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Les pharmaciens menacent de suspendre la prise en charge des ordonnances de la Cnam à partir du 1er juillet

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Par Myriam Ben Zineb

    Le Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie (Spot) a annoncé, mercredi 24 juin 2026, que les pharmacies privées pourraient cesser d’accepter les ordonnances prises en charge par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) à compter du 1er juillet prochain, si cette dernière ne respecte pas ses engagements de paiement avant la fin du mois de juin.

    La Cnam accusée de ne pas avoir respecté ses engagements

    Réunie en session élargie, l’instance nationale du syndicat a indiqué que le secteur traverse une situation professionnelle « critique », rappelant que les pharmacies avaient déjà connu une année particulièrement difficile en raison de l’accumulation des créances impayées de la Cnam, au point de ne plus être en mesure d’assurer l’approvisionnement des citoyens en médicaments.

    Le syndicat rappelle qu’un accord avait été conclu à la suite d’une intervention de la présidence de la République, en présence des ministres de la Santé et des Affaires sociales ainsi que des responsables du secteur. Cet accord, présenté comme un engagement moral avant d’être juridique, prévoyait l’apurement des dettes de la Cnam sur une période de six mois, jusqu’au 30 juin 2026, avant un retour au fonctionnement normal des relations entre les deux parties. Il devait notamment mettre un terme au rôle de « financeur » assumé par les pharmaciens.

    Toutefois, le syndicat affirme que la Cnam n’a une nouvelle fois pas respecté ses engagements, malgré les assurances données. Il estime que cette situation porte un nouveau coup aux pharmacies, déjà confrontées à d’importantes échéances fiscales ayant contraint plusieurs pharmaciens à contracter des emprunts ou à retarder le règlement de leurs obligations.

    En conséquence, le syndicat prévient que les pharmaciens seront contraints de ne plus accepter les ordonnances des assurés de la Cnam à partir du 1er juillet 2026 si les paiements promis ne sont pas effectués avant la fin du mois de juin. Il considère que le non-respect de ces engagements équivaudrait à une rupture unilatérale des relations par la Cnam.

    Des municipalités accusées de harceler les pharmacies

    Par ailleurs, le syndicat a dénoncé ce qu’il qualifie de « harcèlement » de la part de certaines municipalités, notamment à travers des décisions imposant le retrait des panneaux de signalisation des pharmacies sur la base d’une circulaire qu’il juge contraire à la loi.

    Il affirme ne pas se considérer lié par cette circulaire, rappelant qu’une circulaire administrative ne saurait primer sur la loi et que la justice administrative a confirmé la position des pharmaciens. Les décisions rendues ont, selon lui, été transmises au ministère de la Santé afin qu’une solution définitive soit trouvée, en coordination avec le ministère de l’Intérieur et les gouverneurs.

    Le syndicat déplore également la poursuite de ces pratiques, évoquant des agressions verbales ainsi que l’intrusion forcée dans une pharmacie. Il précise que ces faits ont été portés à la connaissance du président de la République lors d’une réunion avec les représentants de la profession et que celui-ci les a condamnés.

    Face à cette situation, le syndicat a décidé d’organiser une « journée nationale de colère », dont la date sera annoncée ultérieurement par son bureau national. Cette mobilisation se traduira notamment par l’extinction des enseignes lumineuses des pharmacies de jour et des pharmacies de garde, sans exclure d’autres mouvements de protestation jusqu’à ce qu’il soit mis fin à ces dépassements.

    Le syndicat appelle à relancer la numérisation de la Pharmacie centrale

    Enfin, le syndicat a appelé la direction générale de la Pharmacie centrale à respecter les engagements pris précédemment, notamment concernant le projet de numérisation des échanges entre la Pharmacie centrale et les pharmacies d’officine. Selon lui, ce projet, déjà à un stade avancé, permettrait de renforcer la transparence et de garantir une répartition équitable des médicaments entre les différentes régions du pays.

    En conclusion, le syndicat appelle les autorités à assumer leurs responsabilités afin de trouver rapidement des solutions à ces dossiers, qu’il estime susceptibles de menacer la continuité du service pharmaceutique ainsi que le droit des citoyens à un accès équitable aux médicaments. Il affirme enfin rester mobilisé et prêt à prendre toutes les mesures qu’il juge nécessaires pour défendre la profession, assurer la continuité du service pharmaceutique et préserver le droit des citoyens à un médicament disponible et équitablement réparti.

    M.B.Z

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