En Tunisie, le parcours de l’investisseur reste souvent freiné par une lourdeur administrative persistante : multiplicité des interlocuteurs, dispersion des systèmes d’information entre administrations, manque d’harmonisation des procédures et difficulté à suivre l’avancement des dossiers en temps réel. Cette fragmentation génère des délais rallongés et une expérience souvent jugée complexe, tant pour les investisseurs locaux qu’étrangers.
C’est dans ce contexte que l’Instance Tunisienne de l’Investissement (TIA) entend amorcer un tournant digital majeur. Une plateforme unique pour les investisseurs vient d’être lancée.
Invitée sur les ondes de Express FM, Atef Belkadhi Jamoussi, Cheffe du Pôle Support au sein de la Instance Tunisienne de l’Investissement (TIA), a présenté les contours d’une nouvelle plateforme digitale destinée à centraliser l’ensemble du parcours investisseur.
L’objectif affiché est clair : rompre avec la dispersion actuelle des procédures et des systèmes d’information en proposant un guichet unique entièrement digitalisé, où l’investisseur n’a plus à naviguer entre plusieurs administrations.
La plateforme ambitionne de transformer radicalement l’expérience utilisateur en offrant un parcours entièrement digitalisé, avec un seul point d’entrée et un seul interlocuteur administratif.
L’investisseur pourra y effectuer l’ensemble de ses démarches sans duplication des demandes ni multiplication des échanges avec les différentes structures publiques.
L’un des piliers du dispositif repose sur l’intégration du système d’identification numérique e-Houwiya.
Grâce à cette authentification, l’investisseur pourra se connecter à la plateforme, renseigner ses informations et déposer directement ses documents. L’objectif est d’éviter les redondances administratives : une fois les données disponibles sur la plateforme, aucune administration ne pourra redemander les mêmes pièces, sauf exceptions prévues.
Pour les investisseurs étrangers, la procédure passera par leurs mandataires, qui devront également s’authentifier via ce dispositif numérique.
Cette réforme vise également à corriger plusieurs dysfonctionnements structurels, notamment le manque d’harmonisation des référentiels entre administrations, l’absence de suivi en temps réel des dossiers, ainsi que certaines lenteurs liées aux diligences administratives.
En centralisant les données et en digitalisant les processus, la plateforme devrait améliorer la transparence, tout en permettant un suivi plus fluide et plus lisible des demandes.
Au-delà de la digitalisation, l’enjeu est aussi opérationnel : simplifier les procédures, réduire les délais de traitement et offrir une meilleure qualité de service aux investisseurs.
Cette transformation s’inscrit dans une logique plus large d’amélioration du climat des affaires en Tunisie, avec un accent mis sur la prévisibilité et la fluidité des démarches administratives.
Dans sa première version, la plateforme couvrira plusieurs services clés, notamment : la déclaration d’investissement, l’extension d’activité, le renouvellement des projets, la modification des dossiers existants et la réservation de la raison sociale
La plateforme a été conçue comme un outil évolutif. De nouveaux services viendront progressivement s’y ajouter afin d’enrichir l’offre et de couvrir davantage de besoins des investisseurs.
N.J










