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Des voitures importées du Qatar bloquées au port de Radès : des Tunisiens pris au piège d’un litige entre deux sociétés

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Par Nadya Jennene

    Ils pensaient avoir enfin touché au but. Après des mois d’attente et un interminable périple entre le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie et l’Italie, leurs voitures étaient finalement arrivées en Tunisie. Mais au moment de les récupérer, une mauvaise surprise les attendait au port de Radès : les véhicules étaient bloqués.

    Plus d’une centaine de voitures destinées à des Tunisiens résidents à l’étranger se sont ainsi retrouvées immobilisées dans les ports de Radès et de La Goulette, sur fond de litige commercial entre une société de transport basée au Qatar et une entreprise saoudienne. Les propriétaires, eux, assurent avoir payé l’intégralité des frais qui leur avaient été réclamés.

    Le témoignage de l’un des concernés, livré à Mosaïque FM lundi 10 août 2026, a permis de retracer le parcours pour le moins mouvementé de ces véhicules.

    Tout avait commencé au Qatar. En raison de la situation régionale, le transport avait dû emprunter un itinéraire inhabituel. Les voitures avaient d’abord été expédiées vers l’Arabie saoudite, avant de poursuivre leur route vers la Turquie, puis l’Italie. De là, certaines avaient été débarquées à Bizerte, d’autres à La Goulette, avant d’être finalement dirigées vers le port de Radès.

    Les clients tunisiens, eux, n’avaient traité qu’avec la société qatarie. Celle-ci était présentée comme une entreprise officiellement établie, disposant de bureaux, de documents administratifs et de salariés. Elle était également chargée de coordonner l’opération avec une société saoudienne, elle-même en relation avec le propriétaire du navire.

    Les clients n’avaient, selon le témoignage, jamais eu affaire directement à cette entreprise saoudienne.

    Les frais de transport, qui se situaient auparavant autour de 3 000 à 4 000 riyals qataris, soit environ 3 000 à 4 000 dinars tunisiens, avaient grimpé jusqu’à 8 000 à 9 000 riyals, soit environ 8 000 à 9 000 dinars tunisiens. Les sommes avaient été versées et les justificatifs, selon les personnes concernées, étaient disponibles.

    Après près de quatre mois d’attente, les clients avaient enfin pu suivre leurs véhicules grâce aux numéros de suivi qui leur avaient été communiqués. Le long voyage avait pris fin et les voitures étaient finalement arrivées en Tunisie.

    Lorsqu’un des clients avait voulu récupérer son véhicule, il avait tenté de joindre le responsable tunisien de la société qatarie avec laquelle il avait traité. Mais son téléphone était éteint. Son compte WhatsApp, lui aussi, n’était plus accessible. Le responsable ne répondait plus.

    Inquiet, le client avait décidé de ne plus attendre. Il s’était rendu directement au port et avait contacté les services douaniers, muni du numéro de sa cargaison.

    La voiture était bien là. Mais elle ne pouvait pas sortir.

    Le client avait alors découvert qu’un blocage avait été enregistré sur le véhicule. En poursuivant ses démarches auprès de l’entreprise intervenant au port de Radès, il aurait appris que la société saoudienne était à l’origine de cette mesure.

    La raison invoquée était un différend financier : la société qatarie n’aurait pas réglé certaines sommes dues à son homologue saoudienne. Les véhicules avaient alors été placés sur une « blacklist », selon les informations communiquées au client par un employé de l’entreprise présente au port.

    C’est précisément ce que ces derniers ne comprenaient pas. Ils affirmaient avoir payé leur transport et avoir fourni l’ensemble des documents nécessaires. Ils ne voyaient donc pas pourquoi ils devraient supporter les conséquences d’une dette ou d’un différend auquel ils n’étaient pas parties.

    Selon les informations communiquées au client, la société saoudienne serait liée à la propriété des véhicules, tandis que la société que les Tunisiens avaient directement contracté était établie au Qatar. Une situation qui avait ajouté une nouvelle couche d’incompréhension à une affaire déjà complexe.

    Pour les propriétaires, une question s’était alors imposée : comment un différend commercial né entre deux sociétés étrangères avait-il pu aboutir au blocage de véhicules dans un port tunisien, alors que leurs acheteurs affirmaient avoir payé les sommes demandées ?

    Les personnes concernées cherchent désormais à comprendre la base juridique de ce blocage et surtout la procédure qui leur permettrait de récupérer leurs voitures.

    Si la société saoudienne estimait que la société qatarie lui devait de l’argent, elle devait, selon eux, réclamer ces sommes à son co-contractant et non aux clients qui avaient déjà réglé leurs factures.

    Après avoir traversé plusieurs pays et des mois d’attente, les propriétaires avaient donc découvert que le dernier obstacle se trouvait… en Tunisie. Leurs voitures étaient arrivées à destination, mais elles restent hors de leur portée, immobilisées au port de Radès dans un conflit commercial dont ils affirment ne pas être les protagonistes. 

    N.J

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    2 commentaires

    1. Mhammed Ben Hassine

      Répondre
      10 août 2026 | 17h42

      [Autement demandez – vous pourquoi proviennent elles d’un pays qui n’a pas d’indutstrie automobile.]
      Qu’en est il de l’Arabie saoudite Bahreïn,…!!!

    2. Roberto Di Camerino

      Répondre
      10 août 2026 | 13h36

      Connaissant bien ce genre de marché il doit Y avoir plus qu’un litige entre 2 entreprises, le Qatar est une destination connue des voitures volées , des voitures aux compteurs trafiqués et des voitures reconstruites. Autement demandez – vous pourquoi proviennent elles d’un pays qui n’a pas d’indutstrie automobile.
      « Many stolen vehicles are trafficked to Qatar due to its lucrative market for luxury cars and limited enforcement against vehicle crime. The country’s geographical location also makes it a strategic point for smuggling operation. »

    Répondre

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