La préservation du patrimoine forestier tunisien s’impose désormais comme un enjeu environnemental, économique et social majeur. C’est dans ce contexte qu’une convention de partenariat a été signée, vendredi 7 août 2026, au siège du ministère de l’Agriculture, entre la Direction générale des forêts et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Cet accord de partenariat ouvre la voie à un projet de 2,48 millions de dollars destiné à restaurer les écosystèmes dégradés de pin d’Alep dans le gouvernorat de Kasserine et intervient alors que les espaces forestiers tunisiens sont confrontés à une pression croissante liée aux incendies, au changement climatique et à la dégradation des sols.
Financé par le Fonds pour l’environnement mondial (GEF), le programme vise à renforcer la résilience des zones forestières face aux effets du changement climatique.
Le choix de Kasserine n’est pas anodin. Cette région de l’ouest tunisien abrite d’importants massifs forestiers dominés par le pin d’Alep, une essence particulièrement adaptée aux conditions semi-arides mais aujourd’hui fragilisée par la multiplication des épisodes de sécheresse, la hausse des températures, les incendies et la pression humaine.
La Tunisie dispose d’un couvert forestier qui joue un rôle essentiel dans la protection des sols, la lutte contre l’érosion, la préservation de la biodiversité et le maintien des équilibres écologiques. Toutefois, ces espaces subissent depuis plusieurs années une dégradation progressive, accentuée par les impacts du dérèglement climatique.
L’année 2026 a notamment été marquée par une recrudescence des incendies forestiers. Jusqu’à fin juillet, près de 1 000 feux ont été enregistrés depuis le début de la saison, ravageant environ 12 100 hectares de végétation, selon des données communiquées par les autorités agricoles. Ces incendies mettent en lumière la vulnérabilité croissante des écosystèmes forestiers et la nécessité de renforcer les mécanismes de prévention, de restauration et d’adaptation.
À travers ce nouveau projet, la FAO et la Direction générale des forêts ambitionnent de passer d’une logique de protection ponctuelle à une approche intégrée de gestion durable des forêts.
Les quatre piliers du programme de restauration
Le programme repose sur quatre axes principaux. Le premier consiste à créer un cadre favorable à une gestion durable, adaptative et participative des écosystèmes forestiers, en impliquant les différents acteurs concernés, notamment les populations locales.
Le deuxième volet prévoit des interventions directes sur le terrain afin de restaurer les terres dégradées, limiter leur détérioration et améliorer les conditions de vie des habitants des zones forestières. L’objectif est également de renforcer le rôle économique et social des forêts au profit des communautés qui en dépendent.
Le projet prévoit également un volet consacré à la gestion des connaissances, au partage des expériences et au transfert des compétences, afin de garantir la pérennisation des acquis. Enfin, un dispositif de suivi et d’évaluation sera mis en place pour mesurer régulièrement les résultats environnementaux et économiques obtenus.
Au-delà de la restauration des peuplements de pin d’Alep, l’enjeu est de préserver des territoires où les forêts constituent un rempart naturel contre la désertification et un facteur de stabilité pour les populations rurales.
Dans un pays confronté à une raréfaction progressive des ressources naturelles et à une intensification des phénomènes climatiques extrêmes, la gestion durable des forêts devient un levier stratégique d’adaptation. Le lancement de ce projet à Kasserine traduit ainsi une volonté de renforcer la coopération internationale autour de la protection des écosystèmes tunisiens.
Entrant en vigueur dès la date de sa signature, cette initiative devra désormais se traduire par des actions concrètes sur le terrain, dans une région où la sauvegarde du patrimoine forestier constitue un défi environnemental autant qu’un enjeu de développement local.
N.J










