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Ceuta : l’Espagne reprend le contrôle après la crise migratoire, mais la bataille européenne continue

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Photo Jorge Guerrero / AFP (31 juillet 2026)

Par BN avec AFP

    La situation est « quasiment » revenue à la normale à Ceuta, a annoncé samedi 1er août 2026 le ministre espagnol de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska, affirmant que « presque » tous les migrants arrivés ces derniers jours dans l’enclave espagnole avaient regagné le Maroc.

    « La crise ne peut évidemment pas être considérée comme terminée, mais nous pouvons dire que l’évolution est très importante », a déclaré le ministre depuis Ceuta, à l’issue d’une réunion d’urgence consacrée à cette crise migratoire d’une ampleur inédite.

    Selon les autorités espagnoles, entre 50.000 et 60.000 personnes ont franchi la frontière de l’enclave en quelques jours, par voie terrestre ou maritime, avant que la majorité ne reparte vers le Maroc. Un afflux exceptionnel pour ce territoire espagnol de 84.000 habitants, qui constitue avec Melilla l’une des seules frontières terrestres de l’Union européenne sur le continent africain.

    Le bilan humain reste toutefois lourd. Au moins 67 migrants sont morts en tentant de rejoindre Ceuta, selon Fernando Grande-Marlaska, qui a qualifié ces événements de « tristes » et « dramatiques ». Plusieurs victimes ont péri lors de traversées maritimes, notamment en essayant d’atteindre l’enclave à la nage.

    Madrid veut tourner la page de l’urgence, mais la crise s’étend à l’Europe

    Alors que les autorités espagnoles assurent avoir repris le contrôle de la situation, la crise de Ceuta a déjà changé de terrain : elle est devenue un nouvel épisode de tensions autour de la politique migratoire européenne.

    Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a dénoncé l’attitude « égoïste » de certains pays de l’Union européenne face à cette crise. Dans une lettre adressée aux dirigeants des institutions européennes, il a critiqué les réactions motivées selon lui par « les préjugés, les fausses informations, l’ignorance ou des intérêts politiques », estimant qu’elles étaient contraires aux principes de solidarité européenne.

    Le chef du gouvernement espagnol a demandé l’organisation d’une réunion en visioconférence des ministres de l’Intérieur des 27 afin d’éviter une réponse dispersée face aux crises migratoires.

    Meloni s’attaque à Schengen, Sánchez défend la solidarité européenne

    L’épisode de Ceuta a rapidement provoqué une offensive politique de la droite européenne sur la question du contrôle des frontières.

    La Première ministre italienne Giorgia Meloni a demandé une suspension temporaire de l’Espagne de l’espace Schengen, estimant que l’afflux massif de migrants révélait une défaillance dans la gestion des frontières extérieures européennes. Rome a également annoncé le rétablissement de contrôles aux frontières aériennes et maritimes avec l’Espagne.

    Cette initiative, soutenue par la Finlande et le Danemark, a été vivement rejetée par Madrid. Le gouvernement espagnol a dénoncé une réaction « démagogique », jugeant qu’elle transformait une crise migratoire en affrontement politique entre États membres.

    Pedro Sánchez a défendu l’idée d’une réponse européenne coordonnée, rappelant que la pression migratoire devait être traitée collectivement et non par des mesures individuelles susceptibles de fragiliser l’espace Schengen.

    Les autorités espagnoles ont également souligné que l’arrivée irrégulière à Ceuta ne permet pas aux migrants d’accéder automatiquement au reste de l’espace Schengen. Aucun départ massif vers la péninsule espagnole ou vers d’autres pays européens n’a eu lieu depuis l’enclave.

    Le Maroc au centre des interrogations

    Au-delà de la réponse européenne, l’attitude des autorités marocaines reste au cœur des interrogations.

    Plusieurs analystes estiment qu’un passage d’une telle ampleur n’aurait pas été possible sans un relâchement du contrôle des forces de sécurité marocaines. Les images de milliers de migrants franchissant la frontière ou tentant de rejoindre Ceuta à la nage ont alimenté les spéculations sur une éventuelle utilisation de la pression migratoire comme levier diplomatique.

    Cette crise intervient dans un contexte sensible entre Madrid et Rabat, marqué notamment par le différend historique autour de Ceuta et Melilla. Le Maroc revendique la souveraineté sur ces deux enclaves espagnoles depuis son indépendance en 1956, tandis que l’Espagne refuse toute négociation sur leur statut.

    Une crise aux causes multiples

    Les experts avancent plusieurs facteurs pour expliquer l’ampleur exceptionnelle de cet afflux : une récente décision de la justice espagnole sur les procédures de renvoi des migrants arrivés par voie maritime, la politique de régularisation menée par Madrid ou encore les incertitudes liées à l’évolution de la politique migratoire espagnole.

    Aucun de ces éléments ne suffit toutefois à expliquer, à lui seul, une mobilisation d’une telle ampleur.

