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Gaza : Netanyahu défie Trump et rejette son plan de paix

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Photo de : Eyad Baba : AFP

    Israël a annoncé dimanche 9 août 2026 avoir « rejeté » la dernière feuille de route américaine pour la bande de Gaza acceptée par le Hamas, se distançant de son allié Donald Trump et tentant de contenter sa base électorale avant de délicates législatives en octobre.

    Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait ces derniers jours fait part de ses réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix, conditionnant tout retrait des troupes israéliennes à un « véritable » désarmement du Hamas palestinien.

    Le texte est vivement contesté par les alliés d’extrême droite du Premier ministre, qui a explicitement annoncé son rejet.

    Le Hamas a dans la foulée appelé les Américains à faire pression sur lui et son gouvernement, « afin qu’ils respectent la feuille de route et n’entravent pas le processus pour des raisons de politique intérieure ou électorale », a indiqué à l’AFP un membre de son bureau politique, Bassem Naïm.

    « Israël rejette le document en 15 points » présenté fin juillet par le « Conseil de Paix » de Donald Trump, et son armée « n’effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé », a déclaré le Premier ministre, lors d’une réunion du cabinet.

    Il a qualifié le président américain de « plus grand ami (d’Israël) à la Maison-Blanche », tout en faisant comprendre qu’il était prêt à lui tenir tête : « ils ont des idées, certaines nous conviennent et d’autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions ».

    Les relations entre les deux hommes s’étaient fortement dégradées en avril, lors des négociations sur un cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, Donald Trump s’en prenant alors vertement à son allié israélien, accusé de faire obstacle aux efforts diplomatiques.

    Plan impopulaire

    M. Netanyahu, dirigeant ayant exercé le plus longtemps le pouvoir en Israël, est au coude-à-coude avec ses adversaires dans certains sondages à l’approche des élections du 27 octobre, les premières depuis le 7 octobre 2023.

    Les sondages montrent que le plan pour Gaza est largement impopulaire auprès de son électorat de droite, tandis que ses alliés d’extrême droite l’appellent à le faire échouer.

    Le Hamas avait accepté le texte, qui, dans sa version publiée par le « Conseil de Paix », lie son désarmement à un retrait progressif des troupes israéliennes. Il s’est redit prêt samedi à sa mise en œuvre.

    Face aux inquiétudes israéliennes et à l’issue d’une rencontre lundi avec Benjamin Netanyahu, le haut représentant du « Conseil de Paix » pour Gaza, Nikolaï Mladenov, lui avait assuré qu’Israël ne se retirerait qu’après un désarmement « complet » du Hamas. Mais cela n’a pas suffi à rallier la partie israélienne.

    Le texte stipule aussi que le désarmement du Hamas et le stockage de son arsenal seraient assurés par le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), un organe technocratique palestinien chargé de gérer le territoire dans une phase transitoire, actuellement bloqué en Égypte par le refus israélien de le laisser entrer.

    « Pas de désarmement fictif »

    Un cessez-le-feu précaire est en vigueur à Gaza depuis octobre.

    L’Égypte, un médiateur clé, a appelé dimanche toutes les parties à « honorer leurs engagements » et à s’abstenir de toute action susceptible de compromettre les avancées, lors d’un entretien entre le ministre des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, et Nikolaï Mladenov.

    Le Hamas défend depuis longtemps un désarmement progressif, plutôt qu’une reddition unilatérale de son arsenal.

    Benjamin Netanyahu, faisant état de discussions avec les États-Unis, a insisté dimanche sur la nécessité pour le Hamas de renoncer à toutes ses armes, refusant un « désarmement fictif ».

    Israël semble avoir réduit, sans toutefois les interrompre, ses opérations à Gaza depuis l’annonce de l’accord sur le désarmement du Hamas la semaine dernière.

    D’après AFP

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