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Le Liban abolit la peine de mort, une décision historique au Moyen-Orient

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Par Myriam Ben Zineb

    Le Parlement libanais a adopté, mardi 11 août 2026, une loi abolissant la peine de mort, faisant du Liban le premier pays du Moyen-Orient à supprimer formellement la peine capitale de sa législation.

    La décision a été annoncée par le bureau du président du Parlement, Nabih Berri. Le texte prévoit également de commuer l’ensemble des condamnations à mort déjà prononcées en peines de réclusion à perpétuité. Le Parlement n’a pas communiqué le détail du vote.

    Cette adoption met fin à une situation juridique qui perdurait depuis plus de deux décennies. La peine capitale restait jusqu’ici prévue par la législation libanaise, notamment pour des crimes comme le meurtre ou la trahison, mais le pays n’avait procédé à aucune exécution depuis 2004. Des dizaines de personnes se trouvaient néanmoins toujours sous le coup d’une condamnation à mort.

    Une proposition de loi visant à abolir la peine capitale avait été déposée par des parlementaires libanais en 2025, ouvrant la voie au vote intervenu ce mardi.

    La décision transforme ainsi le moratoire de fait observé depuis plus de vingt ans en une abolition inscrite dans la loi. Les juridictions libanaises ne pourront désormais plus prononcer la peine capitale.

    Le vote a rapidement été salué à l’étranger. L’Union européenne a estimé que le Liban donnait un exemple fort aux autres pays du Moyen-Orient. Amnesty International a également qualifié la décision d’étape majeure pour les droits humains, estimant qu’elle permettait de passer d’une suspension des exécutions à une protection juridique durable du droit à la vie.

    Et en Tunisie ?

    La décision libanaise offre un point de comparaison avec la Tunisie, où la peine de mort demeure inscrite dans le Code pénal et continue d’être prononcée par les tribunaux, sans toutefois être exécutée.

    La dernière exécution en Tunisie remonte à octobre 1991. Depuis, le pays observe un moratoire de fait sur les exécutions, sans avoir aboli la peine capitale de son arsenal juridique.

    Les condamnations à mort continuent néanmoins d’être prononcées. En avril 2026, le tribunal de première instance de Tunis a ainsi condamné à la peine capitale l’auteur du triple meurtre de Djebel Lahmar. Quelques semaines plus tard, en mai, une condamnation à mort a également été prononcée à Kasserine dans l’affaire du meurtre du petit Haroun Dhibi.

    La Tunisie vote par ailleurs, depuis 2012, en faveur des résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies appelant à un moratoire universel sur les exécutions. Elle n’a toutefois jamais franchi l’étape de l’abolition légale.

    Le choix effectué par le Liban marque donc désormais une différence fondamentale entre les deux pays : alors que la Tunisie demeure abolitionniste de fait, tout en conservant la peine de mort dans son droit, le Liban vient de transformer son moratoire en abolition légale.

    M.B.Z

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