    Après avoir rétabli le contrôle de la frontière, l’Espagne doit désormais gérer les conséquences politiques d’une crise qui dépasse largement Ceuta : la protection des frontières européennes, la solidarité entre États membres et la place de la migration dans les rapports de force diplomatiques.

    BN avec AFP

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    5 commentaires

    1. EL OUAFI

      Répondre
      2 août 2026 | 19h47

      Bonjour à tous, il y a un autre facteur qui pourrait être le précurseur de la crise de l’Espagne et de certains pays européens (Italie).
      Le Premier ministre espagnol, en visite à Alger (mal perçue par le Maroc !), est poussé à réagir par la vengeance des Israéliens contre l’Espagne pour son soutien à la cause palestinienne, visant à déstabiliser le Premier ministre espagnol dans le but de le virer de la présidence espagnole et de le remplacer par la droite espagnole, moins favorable à la cause palestinienne ; du côté marocain, c’est un avertissement à Pedro Sánchez de ne pas trop s’engager auprès des Algériens pour soutenir le Polisario !
      Le Maroc et Israël cherchent à dissuader le Premier ministre espagnol de franchir le Rubicon !

    2. GguiGgnolo hasbaratineur et HatemCirconvolutions sont sur un bateau...

      Répondre
      2 août 2026 | 14h58

      L’un hasbaratine en déplorant les conséquences sans évoquer les KKKauses, l’autre tourne autour du pot…

      Plouf tombent à l’eau.

      Qu est ce qu’il reste ?

      Ce qui n a pas été évoqué :

      -plonger l’Espagne dans une crise migratoire pour influencer les prochaines élections en faveur de l’extrême droite et punir le pouvoir européen encore timidement rétif à basculement national populiste fascisant complet. 

      – sanctionner l’Espagne pour son parti pris envers Gaza et avoir cherché à conclure un accord d’approvisionnement en gaz avec l’Algérie, contournant ainsi le Maroc.

      Viva España.

      Viva España pour ses positions prises exemplaires de dignité.

      Viva España pour ses admirables et enviables actes de pleine souveraineté.

      Une Espagne persistante, signante et visiblement, par ses positions multiples, de plus en plus contrariante envers les vils desseins complices et intérêts maximalistes sectaires suprémacistes expansionistes génocidaires extractivistes écocidaires des messy ânes iniques Satanyahu et SuperDumb Trumpeur alias « Docteur Je kill et Mister Hide Files ».

      Double danse.

      Décadance hall.

      Un flamenco de haut vol artiste politique qui les met KKKO et la folle ronde Chabadabadante à filer tournis et nausée au monde entier.

      Ceuta et Melilla.

      Ce gros tas Moamoché et son voisinage d’Al Melali fatimidick imamatriculé QômcepSion.

      Les derniers coups de pouce pour une bascule terminale européenne complète vers le national-populisme fascisant suralimenté des Sombres Lumières technofascistes usraHelliennes, une Qômplice Georgia on her fascisti mind Melaninophobe et l’autre Moamoché 6, si digne fils de son Hassassin de père et si bien articulé au voisinage françalgériatrique kaki des fatimidicks heads of DZombie State en passant par fraterie naoufélonne imamatriculée QômcepSion…

      Mépris profond complet envers tout ce démonde.

      Toute une jeune génération future dont on peine à imaginer les titanesques promesses salvatrices contributrices pour leur peuple et au Monde en
      contexte souverain révolutionnaire démocratique authentique…

      Génération criminellement réduite à fuir pieds nus; à servir de chair à poissons abyssaux pour la centaine de noyé.e.s; symbolique macabre des dizaines de milliers de claquettes flottantes ou abandonnées sur le sable natal, des milliers et des cents jeunes citoyen.n.es bafoué.e.s, plongeant.e.s à corps éperdus en mer inconnue pour fuir un enfer créé par des politiques moamochées gouvernementales défaillantes et chercher des paradis de justice, de liberté et de dignité en les pays européens.

      Quête desespérée de salut individuel
      loin du désesperant marasme d’un salut collectif marocain toujours plus perdu, faute de patrie marocaine authentiquement construite en les bases de justice, liberté, égalité et préservation de la dignité écosociale humaine de ses citoyen.ne.s.

      Que signifient les années d’indépendance, les hissages matinaux de drapeau national et chants répétés d’hymne national quand tout ce qui est espéré des jeunes générations, les unes après les autres, reste encore de pouvoir un jour quitter leur patrie Hassassinée puis Moamochée ?

      SOYEZ 49 000 FOIS MAUDITS AVANT, PENDANT ET APRÈS VOS PROCHISSIMES REDITION DE VOS SALES COMPTES, Ô REGIMES MAGHREBINS AUSSI INFAMANTS QU’ AFFAMEURS !

