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Ebola en RDC : l’épidémie atteint 1.333 cas confirmés

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Par Imen Nouira

    Déclarée le 15 mai dernier, cette 17e épidémie d’Ebola en RDC est provoquée par le virus Bundibugyo. Plus d’un mois après son apparition officielle, les autorités sanitaires continuent d’enregistrer de nouvelles contaminations, tandis que plusieurs foyers de transmission restent actifs, principalement dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.

    Cette hausse ne traduit toutefois pas uniquement de nouvelles contaminations. L’Institut national de santé publique (INSP) explique avoir procédé à une réactualisation de ses statistiques à la suite d’un nettoyage et d’une harmonisation de sa base de données DHIS2. Cette opération a permis d’intégrer des cas et des décès signalés avec retard par les zones de santé, les laboratoires et les centres de prise en charge, expliquant une partie de l’augmentation observée dans les derniers bilans.

    Sur la seule journée du 29 juin, les autorités ont néanmoins confirmé 26 nouvelles contaminations, principalement dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, qui demeurent les principaux foyers de transmission.

    Un bilan qui continue de s’alourdir

    Au-delà des 1.333 cas confirmés, les autorités sanitaires recensent 399 décès, 189 personnes guéries et 609 patients toujours hospitalisés ou placés en isolement.

    Rapporté au nombre total de contaminations, ce bilan correspond à une létalité provisoire proche de 30%, un niveau conforme à celui historiquement observé pour la souche Bundibugyo. Ce taux reste toutefois appelé à évoluer, plusieurs centaines de patients étant encore en cours de traitement.

    La progression du nombre de guérisons constitue néanmoins un signal encourageant. Les autorités sanitaires soulignent qu’une prise en charge précoce améliore sensiblement les chances de survie des patients, d’où les efforts engagés pour accélérer le dépistage et faciliter l’accès aux soins dans les zones les plus touchées.

    L’épidémie reste principalement concentrée dans la province de l’Ituri, épicentre de la flambée, tandis que le Nord-Kivu demeure sous étroite surveillance. Le Sud-Kivu apparaît, en revanche, nettement moins affecté et n’a enregistré aucune nouvelle transmission depuis le 26 mai, illustrant l’efficacité des mesures de surveillance lorsqu’elles peuvent être pleinement appliquées.

    Une transmission toujours active malgré les progrès de la riposte

    Dans son dernier rapport de situation, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère que l’épidémie demeure « active », avec une transmission toujours soutenue dans plusieurs foyers. L’organisation reconnaît que des avancées importantes ont été réalisées depuis le début de la flambée, notamment grâce au renforcement du suivi des contacts, au développement des capacités des laboratoires décentralisés, à l’augmentation des capacités de prise en charge et à une coordination accrue avec les pays voisins.

    L’OMS estime toutefois que ces progrès restent insuffisants pour interrompre rapidement la circulation du virus. « Le niveau global de la riposte demeure insuffisant pour interrompre rapidement la transmission », souligne l’organisation, qui pointe la poursuite de l’augmentation des cas et des décès, la forte pression exercée sur les centres de traitement ainsi qu’une préparation encore incomplète de certains établissements de santé en matière de prévention et de contrôle des infections.

    Parmi les indicateurs les plus suivis figure le traçage des personnes ayant été en contact avec des malades. Les autorités congolaises indiquent que 82,7% des contacts identifiés font actuellement l’objet d’un suivi. Si ce taux témoigne d’une amélioration de la surveillance épidémiologique, il signifie également qu’une partie des personnes potentiellement exposées échappe encore au contrôle des équipes sanitaires, ce qui entretient la circulation du virus.

    La vigilance reste également de mise au-delà des frontières congolaises. L’OMS a confirmé un cas importé en France chez un médecin revenu récemment d’une zone affectée en RDC. Selon l’organisation, le patient était, au moment de son dernier rapport, dans un état clinique stable.

    Des essais cliniques attendus face à une souche sans vaccin homologué

    Cette épidémie est provoquée par le virus Ebola Bundibugyo. Le vaccin Ervebo, utilisé contre la souche Zaïre du virus Ebola, n’est pas homologué pour protéger contre cette variante, qui ne dispose actuellement d’aucun vaccin ni traitement spécifique homologués.

    Dans ce contexte, le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) a annoncé le lancement prochain d’essais cliniques à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri et principal foyer de l’épidémie. Ces essais doivent permettre d’évaluer plusieurs traitements candidats susceptibles d’améliorer la prise en charge des patients.

    Le CDC Afrique précise que le financement des essais portant sur les traitements demeure incomplet. Si une partie des fonds a déjà été mobilisée, l’institution appelle à des financements supplémentaires afin de permettre le lancement des études et de renforcer le traçage des contacts, considéré comme un élément essentiel de la lutte contre la propagation du virus.

    La Tunisie renforce sa vigilance aux frontières

    Alors que l’épidémie poursuit sa progression en RDC, les autorités tunisiennes assurent qu’aucun cas suspect d’infection par le virus Ebola n’a été détecté depuis l’entrée en vigueur, en mai 2026, du protocole de renforcement de la surveillance sanitaire aux points d’entrée du territoire.

    Le directeur général du Centre national de pharmacovigilance, Riadh Daghfous, a indiqué à l’agence TAP que cette situation s’explique notamment par la circulation encore limitée du virus à l’échelle internationale. Il a précisé que le dispositif est appliqué en fonction de la provenance des voyageurs et de l’évolution de la situation épidémiologique dans les pays de départ.

    Le protocole prévoit notamment un contrôle sanitaire aux aéroports, dans les ports et aux postes-frontières terrestres, avec une prise de température systématique et, si nécessaire, la réalisation d’un test RT-PCR. Les autorités ont également prévu des centres d’hébergement pour d’éventuels cas suspects ainsi que deux laboratoires habilités à effectuer les analyses : l’Institut Pasteur de Tunis et l’hôpital militaire de Tunis.

    La Tunisie renforce sa vigilance aux frontières

    Alors que l’épidémie poursuit sa progression en RDC, les autorités tunisiennes assurent qu’aucun cas suspect d’infection par le virus Ebola n’a été détecté depuis l’entrée en vigueur, en mai 2026, du protocole de renforcement de la surveillance sanitaire aux points d’entrée du territoire.

    Le directeur général du Centre national de pharmacovigilance, Riadh Daghfous, a indiqué à l’agence TAP que cette situation s’explique notamment par la circulation encore limitée du virus à l’échelle internationale. Il a précisé que le dispositif est appliqué en fonction de la provenance des voyageurs et de l’évolution de la situation épidémiologique dans les pays de départ.

    Le protocole prévoit notamment un contrôle sanitaire aux aéroports, dans les ports et aux postes-frontières terrestres, avec une prise de température systématique et, si nécessaire, la réalisation d’un test RT-PCR. Les autorités ont également prévu des centres d’hébergement pour d’éventuels cas suspects ainsi que deux laboratoires habilités à effectuer les analyses : l’Institut Pasteur de Tunis et l’hôpital militaire de Tunis.

    Plus d’un mois après la déclaration officielle de cette dix-septième épidémie d’Ebola en RDC, la priorité demeure d’enrayer les chaînes de transmission. En attendant les résultats des essais cliniques, les autorités sanitaires continuent de miser sur le dépistage précoce, l’isolement des malades et le suivi des contacts pour tenter de freiner la progression du virus.

    I.N.

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