À deux jours de l’élection législative partielle prévue dimanche 28 juin dans la circonscription d’El Kabaria, la présidente du Parti destourien libre (PDL), Abir Moussi, a annoncé qu’elle entamera une grève de la faim et observera le silence jusqu’à la fermeture des bureaux de vote.
Dans une lettre adressée à l’opinion publique depuis sa cellule, l’opposante explique avoir choisi cette date, qui coïncide également avec le millième jour de sa détention, pour mener cette action qu’elle présente comme un geste de protestation contre ce qu’elle considère comme une perte de légitimité des institutions électorales et contre les conditions de son incarcération.
Une contestation centrée sur l’Isie
Dans sa lettre, Abir Moussi reprend les arguments juridiques qu’elle avait déjà développés dans une précédente correspondance rendue publique le 8 mai dernier. Elle affirme que plusieurs membres de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie), dont son président, son vice-président, son porte-parole ainsi qu’un membre représentant la magistrature financière, ont achevé leur mandat de quatre ans le 9 mai 2026.
Selon elle, l’Instance poursuit néanmoins ses activités, notamment l’organisation du scrutin d’El Kabaria, sans avoir expliqué publiquement sur quel fondement juridique elle estime pouvoir continuer à exercer ses missions après cette échéance.
Dans son courrier, Abir Moussi reproche également à l’Isie de n’avoir publié ni communiqué ni explication officielle en réponse aux interrogations qu’elle dit avoir soulevées sur cette question.
Mille jours de détention
La dirigeante du PDL souligne que le scrutin du 28 juin correspond également au millième jour de son arrestation, intervenue le 3 octobre 2023.
Elle affirme avoir été transférée entre plusieurs établissements pénitentiaires, dénonce des difficultés d’accès aux soins et rappelle les poursuites engagées contre elle, notamment sur la base du décret-loi n°54 ainsi que de l’article 72 du Code pénal.
Elle conclut sa lettre en annonçant qu’elle cessera de s’alimenter et de s’exprimer jusqu’à la fermeture des bureaux de vote, présentant cette action comme un hommage à ce qu’elle appelle « la légitimité » et une protestation contre « l’injustice » et « la dérive autoritaire ». Elle affirme notamment que « la répression ne corrigera pas les dysfonctionnements et que la prison n’effacera pas la honte des injustices ».
Arrêtée le 3 octobre 2023, Abir Moussi fait l’objet de plusieurs procédures judiciaires liées notamment à des déclarations publiques et à des actions dirigées contre l’Isie. Son comité de défense et son parti dénoncent une détention à caractère politique.
S.H