      ALLEZ 49 000 FOIS AU DIABLE, MÉPRISABLES SUPPLÉTIFS AUX DIRECTIVES INHUMAINES INDIGNES ET PEUPLICIDAIRES USRAHELLIENS, IMAMMATRIKULÉES QÔMCEPSIONS, ET EUROUBLARDÉENNES EN TOTALE CONTRADICTION DE LEURS PRINCIPES HUMANISTES ET DES DROITS DE L’HOMME !

      REDDITIONS INTEGRALES DES COMPTES AUX PEUPLES RESPECTIFS TOUS INVARIABLEMENT COMME INDEBOUSSOLABLEMENT EXIGEANTS DE SYSTEMES DEMOCRATIQUES AUTHENTIQUES À ETATS DE DROIT PROPRES À EUX POUR EUX PAR EUX ET D’EUX, SEUL VOIE À MEME DE GARANTIR LEUR DIGNITES ECOSOCIALES, SOUVERAINETÉS INDÉPENDANCES PLEINES ET ENTIÈRES COMME AUTODÉTERMINATION SANS.CONCESSIONS NI CONTORSIONS NI QÔMpromisSiONS !

    3. HatemC

      Répondre
      1 août 2026 | 22h03

      Lorsqu’on cherche à expliquer pourquoi cela s’est produit, il faut distinguer les faits établis des hypothèses.
      Ce qui peut expliquer cette crise

      Plusieurs facteurs semblent s’être combinés.
      1. Une décision de justice espagnole
      Une décision récente de la justice espagnole limite les refoulements immédiats des migrants arrivant à la nage. Beaucoup de candidats à l’émigration ont pu penser que leurs chances d’être admis étaient plus élevées.

      2. Les réseaux sociaux
      Comme lors de nombreuses crises migratoires, des rumeurs circulent très vite sur TikTok, WhatsApp ou Telegram, annonçant que « la frontière est ouverte » ou que « l’Espagne laisse passer ». Ces effets d’entraînement peuvent provoquer des départs massifs.

      3. La situation économique au Maroc
      Le chômage des jeunes et les difficultés économiques demeurent des facteurs puissants de départ. Beaucoup des personnes interrogées par la presse expliquent être venues avant tout pour chercher une vie meilleure.

      Le rôle du Maroc …. simple coïncidence ou stratégie ?

      C’est ici que l’analyse devient plus délicate.

      Il est exact que :
      Ceuta et Melilla sont revendiquées par le Maroc depuis 1956.
      Rabat considère toujours ces enclaves comme des territoires marocains sous souveraineté espagnole.

      Une question revient donc régulièrement :

      Comment des dizaines de milliers de personnes peuvent-elles franchir une frontière parmi les plus surveillées d’Afrique sans un relâchement du dispositif marocain ?

      D’ailleurs, en 2021, une crise comparable s’était produite : environ 10 000 migrants étaient entrés à Ceuta après que les forces marocaines avaient largement desserré leur contrôle. Beaucoup d’observateurs y avaient vu un moyen de pression diplomatique sur Madrid.

      En 2026, plusieurs analystes évoquent de nouveau cette possibilité, mais aucune preuve publique ne démontre que Rabat a volontairement organisé cette crise.

      Pourquoi les migrants sont-ils repartis si vite ?

      C’est un élément souvent oublié.

      Contrairement à une idée répandue ….
      – entrer à Ceuta ne signifie pas entrer librement dans l’espace Schengen ;
      – les autorités espagnoles empêchent les départs vers la péninsule ;
      – les centres d’accueil sont rapidement saturés.

      Beaucoup de migrants ont donc compris qu’ils restaient bloqués dans l’enclave et sont retournés au Maroc.

      • Gg

        Répondre
        2 août 2026 | 12h28

        Bonjour Hatem!

        Il y a quelques jours, Sanchez est allé en Algérie parler avec ses homlogues. Ils ont causé gaz et, certainement, sahara occidental.
        Alors peut être que Mohamed VI lui envoie un message genre: fais gaffe mec, si tu nous lâches sur le Sahara tu vas voir ce qui va arriver sur ta frontière!

        La diplomatie vivante…

    4. Gg

      Répondre
      1 août 2026 | 17h18

      Ces dizaines de milliers de candidats clandestins ont été refoulés.
      Heureusement, car à peine sont-ils entrés côté espagnol, se sont-ils livré à un pillage en règle des magasins, sont entrés par grappes chez ies habitants, ont caillassé les véhicules, ils ont même en partie détruit un cimetière.
      Mais grâce à quoi ont ils pu être refoulés ?
      Tout simplement parce que pour se rendre sur le continent européen, il faut prendre un ferry. Donc passer les contrôles d’identité.
      Lorsqu’ils ont été bloqués, la nouvelle s’est répandue et la plupart a renoncé.
      Conclusion évidente : il faut absolument dénoncer les accords de Schengen, rétablir les contrôles aux frontières et rétablir le délit de clandestinité.
      Comme dans tous les pays du monde, sauf Europe !!

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