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Recordman du monde, blessé et abandonné : le cri de détresse de l’athlète paralympique Amenallah Tissaoui

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    Il venait de repousser les limites de son sport. Une nouvelle fois.

    Lundi 22 juin 2026, sur une piste d’athlétisme aux États-Unis, Amanellah Tissaoui a réalisé ce que peu d’athlètes parviennent à accomplir dans une carrière entière : battre un record du monde. Pour la troisième fois cette saison, le spécialiste tunisien du 1500 mètres paralympique a dépassé la meilleure performance mondiale de sa catégorie, arrêtant le chronomètre à 3 min 49 s 89.

    Un exploit de très haut niveau réalisé dans une course relevée face au champion du monde américain Michael Brannigan. Mais à peine la ligne d’arrivée franchie, la joie du champion a laissé place à une profonde amertume.

    Vingt-quatre heures après son exploit, aucun appel. Aucun message. Aucune réaction.

    Sur sa page Facebook, l’athlète tunisien a livré un témoignage poignant dans lequel il a dénoncé ce qu’il considère comme un abandon de la part de sa fédération. « On me traite comme si je n’existais pas », a-t-il écrit. 

    Selon lui, malgré les informations transmises en amont concernant la compétition et malgré son intention clairement annoncée de tenter un nouveau record du monde, aucun responsable n’a pris contact avec lui après la course. Plus encore, il a affirmé que ses précédents records mondiaux n’auraient toujours pas été enregistrés auprès des instances internationales compétentes.

    Pire encore, Amenallah Tissaoui a ajouté qu’il vivait, depuis plusieurs mois, sans soutien financier. Il a raconté également que son entraîneur, l’Américain Scott Simmons, prenait personnellement en charge la quasi-totalité des dépenses liées à sa préparation : déplacements, alimentation, équipements sportifs, inscriptions aux compétitions et suivi médical.

    Mais ce qui semble aujourd’hui le plus blesser l’athlète n’est pas l’aspect matériel.

    Face aux nombreuses réactions suscitées par sa première publication, Amanellah Tissaoui a tenu à préciser sa pensée dans une vidéo publiée le lendemain. « Mon problème n’est plus une question d’argent », a-t-il expliqué. 

    Pour lui, l’enjeu dépasse désormais le cadre des primes ou des remboursements. Il a parlé de dignité, de respect et de reconnaissance, notant avoir été victime d’injustice et de marginalisation malgré les résultats obtenus au plus haut niveau mondial. « Ce que je réclame, c’est qu’on me rende ma valeur et ma considération », a-t-il assuré. 

    Comme si cette situation ne suffisait pas, une autre épreuve est venue s’ajouter aux difficultés du sportif.

    Depuis plusieurs jours, Tissaoui souffrait de douleurs persistantes à la jambe droite. Malgré la douleur, il avait choisi de participer à sa dernière course, porté par sa forme mentale et l’espoir de réaliser une grande performance.

    Après l’arrivée, la situation s’est aggravée. Les premiers examens médicaux ont fait apparaître une suspicion de blessure de fatigue au niveau du tibia. Son entraîneur a immédiatement organisé les consultations et les examens nécessaires. Si les radiographies n’ont révélé aucune fracture, les médecins soupçonnent une réaction de stress osseux, une blessure qui peut précéder une fracture de fatigue plus grave.

    Le diagnostic a conduit à une décision difficile. Mercredi 24 juin 2026, Amenallah Tissaoui a annoncé la fin prématurée de sa saison sportive. Repos forcé, arrêt de l’entraînement et port d’une botte médicale pendant plusieurs semaines : le recordman du monde est contraint de ranger ses pointes alors qu’il espérait encore améliorer ses performances.

    Dans son message, aucune colère apparente. Seulement une forme de résignation mêlée de gratitude.

    Le champion a remercié son entraîneur pour son soutien constant, aussi bien sur le plan sportif qu’humain. Il a remercié également les nombreux internautes qui lui ont adressé des messages d’encouragement. 

    « J’ai l’honneur de concourir uniquement au nom de ma patrie, la Tunisie », a-t-il conclu. Une phrase qui résume à elle seule le paradoxe vécu par l’athlète : celui d’un champion qui continue de porter haut le drapeau tunisien, tout en ayant le sentiment d’être laissé seul dans son combat.

    N.J

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