Le bras de fer entre les enseignants du primaire et le ministère de l’Éducation semble loin de connaître son épilogue. La Fédération générale de l’enseignement de base a annoncé vendredi 7 août 2026 l’ouverture de la voie à de nouvelles mobilisations, sur fond de profond malaise au sein du corps enseignant et d’accusations de manque de dialogue de la part de la tutelle.
Le secrétaire général de la Fédération, Mohamed Laabidi, a indiqué dans une déclaration à Jawhara FM, que l’organisation syndicale avait convoqué une instance administrative et demandé à ses sections régionales de se préparer à d’éventuelles actions de protestation. Une décision motivée, selon lui, par une accumulation de griefs contre les choix administratifs du ministère et par ce qu’il considère comme une mise à l’écart du partenaire social.
Au cœur de la contestation figurent notamment les opérations de mutation des enseignants ainsi que les nominations à certains postes de responsabilité. La Fédération estime que ces décisions ont été prises dans un manque de transparence et sans réelle concertation avec les représentants des enseignants.
Mohamed Laabidi a signalé qu’un climat de frustration s’était installé dénonçant l’absence de prise en compte des revendications du corps enseignant et des préoccupations liées aux conditions de travail. Il a également critiqué la gestion de la précédente rentrée scolaire, qu’il a qualifiée de « tendue et non réussie », estimant que les difficultés rencontrées n’ont pas été traitées par le ministère.
La Fédération générale de l’enseignement de base avait déjà tiré la sonnette d’alarme, considérant que certaines décisions administratives constituaient un « recul dangereux » par rapport aux acquis du secteur. Elle avait mis en garde contre les conséquences que pourraient avoir ces tensions sur la prochaine rentrée scolaire.
Cette nouvelle confrontation intervient dans un contexte où le système éducatif tunisien traverse une période de fragilité persistante. Depuis plusieurs années, l’école publique fait face à une accumulation de difficultés : dégradation des infrastructures, manque d’équipements, pénurie de ressources humaines dans certains établissements, surcharge des classes et conditions de travail jugées difficiles par les enseignants.
À ces problèmes structurels s’ajoutent des tensions sociales récurrentes entre le ministère de l’Éducation et les organisations syndicales. Les dernières années ont été marquées par plusieurs mouvements de protestation, des conflits autour des revendications salariales et administratives, ainsi que des épisodes de blocage ayant perturbé le déroulement normal des cours.
Alors que la rentrée scolaire approche, le risque d’une nouvelle crise sociale plane sur un secteur déjà fragilisé. Entre les revendications des enseignants et les impératifs de stabilité du calendrier scolaire, le ministère de l’Éducation devra tenter de renouer le dialogue afin d’éviter une nouvelle année placée sous le signe des tensions.
N.J










