Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Cnam : un engagement de paiement permet finalement la poursuite de la délivrance des médicaments

Article réservé aux abonnés

Par Imen Nouira

    Alors que les pharmacies privées menaçaient de suspendre, à compter du 1er juillet 2026, la prise en charge des assurés de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) dans le cadre du régime Médecin de famille, un compromis a finalement été trouvé. La Cnam s’est engagée à verser une partie des sommes dues aux pharmaciens, ouvrant la voie à la poursuite de la délivrance des médicaments. Si cette avancée écarte, pour l’heure, le risque d’une rupture de service pour les patients, les représentants de la profession insistent sur le caractère provisoire de cet accord et appellent à une réforme durable du financement de la Caisse.

    La secrétaire générale du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens de Tunisie (Cnopt), Thouraya Ennaifer, a annoncé, mercredi 1er juillet 2026, au micro de Lilia Housseini dans l’émission Almachhad Alan sur les ondes de la Radio nationale, que la Cnam s’était engagée à régler une partie des créances dues aux pharmaciens, le solde devant être apuré ultérieurement.

    Cette avancée intervient après plusieurs jours de fortes tensions entre les professionnels de santé et la Caisse. Le Syndicat tunisien des pharmaciens d’officine (Spot) avait en effet annoncé qu’à défaut du respect des engagements de paiement avant la fin du mois de juin, les pharmacies cesseraient, à partir du 1er juillet, d’accepter les ordonnances prises en charge par la Cnam dans le cadre du régime Médecin de famille.

    Un accord qui évite la suspension de la prise en charge des assurés

    Selon Thouraya Ennaifer, les discussions engagées ces derniers jours ont permis de parvenir à un compromis. La Cnam s’est engagée à procéder au versement d’une partie des montants dus aux pharmaciens, ouvrant ainsi la voie à la poursuite de la prise en charge des assurés.

    « La Cnam s’est engagée à payer une partie des créances des pharmaciens, en attendant le règlement du reste des dettes antérieures », a-t-elle indiqué.

    La responsable a confirmé que, dans ces conditions, les pharmacies continueront à délivrer les médicaments aux affiliés au régime Médecin de famille.

    « La délivrance des médicaments aux affiliés dans le cadre du régime Médecin de famille se poursuivra », a-t-elle assuré, mettant ainsi fin, au moins provisoirement, aux inquiétudes suscitées par l’échéance du 1er juillet.

    Cet accord marque un apaisement après plusieurs semaines de tensions. Le Spot reprochait à la Cnam de ne pas avoir respecté le calendrier de remboursement convenu lors des précédentes négociations, malgré les engagements pris sous l’égide de la présidence de la République. Les pharmaciens estimaient ne plus pouvoir continuer à financer eux-mêmes le fonctionnement du système en supportant des retards de paiement de plusieurs mois.

    Pour autant, les représentants de la profession ne considèrent pas ce compromis comme un règlement définitif du différend. Cet engagement ne solde toutefois pas l’ensemble des créances accumulées et laisse entière la question du redressement financier de la Cnam.

    La cellule de crise veut préserver toute la chaîne du médicament

    Au-delà de cet accord, Thouraya Ennaifer a expliqué que la création d’une cellule de crise par le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens répond à un objectif plus large : préserver la continuité des soins et éviter que les difficultés financières de la Cnam ne provoquent une rupture dans l’approvisionnement en médicaments ou dans les prestations des laboratoires d’analyses.

    La responsable a rappelé que le Cnopt, dont la mission première est de veiller à la protection de la santé publique, a pris l’initiative de réunir autour d’une même table les représentants du Spot et ceux des laboratoires de biologie privée afin de rechercher des solutions permettant d’assurer la continuité du service rendu aux patients.

    « Le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens a pour mission de veiller à la santé publique. Face aux différents communiqués publiés par les syndicats des pharmaciens d’officine et des biologistes, qui alertaient sur leurs difficultés financières et leur incapacité à poursuivre leurs relations avec la Cnam, nous avons demandé l’organisation d’une réunion avec l’ensemble des parties concernées », a expliqué Thouraya Ennaifer.

    Elle a précisé que cette cellule de crise réunit notamment les représentants des pharmaciens d’officine et des laboratoires de biologie afin de coordonner les discussions avec les différentes parties prenantes et de suivre en permanence l’évolution de la situation.

