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Sept cas d’Ebola en Tunisie ? Une fausse alerte qui refait surface

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    Depuis le 19 août 2026, une publication devenue virale sur les réseaux sociaux affirme que le ministère tunisien de la Santé aurait annoncé la présence de sept cas du virus Ebola en Tunisie. Le message, présenté comme une « alerte urgente », évoque des personnes originaires d’Afrique subsaharienne et arrivées du Congo. Sa diffusion a rapidement suscité l’inquiétude et alimenté la polémique parmi les Tunisiens.

    Après vérification auprès du ministère tunisien de la Santé, aucune annonce officielle faisant état de sept cas d’Ebola en Tunisie n’a été publiée. Aucun communiqué du ministère ne confirme non plus la présence de personnes contaminées par le virus sur le territoire tunisien.

    La recherche de l’origine de cette publication permet par ailleurs de constater qu’une affirmation similaire circulait déjà au mois de mai dernier. À l’époque, elle avait été diffusée sans source fiable et attribuée, à tort, au ministère de la Santé. Les autorités sanitaires tunisiennes avaient alors démenti l’existence de cas d’Ebola en Tunisie.

    En mai, face à l’évolution de la situation épidémiologique en Afrique, le ministère de la Santé avait plutôt annoncé le renforcement de la surveillance sanitaire aux frontières, notamment dans les aéroports, les ports et les postes frontaliers. Il s’agissait d’une mesure préventive destinée à surveiller l’évolution de la situation internationale, et non de la conséquence de la détection de cas sur le territoire tunisien.

    La nouvelle publication reprend donc une affirmation déjà apparue plusieurs mois auparavant, en la présentant comme une information récente et en lui attribuant une nouvelle fois une origine officielle inexistante.

    Cette publication s’inscrit également dans un contexte plus large de campagnes de désinformation ciblant les personnes originaires d’Afrique subsaharienne en Tunisie. En associant directement des personnes subsahariennes à un virus particulièrement dangereux, le contenu contribue à alimenter la peur et la stigmatisation, tout en donnant à une information non vérifiée l’apparence d’une alerte sanitaire officielle.

    L’utilisation du nom du ministère de la Santé renforce précisément cette impression de crédibilité. Or, aucune communication officielle du ministère ne fait état des prétendus sept cas. La référence à une institution publique ne suffit donc pas à transformer une affirmation publiée sur les réseaux sociaux en information vérifiée.

    Il est toutefois important de distinguer la fausse information concernant la Tunisie de la situation sanitaire réelle en République démocratique du Congo.

    La situation dans ce pays est effectivement très préoccupante. Selon les données communiquées le 17 août 2026, la République démocratique du Congo avait enregistré 2 325 décès liés à l’épidémie d’Ebola sur un total de 4 945 cas confirmés. Ce bilan dépasse celui de l’épidémie de 2018-2020, qui avait fait 2 299 morts parmi 3 381 personnes infectées. Selon les autorités congolaises, l’épidémie actuelle constitue ainsi la flambée d’Ebola la plus meurtrière enregistrée dans le pays.

    Deux jours auparavant, Tom Fletcher, secrétaire général adjoint des Nations unies aux Affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence, avait également alerté sur la gravité de la situation. Il avait indiqué que le virus provoquait le décès d’une personne toutes les trente minutes en République démocratique du Congo et appelé la communauté internationale à renforcer rapidement les efforts de lutte contre l’épidémie.

    La gravité de la situation en République démocratique du Congo est donc bien réelle. Elle ne permet cependant pas d’établir l’existence de cas en Tunisie.

    Aucune annonce du ministère tunisien de la Santé concernant sept cas d’Ebola en Tunisie n’a été publiée. La publication virale reprend une affirmation déjà diffusée en mai sans source crédible, alors que les autorités tunisiennes avaient démenti l’existence de cas et annoncé des mesures de surveillance préventive aux frontières.

    R.A.

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