Le décès tragique d’un Tunisien de 23 ans, originaire de Bouhajla dans le gouvernorat de Kairouan, remet en lumière la question sensible des expulsions de ressortissants tunisiens depuis l’Allemagne et, plus largement, les conditions dans lesquelles s’effectuent les retours forcés.
Selon un témoignage publié mardi 18 août 2026 par Romdhane Ben Amor, militant spécialisé dans les questions migratoires, le jeune homme, identifié comme Moussa Aouissaoui, a été expulsé d’Allemagne à l’aube du lundi 17 août avant de rejoindre sa famille en Tunisie dans un état psychologique décrit comme particulièrement fragile.
Le lendemain de son retour, mardi 18 août, il a mis fin à ses jours. D’après les éléments rapportés par ses proches et ses amis, le jeune homme cherchait notamment à régulariser sa situation administrative en Allemagne.
Une succession de renvois en hausse
Au-delà de ce drame individuel, cette affaire intervient dans un contexte marqué par une progression du nombre de Tunisiens expulsés d’Allemagne.
Selon les chiffres cités par Romdhane Ben Amor, et qu’il indique avoir recueillis dans les réponses du gouvernement fédéral allemand aux questions de députés publiées sur le site officiel du Bundestag, 273 Tunisiens ont été expulsés d’Allemagne en 2023.
Ce nombre est passé à 366 en 2024, avant d’atteindre 498 en 2025. En deux ans, le nombre de ressortissants tunisiens concernés par des expulsions aurait ainsi augmenté de plus de 80%.
Ces chiffres illustrent le durcissement des politiques européennes en matière de retour des personnes en situation irrégulière, alors que la question migratoire demeure au cœur des relations entre la Tunisie et plusieurs pays européens.
Le rôle des laissez-passer consulaires
Les expulsions concernent notamment les personnes qui ne disposent pas d’un passeport tunisien en cours de validité. Dans ce cas, le retour nécessite la délivrance des documents consulaires permettant aux autorités allemandes de procéder au renvoi vers la Tunisie.
Selon les éléments avancés par Romdhane Ben Amor, les autorités tunisiennes délivrent ainsi les autorisations consulaires nécessaires à l’organisation de certains retours forcés.
Cette coopération entre les autorités tunisiennes et européennes, destinée à faciliter l’identification et le retour des ressortissants, constitue depuis plusieurs années un volet important de la gestion des migrations.
La question des conditions de retour
Le drame de Bouhajla soulève également la question des conditions humaines et psychologiques dans lesquelles certaines personnes vivent leur expulsion.
Cette affaire rappelle que derrière les statistiques sur les retours forcés se trouvent des parcours individuels, parfois marqués par des années passées à l’étranger, des démarches administratives complexes et l’espoir de parvenir à régulariser une situation.
Elle remet ainsi au centre du débat la nécessité de garantir, lors des procédures d’éloignement, le respect de la dignité et des droits fondamentaux des personnes concernées.
En l’absence, pour l’heure, d’informations officielles détaillées sur les circonstances exactes du décès de Moussa Ben Abdelhamid, une enquête permettrait d’établir les faits et de déterminer les éventuelles responsabilités. Au-delà de ce cas particulier, la progression du nombre de Tunisiens expulsés d’Allemagne pose une question plus large : celle de l’accompagnement des personnes concernées, avant, pendant et après leur retour en Tunisie.
S.H











3 commentaires
emalsayin
Totalement d’accord avec GG, si une personne a immigré légalement, il n y’a aucune raison à ce que l’on vit ce drame, et concernant l’avenir en Tunisie, il existe, il suffit de se bouger le cul et entre autre, le ministère de La Défense, à travers un engagement dans l’armée qui offre moults opportunités et de pas mal de formations pour évoluer et monter en grade. Surtout que personne ne se hasarde à dire que l’armée tunisienne est en retard, ce qui est complètement faux. A niveau donné, il existe une opportunité de s’engager en tant que Officier de Rang (à partir de Sergent) ainsi ue Officier à partir du Bac et du DEUG. Ce qu’il faut c’est avoir Assez de courage et d’abnégation pour se bouger et aimer voir du pays. Si malheureusement, une personne qui a séché l’école, n’ayant qu’un niveau bas pour ne pas dire insignifiant, c’est sûr qu’essayer de trouver une opportunité de travail brillante et valeureuse, relève de l’impossible et si par bonheur, les parent du candidat sont relativement argentés au point d’embaucher leur rejeton dans les sociétés familiales, l’expérience nous a malheureusement et largement montré que cela n’est pas du tout rentable pour les deux parties. La personne ne se décarcasse pas pour essayer de relever son niveau et de l’autre côté, c’est considéré comme acquis, la société se tape une taupe qui ne fout rien mais qui est grassement payé grâce au népotisme de la situation. En Tunisie, il y a du travail, pas bien payé du fait de la cherté de la vie, oui ! tout à fait d’accord, mais le travail et les opportunités existent. Il faut se bouger.
HatemC
Pourquoi a t-il mis fin a ses jours ? Parce qu’il n’y a aucun avenir en Tunisie … ce jeune a préféré se donner la mort que vivre dans son pays ….
Ce drame met directement en cause la défaillance des politiques publiques et l’incapacité de l’État tunisien à offrir des perspectives crédibles à sa jeunesse.
Avec un taux de chômage qui dépasse les 35 % chez les jeunes de 15 à 24 ans et une inflation galopante, le marché du travail est incapable d’absorber les nouvelles générations.
Des gouvernorats comme Kairouan subissent un désinvestissement chronique, marquant une fracture sociale et géographique profonde.
Pour que de tels drames ne se répètent pas, la réponse ne peut pas être uniquement sécuritaire ou migratoire. Elle impose une remise en question globale des choix économiques et sociaux en Tunisie, afin de redonner de la dignité et un avenir à sa jeunesse sur sa propre terre.
Gg
N’oubliez pas qu’il n’y a pas de retour forcé pour les migrants en situation régulière.
Mieux que cela, les migrants qui se sont adaptés à la société d’accueil (formation, travail, religion discrète, égalité hommes-femmes, respect des lois) ne sont pas renvoyés.
Bref, il y a beaucoup de non-dit derrière ce triste fait divers et cet article.