    Selon elle, l’enjeu dépasse largement la seule question du remboursement des créances. Les retards de paiement fragilisent progressivement l’ensemble de la chaîne de soins, au risque d’affecter directement les patients.

    « Les patients doivent continuer à bénéficier de ces services, mais ces structures ont elles aussi des équilibres financiers à préserver. Si leur trésorerie continue de se dégrader, elles ne pourront plus poursuivre leur activité », a-t-elle averti.

    Autrement dit, selon le Cnopt, le règlement des créances ne constitue pas uniquement un enjeu financier pour les professionnels de santé, mais une condition indispensable au maintien de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement en médicaments et en réactifs de laboratoire.

    La secrétaire générale du Cnopt a notamment attiré l’attention sur la situation des laboratoires de biologie médicale, dont certains attendent le règlement de leurs créances depuis de longs mois.

    « Lorsqu’un laboratoire n’est pas payé, il ne peut plus acheter les réactifs nécessaires aux analyses. De la même manière, si les pharmacies ne perçoivent pas leurs créances, elles ne peuvent plus financer l’achat des médicaments », a-t-elle expliqué, estimant que le règlement des sommes dues constitue une condition indispensable au maintien de l’approvisionnement en médicaments et de la réalisation des examens biologiques.

    Elle a également indiqué qu’une première réunion s’était déjà tenue avec les représentants des laboratoires de biologie privée et qu’une seconde rencontre devait être organisée afin de poursuivre les discussions et tenter de débloquer durablement ce dossier.

    Pour Thouraya Ennaifer, la priorité reste d’éviter toute interruption des traitements. « Cette démarche vise avant tout à préserver la continuité des soins et à garantir que les patients puissent continuer à accéder à leurs médicaments », a-t-elle insisté, tout en saluant le sens des responsabilités des pharmaciens qui ont accepté de maintenir le service malgré les difficultés financières persistantes.

    Le Cnopt appelle à une réforme durable de la Cnam

    Si cet engagement de paiement permet d’éviter, pour l’heure, une interruption de la prise en charge des assurés de la Cnam, Thouraya Ennaifer estime qu’il ne constitue pas une réponse suffisante aux difficultés auxquelles le secteur est confronté.

    La secrétaire générale du Cnopt a ainsi plaidé pour des solutions structurelles permettant d’assainir durablement la situation financière de la Cnam, afin de mettre un terme à la succession de crises qui affectent régulièrement les relations entre la Caisse et les professionnels de santé du secteur privé.

    « Il est indispensable de parvenir à des solutions radicales aux problèmes financiers de la Cnam », a-t-elle insisté.

    Cette prise de position intervient dans un contexte particulièrement tendu. La veille, le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens avait annoncé la création officielle d’une cellule de crise, estimant que les difficultés financières accumulées menaçaient désormais l’ensemble de la chaîne du médicament et, au-delà, la continuité des soins.

    Quelques jours auparavant, le Spot avait, de son côté, annoncé sa décision de suspendre, à compter du 1er juillet, la prise en charge des assurés de la Cnam dans le cadre du régime Médecin de famille si les engagements de paiement n’étaient pas respectés. Le syndicat reprochait notamment à la Caisse de ne pas avoir honoré le calendrier de remboursement arrêté à l’issue des précédentes négociations et dénonçait une situation devenue intenable pour les officines.

    Les biologistes privés avaient eux aussi tiré la sonnette d’alarme, dénonçant l’accumulation des créances impayées et les difficultés croissantes rencontrées pour financer l’achat des réactifs indispensables à la réalisation des analyses médicales.

    L’engagement annoncé par la Cnam permet ainsi d’écarter, au moins temporairement, le risque d’une suspension de la délivrance des médicaments aux assurés du régime Médecin de famille. Pour les représentants de la profession, il ne s’agit toutefois que d’un premier pas. La cellule de crise du Cnopt restera réunie de manière permanente afin de suivre l’exécution des engagements pris et de coordonner les prochaines actions, tandis que les pharmaciens continuent de réclamer une réforme durable du financement de la Cnam, afin d’éviter que ce type de crise ne se reproduise périodiquement entre la Cnam et les professionnels de santé.

    I.N.

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *