Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Mouled : faut-il s’inquiéter pour le zgougou et les fruits secs ? Mohamed Rabhi répond

Article réservé aux abonnés

Par Imen Nouira

    À quelques jours du Mouled, les achats de zgougou et de fruits secs s’accélèrent pour la préparation de l’assida zgougou, dessert emblématique de cette fête en Tunisie. Alors que des inquiétudes circulent autour de la qualité sanitaire de certains produits, le président de l’Instance nationale de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (INSSPA), Mohamed Rabhi, se veut rassurant : il assure que les produits liés aux préparatifs du Mouled actuellement proposés aux consommateurs sont contrôlés et ne présentent pas de problème sanitaire généralisé.

    Mohamed Rabhi s’est exprimé, lundi 17 août 2026, dans une intervention téléphonique au micro de Hatem Ben Amara dans l’émission Sbeh El Ward sur Jawhara FM. Interrogé sur les craintes relayées ces derniers jours concernant le zgougou et les fruits secs, notamment autour d’éventuelles moisissures, contaminations ou toxines fongiques, il a tenu à rassurer les consommateurs.

    « Nous confirmons que les produits liés au Mouled sont sûrs à 100% », a-t-il affirmé, en expliquant que cette assurance repose sur les contrôles effectués et les analyses réalisées.

    Le président de l’INSSPA a toutefois rappelé que toute denrée alimentaire peut présenter des risques lorsqu’elle est stockée, manipulée ou exposée dans de mauvaises conditions. Les risques doivent donc être évalués en fonction du produit et de ses conditions de conservation et de commercialisation, sans pour autant conclure à l’existence d’un problème propre au zgougou ou aux fruits secs proposés à l’occasion du Mouled.

    Des contrôles lancés dès le début de juillet

    L’INSSPA n’a pas attendu les derniers jours précédant la fête pour renforcer sa surveillance. Mohamed Rabhi a indiqué qu’un programme spécifique avait été lancé dès le début du mois de juillet. Il s’inscrit, selon lui, dans les programmes de contrôle menés tout au long de l’année, avec une attention particulière portée aux périodes durant lesquelles la consommation de certaines denrées augmente.

    Des équipes centrales et régionales ont ainsi été mobilisées à travers le pays. Les opérations couvrent les différentes étapes de la chaîne, de la production à la vente au détail, en passant par la transformation, le stockage et le commerce de gros.

    Le dispositif cible notamment les céréales, le zgougou et les fruits secs utilisés pour la préparation de l’assida. Mohamed Rabhi a précisé que les interventions de l’instance reposaient sur une approche fondée sur l’analyse des risques. Les conditions de stockage, l’étiquetage ainsi que les modalités d’exposition et de commercialisation font notamment partie des éléments examinés.

    Interpellé directement sur la possibilité de trouver des produits moisis ou altérés sur le marché, Mohamed Rabhi a assuré que les opérations de contrôle visaient précisément à empêcher leur commercialisation. Il a affirmé que les services de l’instance ne laissaient pas sur le marché des produits moisis ou impropres à la consommation.

    Depuis le lancement de ce programme spécifique, Mohamed Rabhi a indiqué que les équipes de l’INSSPA avaient effectué plus de 2.245 opérations de contrôle portant sur ces produits. Selon les chiffres rapportés par Jawhara FM, ces opérations ont également abouti à la saisie et à la destruction d’environ 66 tonnes de produits alimentaires impropres à la consommation.

    Le responsable a insisté sur le caractère préventif de ces interventions. L’objectif, selon ses explications, est d’identifier les risques en amont et d’intervenir avant que des produits présentant un problème sanitaire ne parviennent au consommateur. Il a ainsi rejeté l’idée selon laquelle le zgougou ou les fruits secs seraient, en tant que tels, concernés par un problème de contamination.

    Une production de zgougou en baisse à l’approche du Mouled

    Les assurances de l’INSSPA interviennent dans un contexte particulier pour le marché du zgougou. À l’approche du Mouled, les Tunisiens s’empressent traditionnellement de s’approvisionner en graines de pin d’Alep et en fruits secs pour préparer la traditionnelle assida zgougou.

    Cette année, la production de zgougou a toutefois reculé. Vendredi 14 août 2026, Tarek Makhzoumi, membre du bureau exécutif de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (Utap), avait expliqué sur Jawhara FM que la récolte avait notamment pâti des incendies ayant ravagé d’importantes superficies forestières l’année dernière.

    Le responsable avait également pointé la pénibilité de cette activité et la désaffection qu’elle suscite, la réduction du nombre de journées de travail en raison des conditions météorologiques ainsi que l’impact croissant des changements climatiques, particulièrement dans le Nord-Ouest.

    À ces difficultés s’ajoute l’élargissement des débouchés du zgougou. Depuis plusieurs années, cette matière première est également utilisée par l’industrie agroalimentaire, notamment dans la fabrication de yaourts, de pâtisseries et d’autres produits, contribuant ainsi à accroître la demande. Selon Tarek Makhzoumi, le kilogramme de zgougou se négocie actuellement entre 48 et cinquante dinars, voire davantage dans certaines régions.

    Le Mouled sera célébré cette année en Tunisie mardi 25 août 2026, correspondant au 12 Rabii al-Awal 1448 de l’Hégire. À quelques jours de la fête et en pleine période d’achats, les contrôles doivent donc se poursuivre sur les produits particulièrement recherchés à cette occasion. Si les conditions de stockage, d’exposition ou de commercialisation peuvent constituer des facteurs de risque, Mohamed Rabhi assure que les produits actuellement proposés pour le Mouled sont sûrs.

    I.N.

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *