Par Aziza Chaker
En cette période d’actualité chargée et tendue, la Syrie avait disparu de nos radars.
Mardi 11 août 2026, la nouvelle de la condamnation de Bachar Al-Assad à la peine capitale a replacé le pays au centre du débat.
En effet, la Quatrième Cour Pénale de Damas a condamné Al-Assad, ancien président Syrien, à la peine capitale pour crimes perpétrés contre le peuple Syrien, par contumace.
L’ancien président de la Syrie, qui réside en Russie depuis son départ du pouvoir en 2024, a été reconnu coupable de meurtre intentionnel et prémédité de plusieurs personnes, notamment d’enfants, ainsi que de torture, de détention arbitraire et de crimes contre l’humanité.
Cette nouvelle a suscité une vague de réactions contradictoires entre ses soutiens, quoiqu’assez discrets, qui dénoncent une justice aux ordres, et les personnes et organisations de défense des droits humains qui se réjouissent de la sentence rendue.
Il est clair que cette condamnation pose certains questionnements.
Dans l’histoire des pays ayant connu une chute de régime similaire à celle de la Syrie, suivie d’une période de transition, il a fallu trancher le choix de faire recours à la justice transitionnelle ou à la justice ordinaire.
Dans l’absolu, la justice ordinaire repose sur les principes d’égalité devant la loi et d’impartialité. Elle ne varie pas selon l’identité de l’accusé ni de la victime. Elle est rendue sur la base des lois et textes en vigueur et applicables en toutes circonstances. Elle devrait donc en théorie pouvoir poursuivre toute personne accusée de faits constitutifs d’une infraction. Mais est-ce bien le cadre approprié pour juger des personnages qui ont dirigé des Etats ?
La justice transitionnelle s’inscrit dans une logique différente. Il s’agit d’un mécanisme spécifique basé sur des circonstances spécifiques, d’aucuns la considèrent comme étant une justice d’exception.
Le principe de justice transitionnelle vise à rendre justice à un grand nombre de victimes, par exemple, une communauté, un peuple ou une population ayant subi des dégâts et/ou des dommages causés par l’État ou une autorité.
Vu la complexité de la tâche à entreprendre et la diversité des acteurs concernés, il est évident que ce processus comporte un ensemble de procédures juridiques et non-juridiques, nationaux et internationaux. Cela prend sans aucun doute beaucoup de temps, voire plusieurs années, à accomplir.
Ce type de justice ne représente pas nécessairement un parcours linéaire ou une formule universelle.
D’ailleurs, le monde a connu très peu d’exemples de réussite dans ce sens. Nous pouvons citer l’exemple de l’Afrique du Sud qui, à travers sa Commission Vérité et Réconciliation avait opté, dans les années 1990, pour un processus fondé sur la vérité restauratrice plutôt que sur la vengeance punitive.
Dans la majorité des cas, les reproches adressés aux processus de justice transitionnelle portent sur la lourdeur et les délais des procédures, compte tenu de leur complexité. D’autre part, nous avons parfois vu cette justice de réconciliation se transformer en justice transactionnelle, en raison du rôle prépondérant des dédommagements et compensations qui font forcément partie du processus. Ce mécanisme est souvent perçu comme étant une justice des vainqueurs, rendue par des juges conciliants.
Dans le contexte actuel en Syrie, on ne peut s’empêcher de douter de la neutralité de la justice dans un pays encore en proie à la violence. Qui peut affirmer aujourd’hui que la Commission nationale pour la justice transitionnelle (instance syrienne) a réellement pris le temps de faire le travail d’investigation, d’écoute, de synthèse et de recherche de la justice indispensable ?
Dans un régime où le gouvernement n’arrive pas encore à asseoir son autorité sur l’intégralité du territoire national, dont la légitimité est assez fragile, la condamnation de Al-Assad est-elle une priorité, ou bien serait-ce simplement une manœuvre d’occupation de l’opinion publique nationale et internationale ?
Peut-on s’attendre, donc, à voir les autres parties prenantes au conflit, notamment certains dirigeants de groupes terroristes, faire face à la même justice ?
BIO EXPRESS
Aziza Chaker est Analyste stratégie et sécurité.











3 commentaires
mokhtar.elkhlifi
Justice transitionnelle ou justice tout court il est temps que les peines maximales soient fixées et qu’on tienne compte de l’âge de l’individu. Fixer une peine à 30 ans alors qu’on a 80 ans on mourra sans purger toute la peine. Quel est donc le sens ?
