleil.

    À la place, le jeune retraité profite des terrasses ombragées et multiplie les visites d’églises ou de musées, où il peut rester au frais.

    Comme lui, les visiteurs prennent d’assaut les monuments parisiens, dont la plupart affichent complet pour les prochains jours.

    C’est le cas du musée du Louvre, qui ne dispose d’aucun billet avant le 3 juillet et qui fermera exceptionnellement à 16h00 au lieu de 18h00, de mercredi à samedi, pour tenir compte de la canicule.

    De même, la tour Eiffel, qui accueille chaque année sept millions de visiteurs, majoritairement étrangers, a avancé son heure de fermeture à 16h00 alors qu’elle est habituellement ouverte en haute saison jusqu’à 00h45.

    « Étouffante »

    « Il fait très chaud, ce n’est pas agréable », assure à son tour Maïté Blazques, infirmière madrilène de 35 ans qui se dit pourtant « habituée » aux fortes chaleurs.

    « On a dû changer tout notre voyage », ajoute-t-elle en tenant la main de son fils de six ans. Bien que la jeune femme ait économisé pendant de « longs mois » pour s’offrir ce séjour, elle se dit contrainte d’annuler des activités « incontournables ».

    « On ne fera pas de visite guidée du Marais, pas non plus de croisière en bateau-mouche et on ne montera pas en haut de la tour Eiffel », souffle-t-elle, la tête baissée.

    Mais elle bravera « peut-être » la chaleur pour visiter la « caverne » de l’artiste JR, structure gonflable éphémère en toile installée sur le Pont Neuf.

    L’occasion de profiter de l’ombre, même si, à l’intérieur de l’installation, la température demeure « étouffante », estime Summer Walker, une Australienne de 25 ans.

    « Dehors, on serait presque mieux », plaisante-t-elle, évoquant une brise d’air « chaude mais qui fait du bien ».

    © Agence France-Presse

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    2 commentaires

    1. HatemC

      Répondre
      23 juin 2026 | 19h50

      il est toujours plus facile pour les médias de pointer du doigt les crises à l’étranger (comme la canicule à Paris) que de mener un travail de fond, exigeant et courageux, pour interpeller les décideurs locaux sur le quotidien de leurs propres concitoyens.

      C’est ce qu’on appelle parfois le « syndrome du rétroviseur » : regarder ce qui brûle chez le voisin pour ne pas avoir à regarder les fissures dans sa propre maison.

      Le rôle premier des médias tunisiens devrait en effet être de placer les urgences vitales des Tunisiens au sommet de l’agenda politique, notamment face à cet été 2026 qui s’annonce encore une fois historiquement lourd. Interpeller les dirigeants signifierait exiger des réponses claires sur des sujets critiques.

      Si les médias jouaient pleinement leur rôle de contre-pouvoir et de service public, voici les dossiers prioritaires sur lesquels ils devraient exiger des comptes aux ministères et aux municipalités :

      1. La transparence et la gestion de la crise de l’eau
      Plutôt que de parler de la fermeture de la Tour Eiffel à 16h, la priorité absolue est de demander :

      – Où en est la stratégie nationale face au stress hydrique ? Les coupures d’eau potable nocturnes et diurnes touchent des régions entières.

      – Quelles solutions concrètes pour les agriculteurs et la sécurité alimentaire ?

      – Pourquoi le modèle de gestion hydraulique n’a pas été réformé plus tôt alors que les rapports alarmants s’accumulent depuis des années ?

      2. Le calvaire thermique dans les quartiers populaires
      Les classes moyennes et aisées s’adaptent tant bien que mal en faisant tourner la climatisation (ce qui sature le réseau de la STEG), mais qu’en est-il du reste de la population ?

      Les médias devraient enquêter sur l’enfer thermique dans les logements collectifs construits à la va-vite en brique rouge et béton, devenus de véritables fours… sans oublier ces constructions anarchiques qui défigurent le pays

      Ils devraient exiger des communes qu’elles créent de vrais îlots de fraîcheur urbains (parcs, zones d’ombre) et des espaces publics climatisés pour les personnes âgées ou fragiles qui n’ont pas les moyens de s’équiper.

