La justice poursuit son examen des dossiers visant l’homme d’affaires et ancien député Ridha Charfeddine. La chambre correctionnelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le tribunal de première instance de Tunis a examiné, lundi 13 juillet 2026, une nouvelle affaire dans laquelle il est poursuivi aux côtés de deux autres accusés pour des soupçons à caractère financier.
Lors de l’audience, la défense de Ridha Charfeddine a demandé le report de l’examen du dossier, invoquant l’avancement des démarches engagées dans le cadre du processus de conciliation pénale avec les autorités compétentes.
La juridiction a donné suite à cette demande et décidé de reporter l’affaire à une audience ultérieure, dans l’attente de l’évolution des procédures de règlement engagées.
La conciliation pénale comme nouvelle voie de sortie
Pour la défense de l’ancien député, la démarche de conciliation pourrait permettre de régulariser sa situation juridique dans le cadre des mécanismes prévus par la législation tunisienne.
Cette procédure intervient alors que Ridha Charfeddine fait face à plusieurs dossiers judiciaires liés à des soupçons financiers, dans lesquels il a déjà écopé de lourdes condamnations.
Si la conciliation pénale aboutit, elle pourrait ouvrir une nouvelle perspective dans un parcours judiciaire marqué depuis plusieurs années par une succession de procédures.
Onze ans de prison dans une affaire de blanchiment
Le dossier le plus lourd reste celui tranché en mars 2026 par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière du tribunal de première instance de Tunis.
Ridha Charfeddine avait alors été condamné à onze ans de prison dans une affaire de blanchiment d’argent liée notamment à des infractions douanières.
Dans cette même affaire, son frère Lotfi Charfeddine avait écopé de sept ans de prison, tandis que l’ancien président d’un club sportif Ahmed Belli avait été condamné à dix ans de prison.
La justice avait également prononcé des sanctions financières dépassant les onze millions de dinars à l’encontre des personnes et sociétés concernées.
Selon les éléments retenus dans le dossier, les accusés auraient utilisé leurs activités professionnelles et leurs relations économiques pour faire circuler des fonds issus d’infractions douanières et auraient eu recours à des montages juridiques considérés comme fictifs.
Une nouvelle peine de deux ans qui alourdit le passif judiciaire
Quelques semaines après cette lourde condamnation, la chambre correctionnelle spécialisée dans les affaires de corruption financière avait également prononcé, en mai 2026, une peine supplémentaire de deux ans de prison contre Ridha Charfeddine.
Cette condamnation concernait une affaire liée à des infractions douanières et bancaires, ajoutant une nouvelle sanction à un dossier judiciaire déjà particulièrement chargé.
Série de poursuites pour une figure économique et sportive
Ancien président de l’Étoile Sportive du Sahel, ancien député et fondateur du groupe pharmaceutique Unimed, Ridha Charfeddine a longtemps figuré parmi les personnalités économiques et sportives les plus visibles du pays.
Mais depuis son arrestation en 2024, son nom est associé à une série d’affaires portant sur des soupçons de corruption financière, de blanchiment d’argent et d’infractions liées aux mouvements de capitaux.
En novembre 2025, la chambre criminelle spécialisée de la cour d’appel de Tunis avait confirmé une condamnation de trois ans de prison dans une affaire liée à la constitution d’avoirs à l’étranger sans autorisation de la Banque centrale de Tunisie. Cette décision était également assortie d’amendes importantes, estimées à près de 72 millions de dinars.
Un dossier judiciaire toujours ouvert
Déjà condamné à 16 ans de prison dans l’affaire dite de complot contre la sûreté de l’État, Ridha Charfeddine fait, depuis fin 2023, l’objet de plusieurs poursuites. Avec cette nouvelle audience et l’éventualité d’une conciliation pénale, le dossier Ridha Charfeddine entre dans une nouvelle phase.
Entre condamnations déjà prononcées, procédures encore pendantes et tentative de règlement avec l’État, l’ancien homme fort du Sahel tente désormais de trouver une issue juridique à une accumulation de dossiers qui ont profondément marqué sa trajectoire publique.
S.H










