Depuis plusieurs semaines, les réseaux sociaux débordent de témoignages d’habitants excédés. Des quartiers du Grand Tunis, parfois épargnés jusque-là, ont été envahis par les moustiques, alimentant critiques et interrogations sur l’efficacité de la lutte menée par les autorités. Face à cette recrudescence, le gouvernorat de Tunis annonce une campagne de pulvérisation aérienne de pesticides au-dessus de la sebkha Séjoumi, principal foyer de reproduction des insectes dans la capitale.
Selon un communiqué publié vendredi, les opérations se dérouleront du 26 au 30 juin 2026, ainsi que durant les vingt-quatre heures suivant la fin des traitements. Elles cibleront la sebkha Séjoumi et ses berges, notamment dans les communes de Tunis et de Sidi Hassine.
Les autorités appellent les apiculteurs installés à proximité à protéger leurs ruches afin de limiter les effets des produits utilisés sur les colonies d’abeilles. Ils peuvent obtenir davantage d’informations auprès du laboratoire de la municipalité de Tunis ou des services compétents.
Une réponse attendue après plusieurs semaines de critiques
Cette campagne intervient dans un contexte de forte exaspération. Depuis le début du mois de juin, de nombreux habitants dénoncent une prolifération inhabituelle des moustiques, y compris dans des quartiers qui étaient jusqu’ici relativement épargnés. Les plaintes se sont multipliées, tout comme les critiques visant l’organisation de la lutte anti-moustiques.
Ces critiques s’inscrivent aussi dans un contexte institutionnel particulier. Depuis les élections municipales de 2018, aucune nouvelle consultation locale n’a été organisée. Après le 25 juillet 2021, les conseils municipaux élus ont été dissous, avant d’être remplacés des administrateurs nommés. La gestion de nombreux services de proximité, dont la lutte contre les moustiques, fait régulièrement l’objet de débats.
Début juin, le directeur de l’Hygiène et de la protection de l’environnement à la municipalité de Tunis, Omar Ennaifer, avait expliqué que les conditions écologiques de la sebkha Séjoumi favorisent naturellement la prolifération des insectes en raison de l’importante présence d’eau.
Il avait également tenu à nuancer les inquiétudes en précisant que tous les insectes observés ne sont pas des moustiques. Une partie d’entre eux sont des moucherons issus de la sebkha, inoffensifs pour l’être humain puisqu’ils ne piquent pas.
En parallèle de cette opération aérienne, les services municipaux poursuivent les traitements des gîtes larvaires et les pulvérisations ciblées dans les secteurs les plus touchés. Les autorités rappellent également que la lutte contre les moustiques passe aussi par les gestes des citoyens, notamment l’élimination des eaux stagnantes autour des habitations, qui constituent autant de lieux propices à leur reproduction.
S.H