      3. La refonte de l’urbanisme et des infrastructures
      Le modèle de la voiture et du tout-béton a détruit le bon sens architectural tunisien. Les journalistes devraient demander des comptes sur le long terme :

      – Pourquoi continue-t-on d’autoriser des constructions qui ignorent l’isolation thermique ?

      – Pourquoi le transport public, qui est un calvaire suffocant en plein été pour les travailleurs, ne bénéficie-t-il pas d’un plan de modernisation d’urgence ?

      ( Une lueur d’espoir : La pression internationale et locale )
      Heureusement, tout n’est pas complètement figé. Sous la pression de la société civile, de certains experts locaux et de programmes d’aide (comme le projet UrbA-CliMa actif au Maghreb pour la période 2024-2027), les lignes commencent à bouger, même si c’est trop lent :

      Des municipalités commencent à intégrer des logiques de résilience urbaine (comme à Sfax où des études mesurent enfin l’impact du manque de végétation sur le confort thermique des habitants).

      La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a validé sa stratégie-pays pour la Tunisie (2026-2031), qui place l’appui à la transition verte et la résilience au changement climatique parmi les priorités absolues (notamment pour la gestion de l’eau dans le Sud).

      Mais pour que ces plans ne restent pas de simples rapports sur papier glacé, il faut que les médias locaux fassent leur travail : CESSER D’OBSERVER PARIS SOUS LA CANICULE ET HARCELER QUOTIDIENNEMENT LES AUTORITES TUNISIENNES POUR QUE CHAQUE CITOYEN PUISSE SIMPLEMENT VIVRE, RESPIRER ET TRAVAILLER DIGNEMENT PENDANT L’ETE … la France ‘est pas la Tunisie c’est un pays moderne la Tunisie est un pays sous developpé et arriéré et plonge de plus en plus dans la médiocrité … HC

    2. HatemC

      Répondre
      23 juin 2026 | 19h41

      La France (et Paris en particulier) possède un écosystème d’infrastructures et une logistique de crise extrêmement rodés qui lui permettent de faire face à ces alertes de manière structurée.

      Les témoignages de touristes américains ou londoniens rapportés par les médias représentent effectivement une minorité de visiteurs non habitués au climat méditerranéen ou tropical, et non le quotidien des résidents qui bénéficient des parcs, des centres commerciaux climatisés et des fontaines.

      il y a une différence entre un événement climatique extrême et la capacité structurelle d’un pays à y faire face.

      L’article est construit autour de témoignages de touristes (AFP), donc il met volontairement l’accent sur les difficultés vécues. Cela ne signifie pas automatiquement que le plan canicule français ne fonctionne pas.

      Sur le fond, la France dispose effectivement d’outils d’adaptation qui existent depuis des années, notamment après la Canicule européenne de 2003 :

      – système d’alerte météo et plans canicule ;
      – espaces verts urbains et programmes de végétalisation ;
      – îlots de fraîcheur ouverts au public ;
      – bâtiments mieux isolés qu’avant ;
      – réseaux de santé mobilisés ;
      – adaptation des horaires et fermetures ponctuelles ;
      – fontaines, brumisateurs, refuges climatiques dans certaines villes.

      Et sur ce point, Paris reste une ville avec beaucoup d’espaces publics végétalisés comparée à beaucoup de villes méditerranéennes : Bois de Boulogne, Bois de Vincennes, Jardin du Luxembourg, Parc des Buttes-Chaumont, les rues plantées, les cours oasis, etc. sans oublier le canal Saint Martin, le Canal de l’OUrcq etc ….

      En revanche, il faut aussi reconnaître que 40°C dans une ville dense historiquement construite pour retenir la chaleur reste difficile, même avec des politiques d’adaptation. Beaucoup d’immeubles haussmanniens ne sont pas climatisés parce qu’ils ont été conçus pour un autre climat, un plan climatisation dans les immeubles est prévu … Je me demande ce que les autorités Tunisiennes ont fait pour le cityen Tunisien qui suffoque chaque été ???? RIEN en toute franchise citez moi ICI un seul point d’eau ou fontaines, brumisateurs, refuges climatiques @ Tunis ???? Nul part …

      Il est toujours plus facile pour les médias de pointer du doigt les crises à l’étranger (comme la canicule à Paris) que de mener un travail de fond, exigeant et courageux, pour interpeller les décideurs locaux sur le quotidien de leurs propres concitoyens.

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