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Les petites secousses sismiques annoncent-elles les grands tremblements de terre ?

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Par Nadya Jennene

    Invité sur Express FM lundi 29 juin 2026, le professeur et expert en géosciences, Chokri Yaïche, a livré une lecture élargie des récents petits séismes enregistrés en Tunisie, en les inscrivant dans un cadre global mêlant dynamique interne de la Terre et phénomènes externes. 

    L’expert a rappelé que les secousses sismiques observées en Tunisie et dans d’autres régions du monde s’inscrivaient dans une activité tectonique continue. Il a évoqué des exemples récents de séismes survenus au Japon et aux Philippines, ainsi que des secousses enregistrées localement, notamment dans la région de Jendouba et de certains points du nord-ouest tunisien. Selon lui, ces événements traduisent la libération d’énergie accumulée dans les zones de contact ou de tension des plaques tectoniques.

    Dans son analyse, il a insisté sur la notion de « synchronisation » de certains phénomènes sismiques à l’échelle mondiale. Il a avancé que des séismes pourraient parfois survenir dans des temporalités rapprochées dans différentes régions du globe, ce qu’il interprète comme un possible rééquilibrage global de l’énergie terrestre. Il a relié cela à la dynamique interne de la Terre, évoquant des processus de déformation et de redistribution de l’énergie dans la croûte terrestre.

    Il a également mentionné l’activité solaire, actuellement dans une phase de forte intensité selon les cycles connus de onze ans. Cette activité, caractérisée par des éruptions solaires et des perturbations électromagnétiques, pourrait selon lui influencer certains systèmes terrestres, notamment l’atmosphère supérieure.

    Toujours dans cette approche systémique, il a établi un lien entre activité solaire, champ magnétique terrestre et phénomènes géophysiques. Il a évoqué des perturbations électromagnétiques susceptibles d’interagir avec les couches supérieures de l’atmosphère, et, de manière hypothétique, avec certains processus géologiques. Ces idées s’inscrivent dans une lecture dite « interconnectée » des phénomènes naturels, où la Terre et le Soleil seraient liés par des échanges d’énergie continus. 

    Sur le plan strictement géologique, il a rappelé que la Tunisie se situe sur la plaque africaine, en interaction lente avec la plaque eurasiatique. Cette configuration tectonique explique la survenue de secousses sismiques, généralement de faible à modérée intensité. Il a cité le cas récent de secousses enregistrées dans la région de Jendouba d’une magnitude autour de 3,3, soulignant qu’il s’agit d’événements fréquents et généralement non destructeurs dans ce contexte géologique.

    Selon lui, ces petits séismes ne constituent pas nécessairement un signal alarmant, mais rappellent que la région reste sismiquement active. Il a noté toutefois que les petites secousses sismiques enregistrées en Tunisie ne devraient pas être perçues uniquement comme des événements isolés, mais comme des manifestations naturelles de la respiration géologique de la Terre. Dans ce cadre, elles joueraient un rôle d’ajustement progressif des contraintes accumulées dans la croûte terrestre.

    L’expert a expliqué ainsi que les plaques tectoniques sont en mouvement constant, même si ces déplacements sont extrêmement lents à l’échelle humaine. Cette dynamique entraîne une accumulation d’énergie dans certaines zones de friction. Lorsque cette énergie est libérée de manière brutale, elle peut provoquer un séisme destructeur. En revanche, lorsqu’elle se libère par étapes successives, sous forme de microsecousses ou de petits tremblements, elle permettrait d’éviter — ou du moins de réduire — le risque d’un choc plus violent.

    Pour lui, les petites secousses correspondent à des « décharges partielles » d’énergie tectonique. Autrement dit, la Terre relâcherait progressivement une partie de la tension accumulée, limitant ainsi la probabilité d’une rupture brutale.

    Chokri Yaïche a insisté toutefois sur un point important : cette lecture ne signifie pas que les petits séismes « empêchent automatiquement » les grands séismes. Il s’agit plutôt, selon lui, d’un processus d’ajustement naturel où la fréquence et la répartition des microsecousses peuvent jouer un rôle dans la dynamique globale des contraintes géologiques.

    Il a rappelé également que la sismologie moderne ne permet pas encore de prévoir avec précision les séismes majeurs, mais qu’elle peut identifier les zones à risque et observer les évolutions de l’activité tectonique dans le temps. Dans ce cadre, la surveillance des petites secousses constitue un outil important pour comprendre l’évolution des failles actives.

    N.J

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