Citoyen_H
PARCE QUE,
vous allez nous faire croire que c’est le terroriste pantin Al-Joulani placé à la tête du pays, est celui qui préside la Syrie ?
Ce n’est qu’un homme de paille.
« Dans un régime où le gouvernement n’arrive pas encore à asseoir son autorité sur l’intégralité du territoire national, dont la légitimité est assez fragile »
" T'occupes l'Aziz(a)" ;)
Ça y est ?
Ça reQômmence ce type de questionnements là ?
Sérieux…
Bellek ya l’Aziz(a) à ces deux types de travers : prémonter dans les tartes tours par éculées questions (in)volontairement moralo-paternalisantes néocolonisatrices et ne plus redescendre de ses tours d’ivoires (façon Femmes) savantes.
« T’occupes et t’inquiètes , l’Aziz(a) ».
Le peuple CHAMpion syrien dans son ensemble écrasant, majoritaire et divers, s’est déjà posé de lui même, par lui même et pour lui même les bonnes questions trois quart de siècles durant.
Il a tiré et continue de tirer mutatis mutandis les bonnes conclusions de l’expérience Sud-africaine, tunisienne, gazaouie et surtout levantine sous peuplicidaires entraves imamatriculées QômcepSion de plus soixante dix ans…
Sous infâmant régime noir de barbarie d’infinie BAASsesse clanique des Assad, du père boucher à son fils de *$#% bacharognard.
« T’occupes, l’Aziz(a). »
Dans le contexte actuel en Syrie, on ne peut s’empêcher de douter de la neutralité de ce type de questionnement douteux sur la justice de ce pays de moins en moins en proie à la violence Qômbinée sectaire et excoloniale ingérante d’ insatiable reconvoitise…
« T’occupes, l’Aziz(a) ».
On peut sans le moindre doute affirmer aujourd’hui que la Commission nationale pour la justice transitionnelle (instance syrienne) a réellement pris suffisament le temps de faire le travail d’investigation, d’écoute, de synthèse et de recherche de la justice indispensable : près de trois quart de siècle de vigilantes et patientes collectes systématiques locales et durant exils tous azimuts… Collectes en preuves matérielles systémiques sous dictature des Assad dont les quinze ans de guerre civile imposée et instrumentalisée.
Dans un régime où le gouvernement arrive et arrivera encore sur sa lancée (relativement bien inspirée, vertueuse, équilibrée et efficiente en sa manière Levantine typiquement des plus nobles retrouvées) à asseoir son autorité sur l’intégralité du territoire national et dont la légitimité est tout sauf « assez fragile » de jour en jour depuis la prodigieuse libération du pays, la condamnation de Bacharognard Al Asswad Mssawad est une priorité incontournable et indifférable parmi tant d’autres…
PRIORITÉS QUI N’EMPECHENT PAS d’être toutes menées en même temps… et avec quel relatif brio admirable au vu des moyens et du contexte !
Par contre…
Ce type de questionnements qui semble (re)commencer à (re)poindre ici en tel article ou ailleurs sur la toile académique comme me(r)diatique…
Ne serait-ce aussi plutôt simplement une manœuvre de temporisation, alimentation du « statu Quo-Qôm » et autre occupation à semer stérilement doute et déroute en l’opinion publique nationale et internationale ?
« T’inquiète et t’occupes, l’Aziz(a) »
Pour finir, on peut s’attendre aussi à ce que les autres parties prenantes au premier conflit « démondo-mondial » du XXI siècle (et sa foutue ligne rouge obamenteuse gazeuse plus que bacharognardement mordue et ouvrant voie à situation démondiale actuelle… des dingoduguino-rasPoutines ratatineurs aux satanyahouafouafs enragés de KKKlique à messy ânes iniques génocidaires expansionistes suprémacistes sectaires), notamment certains dirigeants de groupes terroristes antidémocratiques et contre-révolutionnaires sans évolution sur la question, « faire face à la même justice » 😉
Des Qawmaji-KO mzawarabes Qômplices laïcardotocards islamocomplexés aux autres cacaïds littéralistes extrêmes Qaïdatardés sala(mé)phistofélés en passant par les prolongements égarés bigarrés de fin de Dèche 😉
« Days of recKonning », l’Aziz(a).
InQôming.
Very soon.
From the Assad regimes… to Bounkiba/ Zaba inKluding the KlowNS Qaramitas ones.
https://m.youtube.com/watch?v=8axN_FPD89U
Azizallégories…
https://m.youtube.com/shorts/WHw8X8ucx5E
« Allez, t’inquiètes et t’occupes va »… ya l’Aziz(a;)
S(c)haker it up !