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Wajdi Bouziane, seize ans : après la mobilisation citoyenne, le ministère de la Santé débloque le matériel nécessaire à son opération

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    La mobilisation autour du jeune Wajdi Bouziane, âgé de seize ans et hospitalisé à l’hôpital Tahar Sfar de Mahdia à la suite d’un grave accident de la route, a finalement porté ses fruits. Dans une nouvelle publication, Wajih Dhokkar, président de l’Organisation tunisienne des jeunes médecins (OTJM), a annoncé samedi 15 août 2026 que le ministre de la Santé était intervenu et avait donné ses instructions pour l’acquisition du matériel nécessaire à l’opération du jeune patient.

    Une intervention qui permet à Wajdi, dont l’état nécessite une opération urgente de la colonne vertébrale, d’être opéré dès lundi matin, selon le témoignage de Wajih Dhokkar.

    Une opération qui ne devait pas dépendre d’une collecte

    Quelques heures auparavant, Wajih Dhokkar avait lancé un appel à la solidarité pour permettre à la famille de Wajdi de réunir près de 8 mille dinars nécessaires à l’achat du matériel médical indispensable à l’intervention.

    Dans son premier témoignage, le président de l’OTJM avait décrit une situation particulièrement préoccupante. Le jeune homme, victime d’un accident de la route, était hospitalisé en réanimation au service des urgences de l’hôpital Tahar Sfar de Mahdia, souffrant notamment de blessures à la tête et à la colonne vertébrale. Les médecins étaient disponibles pour l’opérer, mais l’intervention était conditionnée par la disponibilité d’un matériel dont le coût avoisinait les 8 mille dinars.

    La situation familiale compliquait davantage les choses. Le père de Wajdi, ouvrier journalier dans le bâtiment, est sans emploi depuis plusieurs mois après avoir lui-même été victime d’un accident du travail. La famille se retrouvait ainsi dans l’incapacité de supporter une telle dépense dans l’urgence.

    Face à cette situation, Wajih Dhokkar avait exceptionnellement appelé les citoyens à contribuer financièrement, tout en soulignant qu’il aurait préféré voir les droits des patients garantis par le système de santé plutôt que de devoir recourir à des collectes pour chaque cas individuel.

    « Le droit à la santé existe, mais n’est pas toujours garanti »

    Dans sa nouvelle publication, Wajih Dhokkar se dit partagé entre la satisfaction de voir l’opération de Wajdi désormais possible et l’inquiétude que cette affaire révèle.

    Il estime que l’intervention rapide du ministère constitue évidemment une bonne nouvelle, mais pose dans le même temps une question plus profonde : « Chaque jour, il y a vingt autres Wajdi qui attendent une intervention urgente », déplore-t-il en substance, soulignant que tous les patients ne disposent pas nécessairement d’une personne connue ou suffisamment connectée pour faire entendre leur voix auprès des autorités.

    Pour lui, cette situation illustre les limites de l’accès effectif aux soins en Tunisie. « Le droit à la santé existe, mais il n’est pas toujours garanti », résume-t-il, relevant que l’accès à une prise en charge urgente peut parfois sembler dépendre du hasard et de la capacité d’une famille à mobiliser l’opinion publique.

    La mobilisation se poursuit pour les frais de traitement

    Si le matériel nécessaire à l’opération devrait désormais être pris en charge, la mobilisation ne s’arrête toutefois pas là. Wajih Dhokkar précise que les médicaments, les soins de rééducation ainsi que l’ensemble du parcours de traitement de Wajdi représentent encore des dépenses importantes pour une famille dont la situation financière est fragile.

    Il a ainsi décidé de maintenir l’appel aux dons, en publiant le numéro de téléphone du père ainsi que le relevé d’identité bancaire (RIB) de la mère, ouvert auprès de La Poste Tunisienne, afin de permettre aux personnes souhaitant apporter leur aide de contribuer directement.

    Le responsable de l’OTJM souligne que la famille avait initialement hésité à communiquer ses coordonnées bancaires, estimant qu’une fois l’opération assurée, le reste pourrait être pris en charge avec les moyens du bord. Il affirme avoir insisté pour que ces informations restent disponibles pour les personnes souhaitant leur venir en aide.

    Une mobilisation qui dépasse le cas de Wajdi

    Au-delà de l’issue immédiate de cette affaire, Wajih Dhokkar voit dans la mobilisation autour de Wajdi Bouziane un révélateur d’un problème plus large : celui d’un système dans lequel des familles peuvent être contraintes de lancer des appels publics à la solidarité pour financer des soins urgents.

    Il remercie les nombreuses personnes qui l’ont contacté depuis le lancement de son appel, depuis la Tunisie comme depuis l’étranger, et qui ont proposé de contribuer. Il dit ne pas avoir été en mesure de répondre à toutes les sollicitations tant elles ont été nombreuses.

    La prise en charge du matériel nécessaire à l’opération constitue ainsi une issue heureuse pour Wajdi Bouziane. Mais pour le président de l’OTJM, le véritable enjeu reste de faire en sorte que les situations similaires ne se multiplient pas et que l’accès aux soins urgents ne dépende plus de la capacité d’un patient ou de ses proches à faire appel à la solidarité publique.

    S.H

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    Commentaire

    1. 1/3i

      Répondre
      17 août 2026 | 0h17

      Je me suis toujours demandé pourquoi je payais en moyenne 250 dinars par mois pour chacune de mes employées.
      Elles n’ont jamais droit à un remboursement de santé.
      Quand j’ai eu des accidents de travail, oui ça arrive dans une usine, même quand on met en place des mesures de sécurité, jamais un dossier n’a été accepté.

      Où passe nos cotisations ?

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