La croissance économique tunisienne s’est établie à 2,3% au deuxième trimestre 2026 en glissement annuel. Si l’activité a progressé de 1,4% par rapport aux trois premiers mois de l’année, la tendance sur un an est moins favorable : le rythme de croissance ralentit pour le quatrième trimestre consécutif, après avoir atteint 3,4% au troisième trimestre 2025. Sur l’ensemble du premier semestre 2026, le PIB affiche une progression de 2,4%.
Les dernières estimations des comptes nationaux trimestriels, publiées samedi 15 août 2026 par l’Institut national de la statistique (INS), montrent que le produit intérieur brut (PIB) en volume, corrigé des variations saisonnières, a progressé de 2,3% au deuxième trimestre 2026 par rapport à la même période de 2025. En glissement trimestriel, c’est-à-dire par rapport au premier trimestre 2026, la hausse atteint 1,4%. Sur l’ensemble des six premiers mois de l’année, la croissance ressort ainsi à 2,4% par rapport au premier semestre 2025.
Derrière ces chiffres se dessinent toutefois deux dynamiques différentes. À court terme, l’activité repart : après une stagnation au premier trimestre 2026, avec une variation trimestrielle de 0%, le PIB progresse de 1,4% au deuxième trimestre.
En glissement annuel, le ralentissement se poursuit. Après avoir atteint 3,4% au deuxième trimestre 2025, la croissance est revenue à 2,8% au troisième trimestre, puis à 2,7% au quatrième trimestre, à 2,6% au premier trimestre 2026 et désormais à 2,3% au deuxième trimestre. Le rythme de croissance annuel ralentit ainsi pour le quatrième trimestre consécutif et a perdu 1,1 point depuis le deuxième trimestre 2025.

Cette évolution est d’autant plus notable que le budget de l’État pour 2026 repose sur une hypothèse de croissance de 3,3% sur l’ensemble de l’année. À mi-parcours, l’économie tunisienne affiche une croissance cumulée de 2,4%. Pour atteindre l’objectif annuel fixé par le gouvernement, le rythme de croissance devra donc s’accélérer au second semestre.
Le décalage est d’autant plus significatif que le scénario budgétaire tablait précisément sur une reprise progressive de l’activité, notamment dans l’agriculture, les services et le tourisme. Or, après six mois, la croissance reste marquée par un ralentissement en glissement annuel et demeure en deçà de la trajectoire retenue par le gouvernement pour 2026.
Agriculture et services, principaux soutiens de la croissance
L’agriculture figure parmi les principaux moteurs de la croissance au deuxième trimestre. La valeur ajoutée des activités agricoles a augmenté de 5,5% sur un an, avec une contribution de 0,51 point de pourcentage à la croissance globale de 2,3%.
Les services ont, de leur côté, enregistré une progression de leur valeur ajoutée de 1,9% par rapport au deuxième trimestre 2025. Leur contribution à la croissance atteint 1,18 point de pourcentage, soit la plus importante parmi les grands secteurs d’activité.
Cette évolution a notamment été soutenue par les hôtels, restaurants et cafés, dont la valeur ajoutée a progressé de 4,6%, ainsi que par les activités de l’information et de la communication (+3,5%) et le transport (+1,7%).
Le secteur de la construction a également affiché une évolution favorable, avec une hausse de sa valeur ajoutée de 3,6% sur un an. Il se distingue surtout en variation trimestrielle, avec un bond de 16,8% par rapport au premier trimestre 2026.
L’industrie progresse faiblement, l’énergie et les mines reculent
La situation demeure plus contrastée du côté de l’industrie. Les industries manufacturières ont enregistré une croissance de leur valeur ajoutée de 0,9% sur un an. Cette progression a notamment été alimentée par les industries agroalimentaires (+2,1%), les industries mécaniques et électriques (+1,6%) et les industries diverses (+3,7%).
À l’inverse, la valeur ajoutée du secteur regroupant l’énergie, les mines, l’eau, l’assainissement et le traitement des déchets a reculé de 1,7%. L’INS attribue notamment cette baisse au repli de 9,6% de la valeur ajoutée des mines et de 1,1% de celle de l’extraction de pétrole et de gaz naturel.
Au total, le secteur industriel n’a progressé que de 0,3% au deuxième trimestre 2026 par rapport à la même période de 2025. En variation trimestrielle, il affiche même un recul de 0,5%, tandis que les industries manufacturières se contractent de 1,5%.
La demande intérieure progresse, les échanges extérieurs pèsent sur la croissance
Du côté de la demande, l’INS relève une progression de la demande intérieure, composée des dépenses de consommation et de l’investissement. Son volume a augmenté de 3,3% sur un an au deuxième trimestre 2026, apportant une contribution positive de 3,61 points de pourcentage à la croissance du PIB.
Cette contribution a toutefois été partiellement neutralisée par les échanges extérieurs. Le solde des échanges avec l’extérieur a contribué négativement à hauteur de 1,33 point de pourcentage à la croissance.
Les exportations de biens et services ont pourtant progressé de 10,4% en volume sur un an. Mais les importations ont augmenté plus rapidement, de 11,2%, ce qui explique la contribution négative des échanges extérieurs. En variation trimestrielle, les exportations ont augmenté de 8,5% et les importations de 3,5%.
Les chiffres du deuxième trimestre livrent ainsi une image contrastée de l’économie tunisienne. Le retour d’une progression du PIB en rythme trimestriel, après la stagnation enregistrée au cours des trois premiers mois de 2026, constitue un signal positif. Il intervient toutefois dans un contexte de ralentissement persistant de la croissance en glissement annuel. À mi-année, la croissance cumulée demeure également en deçà des 3,3% retenus comme hypothèse pour l’ensemble de 2026 dans le budget de l’État. À cela s’ajoutent une industrie qui progresse à peine, des activités liées à l’énergie et aux mines toujours en retrait et des échanges extérieurs qui amputent sensiblement la contribution positive de la demande intérieure.
I.N.










