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Fatma Mseddi veut repenser l’école tunisienne : « Apprendre à réussir dans la vie »

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Par Sarra Hlaoui

    La députée Fatma Mseddi a appelé à repenser en profondeur le modèle éducatif tunisien, estimant que la réforme du système éducatif ne devrait pas se limiter à l’augmentation du nombre d’heures d’enseignement, des matières ou des manuels scolaires.

    Dans une publication diffusée sur sa page Facebook, lundi 17 août 2026, la députée interpelle directement le ministère de l’Éducation sur la nécessité de réfléchir à ce que devrait être « l’école du futur » et, surtout, à la mission que l’institution éducative doit remplir auprès des nouvelles générations.

    Quinze minutes pour parler de la vie

    Parmi les propositions avancées par Fatma Mseddi figure l’instauration d’un temps quotidien consacré au dialogue entre enseignants et élèves. Elle suggère que chaque enseignant ou instituteur réserve un quart d’heure avant le début du cours à des échanges autour de sujets liés à la vie quotidienne et à l’avenir des élèves.

    Citoyenneté, respect de la loi, risques liés à la consommation de drogues, violence, culture, pensée critique, égalité entre les citoyens, responsabilité, différence et acceptation de l’autre : autant de thématiques que la députée souhaite voir davantage intégrées dans la vie scolaire.

    Pour Fatma Mseddi, l’établissement éducatif ne devrait ainsi plus être réduit à un espace composé de salles de classe, de tableaux, de manuels et d’examens.

    Une école ouverte sur la culture, la technologie et les métiers

    La députée propose également d’ouvrir davantage les établissements scolaires à la musique, au théâtre, au cinéma, aux nouvelles technologies, à la robotique, au sport et à la culture.

    Elle appelle, dans le même temps, à rapprocher l’école du monde professionnel à travers des activités, des stages et des programmes permettant aux élèves de découvrir les métiers et les différentes filières professionnelles, mais aussi d’identifier leurs talents et leurs centres d’intérêt suffisamment tôt.

    L’objectif, selon elle, est d’éviter que les jeunes ne se retrouvent, après plusieurs années de scolarité, sans véritable orientation et confrontés à la question de savoir ce qu’ils souhaitent faire de leur avenir.

    Moins de mémorisation, davantage de réflexion

    Fatma Mseddi estime par ailleurs qu’une réflexion devrait être engagée autour des programmes scolaires. Elle propose de réduire les répétitions et le contenu jugé superflu, tout en diminuant la place accordée à l’apprentissage par cœur au profit de la compréhension, de l’analyse, de la recherche, du débat et de l’expérimentation.

    La députée évoque également la possibilité de mettre en place des salles de révision au sein des établissements scolaires, notamment au bénéfice des élèves qui ne disposent pas, à domicile, de conditions favorables pour étudier.

    Repenser les horaires scolaires

    La question des emplois du temps figure également parmi les pistes avancées. Pour Fatma Mseddi, les horaires scolaires devraient être conçus en tenant davantage compte de l’intérêt de l’élève et de ses capacités de concentration et d’apprentissage, plutôt que de répondre uniquement aux impératifs de l’organisation administrative.

    Elle préconise notamment de réduire les heures creuses, durant lesquelles les élèves restent dans les établissements sans activité pédagogique réellement utile.

    « Comment réussir dans la vie ? »

    Au-delà de ces propositions, la députée pose une question centrale : que veut-on réellement faire de l’école tunisienne ?

    Former un élève capable de mémoriser ses cours et de réussir ses examens ou un citoyen capable de réfléchir, de débattre sans recourir à la violence, de respecter la loi, de connaître ses droits et ses devoirs, de découvrir ses talents et de construire progressivement son projet d’avenir ?

    Pour Fatma Mseddi, le véritable enjeu de la réforme éducative réside précisément dans cette seconde ambition. L’école, estime-t-elle, ne doit pas apprendre aux élèves uniquement à réussir leurs examens, mais à « réussir dans la vie ».

    Une réflexion qui replace ainsi la réforme pédagogique au-delà des seules questions de programmes et d’horaires, en posant celle, plus fondamentale, de la finalité même de l’éducation.

    S.H

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