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Chawki Tabib entame une grève de la faim en prison

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Par Myriam Ben Zineb

    L’ancien président de l’Instance nationale de lutte contre la corruption (Inlucc), Chawki Tabib, a entamé une grève de la faim en prison, a annoncé son épouse jeudi 13 août 2026. Dans un texte particulièrement inquiet, celle-ci dit redouter les conséquences de cette décision sur la santé de son mari, dont la famille avait déjà alerté sur les difficultés rencontrées pour accéder aux soins et traitements prescrits.

    « Chawki a entamé une grève de la faim en prison… Une chose que je n’ai jamais acceptée et que je n’arriverai jamais à comprendre », écrit son épouse. Elle explique avoir tenté à plusieurs reprises de le dissuader de recourir à ce moyen de protestation, estimant que ses interlocuteurs restent insensibles à ses revendications.

    L’annonce de cette grève de la faim intervient alors que les proches de l’ancien bâtonnier avaient déjà fait part, ces dernières semaines, de leurs inquiétudes concernant sa prise en charge médicale en détention.

    Dans la nuit du 20 au 21 juillet 2026, sa famille avait ainsi lancé un nouvel appel aux autorités afin que Chawki Tabib puisse bénéficier des soins qui lui avaient été prescrits. Après une visite de son avocate, Moufida Belghuith, ses proches avaient indiqué avoir été rassurés sur son état moral, affirmant qu’il « gardait le moral » et faisait preuve de « beaucoup de courage », malgré des conditions de détention rendues particulièrement éprouvantes par les fortes chaleurs.

    Les inquiétudes portaient en revanche sur son suivi médical. Souffrant notamment d’arthrose, Chawki Tabib avait été examiné par un rhumatologue qui lui aurait prescrit un traitement. Selon sa famille, l’administration pénitentiaire avait indiqué ne pas avoir reçu l’ordonnance, alors que celle-ci aurait été directement transmise aux services concernés. Le traitement ne lui avait, à cette date, toujours pas été remis.

    Ses proches avaient également signalé qu’il ne disposait pas du coussin orthopédique recommandé par les médecins. Ils avaient déploré que certaines demandes liées à son état de santé puissent être considérées comme des « privilèges », rappelant que Chawki Tabib souffre de plusieurs maladies chroniques, notamment de diabète et d’arthrose, nécessitant un suivi régulier.

    La famille estimait alors que l’accès aux traitements prescrits ne relevait pas du confort, mais du droit à la santé et au respect de la dignité des personnes privées de liberté. Chawki Tabib avait lui-même adressé un courrier à l’administration pénitentiaire pour réclamer l’exécution des prescriptions médicales le concernant. « Le temps de l’indifférence doit prendre fin », avait conclu sa famille.

    Chawki Tabib avait par ailleurs été transféré en juin à la prison de Belli, un transfert qui avait, selon ses avocats et sa famille, été effectué à leur surprise.

    Une condamnation à dix ans de prison

    Cette situation intervient près de trois mois après la condamnation de Chawki Tabib à dix ans de prison par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le Tribunal de première instance de Tunis.

    Le 21 mai 2026, la juridiction l’avait reconnu coupable de falsification de documents, de détention et d’usage de faux, ainsi que de destruction de pièces considérées comme falsifiées.

    L’affaire concerne des documents transmis en 2020 à l’Assemblée des représentants du peuple, lorsque Chawki Tabib présidait l’Inlucc, dans le cadre des soupçons de conflit d’intérêts qui visaient alors l’ancien chef du gouvernement Elyes Fakhfakh.

    M.B.Z

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