Le retour des frappes américaines contre des installations iraniennes et les premières ripostes annoncées par Téhéran marquent, selon l’ancien diplomate tunisien Abdallah Laabidi, l’entrée dans « une étape charnière de l’histoire de l’humanité ». Invité jeudi 9 juillet 2026 sur Jawhara FM, il a livré une longue analyse des derniers développements au Moyen-Orient, estimant que les perspectives de règlement diplomatique se sont considérablement éloignées.
Rappelant que les États-Unis ont repris les opérations militaires alors même que des négociations étaient engagées avec l’Iran, il a avancé que conflit dépassait largement le seul dossier nucléaire iranien. « Aujourd’hui, c’est une guerre pour la survie », a-t-il estimé.
Selon lui, Donald Trump poursuit un projet stratégique beaucoup plus vaste. « Dès son retour au pouvoir, Trump a annoncé son projet : contrôler toutes les sources d’énergie dans le monde. Il a commencé avec le Venezuela et chaque jour nous voyons la même logique se reproduire. »
Notant que le contrôle des ressources énergétiques constitue désormais le véritable moteur des tensions internationales, le diplomate a avancé que les considérations politiques internes jouaient aussi un rôle majeur dans les décisions américaines et israéliennes.
« Il (Donald Trump) lui reste environ un an et demi avant les élections de mi-mandat. S’il perd sa majorité au Congrès, il perdra une grande partie de sa capacité d’action », a-t-il déclaré précisant également que le président américain évite volontairement de parler de guerre. « Il ne parle pas de guerre, il parle d’opérations militaires, parce qu’il a été privé, selon moi, de la possibilité de déclarer officiellement la guerre », a-t-il précisé notant que les institutions américaines finiront par freiner Trump.
Il a rappelé que le président américain ne bénéficiait pas d’un soutien unanime au sein de l’appareil d’État. « Une vingtaine de généraux auraient démissionné. Le chef d’état-major de l’armée de terre a quitté ses fonctions. L’institution militaire ne suit pas Trump », a-t-il noté évoquant également des réserves exprimées par plusieurs responsables et personnalités américaines.
Concernant Benjamin Netanyahu, il a indiqué que celui-ci agissait également dans un contexte politique particulièrement délicat. « Netanyahu aussi fait face à des échéances électorales. » Cependant, l’ancien diplomate n’exclut pas une poursuite de l’escalade. « Cela pourrait être une aventure », a-t-il indiqué expliquant que Benjamin Netanyahu agit dans un contexte politique personnel difficile et pourrait être tenté « par une aventure qui ressemblerait à une forme de suicide politique, en entraînant son pays avec lui. »
Interrogé sur l’évolution de la situation, Abdallah Laabidi a signalé que les États-Unis ne disposaient pas des moyens de soutenir un conflit prolongé contre l’Iran, estimant par ailleurs que le recours à des armes nucléaires est exclu. « La Russie est toute proche. La Chine joue également ses intérêts dans cette région. Elles ne laisseront ni les États-Unis ni Israël utiliser l’arme nucléaire. »
Contrairement à certains analystes, Abdallah Laabidi ne croit pas à une guerre américaine de longue durée. « Elles vont s’arrêter. C’est une démonstration de force, parce que les États-Unis ne disposent plus aujourd’hui des mêmes facteurs de puissance », a-t-il affirmé notant toutefois que l’Iran pourrait continuer de viser les intérêts américains.
N.J











Commentaire
Gg
Nooooon, monsieur.
L’Iran ne négocie pas, il tente de noyer le poisson. A peine un accord est-il trouvé que les iraniens en modifient les clauses, et le temps passe… ce sont des serpents.
L’énergie? Peut-être. Toujours est-il que l’iran n’a aucunement le droit de s’approprier les eaux internationales du détroit d’Ormuz, ni d’imposer des droits de passage.
Quant à Netanyahu, il n’est certes pas recommandable, mais Israël le droit d’exister, ne vous en déplaise.
En attendant, ces abrutis de gardiens de la révolution et autres mollahs bombardent les pays voisins. Oman, EAU, Koweit, Arabie Saoudite… ils cherchent vraiment la guerre, ils vont l’avoir.
Parce que jusqu’à present, les américains ménagent les populations civiles. Mais cela peut changer… je ne le souhaite pas.