Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Investissement industriel : le textile dans le rouge, la chimie ralentit

Article réservé aux abonnés

Par Imen Nouira

    L’investissement dans les industries manufacturières montre des signes d’amélioration au premier semestre 2026, mais cette embellie est loin d’être uniforme. Le textile, l’habillement et le cuir basculent dans le rouge, tandis que les industries chimiques perdent de leur élan. À l’autre extrémité, les industries mécaniques et électriques enregistrent une forte progression et contribuent à tirer l’indicateur global vers le haut. Pour le second semestre, l’optimisme gagne du terrain, là encore avec de fortes disparités selon les secteurs.

    C’est ce qui ressort des résultats de l’enquête d’opinion semestrielle auprès des chefs d’entreprises privées sur l’investissement dans les industries manufacturières au premier semestre 2026, publiée par l’Institut national de la statistique (INS). Réalisée en mai 2026 auprès d’un échantillon de 1.085 entreprises manufacturières, elle porte sur la situation de l’investissement au premier semestre 2026 et sur les perspectives pour les six mois suivants.

    Les indicateurs publiés ne mesurent pas directement les montants investis. Ils reposent sur un « solde d’opinion », calculé comme la différence entre la proportion de chefs d’entreprise déclarant une évolution positive de l’investissement et celle faisant état d’une évolution négative. Un solde positif signifie donc que les réponses faisant état d’une hausse sont plus nombreuses que celles signalant une baisse.

    Des signaux négatifs dans plusieurs branches industrielles

    Le principal signal négatif vient du textile, de l’habillement et du cuir. Le solde d’opinion sur l’évolution de l’investissement, qui s’établissait encore à 2% au second semestre 2025, est tombé à -4% au premier semestre 2026. Parmi les secteurs détaillés par l’INS, il est le seul à afficher un solde négatif sur les six premiers mois de l’année.

    Et les chefs d’entreprise du secteur ne tablent pas sur une amélioration immédiate. Le solde relatif à l’investissement attendu, qui était de 0% pour le premier semestre 2026, descend à -6% pour le second semestre. Les anticipations négatives prennent ainsi le dessus, prolongeant la dégradation déjà observée.

    La situation est différente, mais également moins favorable, dans les industries chimiques. L’indicateur reste nettement positif, mais perd du terrain : le solde d’opinion passe de 38% au second semestre 2025 à 29% au premier semestre 2026, soit un recul de neuf points.

    Les perspectives montrent un essoufflement encore plus marqué. Le solde relatif à l’investissement attendu passe de 31% pour le premier semestre à 18% pour le second semestre 2026, soit une baisse de treize points. Il ne s’agit donc pas d’une baisse généralisée attendue de l’investissement, puisque le solde demeure positif, mais d’opinions nettement moins favorables quant à son évolution.

    Un tassement est également visible dans les industries alimentaires et agricoles. Leur solde d’opinion passe de 18% au second semestre 2025 à 15% au premier semestre 2026. Le mouvement reste cependant limité et, contrairement au textile et aux industries chimiques, les perspectives pour les six mois suivants sont mieux orientées.

    Une amélioration globale tirée par la mécanique et l’électrique

    Ces signaux négatifs s’inscrivent toutefois dans un tableau d’ensemble plus favorable. Toutes industries manufacturières confondues, hors raffinage du pétrole, le solde d’opinion sur l’évolution de l’investissement atteint 24% au premier semestre 2026, contre 21% au second semestre 2025. L’INS fait ainsi état d’une légère amélioration et d’un retour progressif vers une évolution positive après une période de recul.

    La trajectoire récente permet de mesurer ce redressement. Le solde était tombé à 4% au premier semestre 2024, avant de remonter à 12% au second semestre de la même année, puis à 18% au premier semestre 2025 et à 21% au second. À 24% au premier semestre 2026, l’indicateur poursuit donc son redressement et dépasse sa moyenne historique, établie à 17% sur la période 2002-2022.

    Mais cette amélioration globale repose sur des évolutions sectorielles très contrastées. Les industries mécaniques et électriques se distinguent nettement : leur solde d’opinion bondit de 35% au second semestre 2025 à 48% au premier semestre 2026, soit treize points supplémentaires. Avec un solde de 48%, elles affichent ainsi, de loin, l’indicateur le plus élevé parmi les secteurs étudiés.

    Les industries des matériaux de construction, de la céramique et du verre progressent également, avec un solde qui passe de 10% à 19%. Les industries diverses enregistrent, elles, une hausse plus modérée, de 12% à 15%. Ces évolutions compensent notamment le passage du textile en territoire négatif et le ralentissement observé dans les industries chimiques et alimentaires.

    Derrière la progression de l’indicateur d’ensemble se dessinent donc des trajectoires nettement divergentes selon les branches industrielles.

    Un second semestre globalement mieux orienté

    Les anticipations des chefs d’entreprise pour la seconde moitié de 2026 prolongent ce contraste. À l’échelle de l’ensemble des industries manufacturières, le solde d’opinion relatif à l’investissement attendu passe de 20% pour le premier semestre à 26% pour le second semestre 2026. L’INS relève ainsi une amélioration attendue de l’investissement au cours des six derniers mois de l’année.

    Là encore, les industries mécaniques et électriques se démarquent. Leur indicateur prévisionnel bondit de 10% à 37%, soit une progression de 27 points. Les industries alimentaires et agricoles affichent également des anticipations plus favorables, leur solde passant de 29% à 32%, tandis que celui des industries diverses progresse de 19% à 26%.

    Cette amélioration des perspectives n’est toutefois pas partagée par tous. Le textile, l’habillement et le cuir reste en territoire négatif, avec un solde attendu de -6%, tandis que les industries chimiques voient leur indicateur prévisionnel reculer à 18%.

    L’enquête de l’INS dessine ainsi un paysage industriel à plusieurs vitesses. Derrière l’amélioration de l’indicateur global, les trajectoires sectorielles divergent fortement et cette tendance devrait se prolonger au second semestre 2026.

    I.N.

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *