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Mohsen Marzouk : l’humiliation nationale est devenue l’arme politique ultime

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Par Sarra Hlaoui

    L’ancien conseiller et dirigeant politique Mohsen Marzouk a livré, mardi 18 août 2026, une lecture particulièrement politique de la dégradation de plusieurs services et conditions de vie en Tunisie. Dans une publication sur sa page Facebook, il estime que les difficultés auxquelles sont confrontés les citoyens ne relèvent pas uniquement de problèmes matériels ou techniques, mais qu’elles alimentent un sentiment plus profond d’« humiliation nationale ».

    Mohsen Marzouk cite notamment les coupures d’eau et d’électricité en pleine période estivale, les difficultés d’approvisionnement en produits alimentaires et en médicaments ainsi que la hausse des prix. Il évoque également la pollution qui affecte plusieurs régions, notamment Gabès, Gafsa et Sfax, ainsi que la montée de l’insécurité et de la criminalité.

    « Le problème n’est pas seulement matériel »

    Pour l’ancien responsable politique, ces difficultés peuvent, en elles-mêmes, être considérées comme des problèmes techniques et économiques susceptibles d’être résolus. Il estime toutefois que leur accumulation produit un effet plus grave sur le plan collectif.

    Selon lui, « la problématique n’est pas matérielle ou technique seulement », mais réside dans le sentiment d’humiliation que ces situations pourraient provoquer chez les Tunisiens. Il décrit une population confrontée quotidiennement à l’incertitude, qu’il s’agisse de l’accès à l’eau, de l’électricité, de la sécurité ou encore de la préservation des biens et des libertés.

    Mohsen Marzouk insiste notamment sur l’impact psychologique de cette situation, évoquant un sentiment de « honte », de « mépris » et de « déchéance » qui toucherait, selon lui, une partie de la société tunisienne.

    Une critique qui dépasse la gestion des services publics

    Dans son analyse, Mohsen Marzouk établit ainsi un lien direct entre la dégradation des conditions de vie et l’affaiblissement du sentiment de confiance et de fierté nationale. Il estime que la multiplication des difficultés quotidiennes pourrait finir par « briser » moralement la société et réduire sa capacité à se projeter dans l’avenir.

    Il va plus loin en affirmant que cette situation pourrait constituer une démarche « systématique » visant à affaiblir moralement la nation tunisienne et à réduire ses capacités de résistance et de développement. Une lecture qui relève de son analyse politique et qui n’est accompagnée, dans sa publication, d’aucun élément factuel permettant d’étayer l’existence d’une telle stratégie.

    La souveraineté au cœur de son message

    L’ancien ministre élargit également son propos à la question de la souveraineté nationale. Il dénonce ce qu’il considère comme un affaiblissement de l’État tunisien et met en garde contre les influences extérieures susceptibles, selon lui, de réduire la marge de décision du pays.

    Il critique dans ce contexte ceux qu’il accuse de vouloir éloigner la Tunisie de ses relations internationales et de remettre en cause les fondements de l’État national, tout en dénonçant certaines lectures de l’identité arabe et musulmane qu’il juge incompatibles avec l’indépendance et la liberté de décision du pays.

    « La question est aussi celle de la dignité »

    En conclusion, Mohsen Marzouk appelle à ne pas réduire les difficultés actuelles à une simple crise économique, sociale ou politique. Il défend l’idée que l’enjeu est également celui de la dignité nationale et de la capacité des Tunisiens à préserver leur confiance dans leur pays.

    Sous les hashtags « #Nationalisme_tunisien », « #Nous_n_acceptons_pas_l_humiliation » et « #Cause_civilisationnelle », il affirme que la Tunisie ne peut accepter « la déchéance, l’humiliation et le mépris », tout en appelant à préserver l’espoir et l’attachement aux symboles nationaux.

    Une prise de position qui intervient alors que les difficultés liées à l’approvisionnement en eau, aux coupures d’électricité, aux prix et à la dégradation de certains services publics occupent régulièrement le débat public en Tunisie.

    S.H

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    3 commentaires

    1. Citoyen_H

      Répondre
      19 août 2026 | 18h08

      LES PROCHAINES ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES APPROCHENT RAPIDEMENT,

      et les loups commencent déjà à dépoussiérer les startingblocks.
      Il n’y a ni humiliation de quoi que ce soit, ni de patriotisme, ni de Ammar Bouzwir.
      Il n’y a que ce que les « panama papers » avaient révélé, qui prévaut !

    2. A4

      Répondre
      19 août 2026 | 14h19

      En Tunisie, nous n’avons plus un « peuple », nous avons une « poussière d’hommes ». La situation est tellement désespérante que personne ne cherche plus de « solution commune ». Chacun est à la recherche de « SA » solution individuelle: l’isolement ou le le départ ailleurs, loin, le plus loin possible.
      Ceci dit, le premier responsable est « l’électeur moyen » qui s’est montré d’une stupidité et d’une nullité imbattables. Après tout, depuis 2011, c’est cet idiot « d’électeur moyen » qui nous a imposé ses choix en ne votant que pour des opportunistes et des incompétents. Résultat: un recul de cinquante ans !!! Comme quoi on ne peut avancer (ou plutôt reculer) qu’à la vitesse des plus cons. S’ils s’imposent, ce n’est que grâce à la loi du nombre !!!

      LES CANARDS
      Ecrit par A4 – Tunis, le 30 Septembre 2013

      Quand soudain tourne le vent
      Les canards sauvages s’envolent
      Volent en vé le chef devant
      En priant le dieu Eole
      D’être avec les survivants
      Après cette course folle
      Contre marée, contre vent
      Contre mer et ses atolls
      Ils ne peuvent même en bavant
      L’œil rivé sur la boussole
      Que traîner le fainéant
      Dont les ailes sont un peu molles
      Qui plane péniblement
      En pitoyable guignol

      Quand soudain c’est la tempête
      Nuages bas, sans lumière
      Sans vol plané des mouettes
      Où tous les chants doivent se taire
      Quand se cachent même les roussettes
      En remontant l’estuaire
      Tous les vers et anguillettes
      Filent à l’intérieur des terres
      Quand cette foule inquiète
      Fuit le déluge, sa galère
      Elle se bloque à la goulette
      Face aux gros maquereaux qui errent
      Ne pensant qu’à faire la fête
      Dans le lit de la rivière

      Quand sonne l’heure du voyage
      Et qu’il faut tout emporter
      Faire très vite tous ses bagages
      Prendre ses antiquités
      Préparer un attelage
      De quatre bêtes bien montées
      Avec rênes et cordages
      Pour grande vélocité
      N’oubliez pas cet adage
      Qui dit en toute clarté:
      « On a beau crier de rage
      Frapper fort et fouetter
      C’est la bête sans courage
      Qui impose ses ratés ! »

      Quand soudain sans crier gare
      Nous vint la « révolution »
      On s’est dit en vieux ringard
      Elle est là la solution
      Oubliant que c’est un art
      Qui demande formation
      Et que jamais les ignares
      Ne pratiquent l’évolution
      Regardons dans le miroir
      Perdons vite nos illusions
      Ce n’est pas avec ces tares
      Qu’on franchit le Rubicon
      En pataugeant dans le noir
      A la vitesse des plus cons !!!

    3. HatemC

      Répondre
      19 août 2026 | 10h48

      La grande amertume que partagent de nombreux Tunisiens face au bilan de l’après-2011.

      Le sentiment que la transition démocratique a été confisquée par une classe politique plus préoccupée par les luttes de pouvoir et le partage du gâteau que par les réformes de fond est largement répandu.
      Aujourd’hui, voir des figures de cette même période dénoncer la dégradation de la situation financière ou le manque de liberté a un goût d’ironie pour beaucoup … ils constatent les dégâts d’un édifice qu’ils ont eux-mêmes contribué à fragiliser ou qu’ils n’ont pas su consolider lorsqu’ils en avaient les clés.

      Les responsables politiques qui ont dominé la scène après 2011 ne peuvent pas aujourd’hui se présenter uniquement comme les victimes du système qu’ils ont contribué à créer.
      Ils ont eu des années pour réformer l’État, améliorer l’économie, moderniser l’administration, lutter contre les privilèges et restaurer la confiance.
      Le fait que la population ait fini par se détourner massivement d’eux constitue précisément un élément central de l’explication de l’arrivée de Kaïs Saïed.

      On ne peut pas dénoncer aujourd’hui Mr MM l’humiliation infligée par le régime de Saïed sans faire le bilan de ce que votre propre génération politique a fait — ou n’a pas fait — lorsqu’elle détenait le pouvoir.

      La question qui se pose désormais pour la Tunisie est de savoir comment sortir de ce cercle vicieux entre la mauvaise gestion des gouvernements partisans d’un côté, et la dérive autoritaire de l’autre, pour enfin répondre aux attentes réelles des citoyens en matière de dignité, de services de base et de prospérité économique.

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