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Drame au large de Zarzis : une embarcation de jeunes de Ben Guerdane fait naufrage, plusieurs disparus

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    Une nouvelle tragédie de la migration irrégulière vient de frapper le sud-est tunisien. Une embarcation transportant une quinzaine de jeunes a sombré dans la nuit de vendredi à samedi 22 août 2026 au large de Zarzis, faisant plusieurs disparus et plongeant Ben Guerdane et Zarzis dans l’angoisse.

    Selon le porte-parole de la Garde nationale, le colonel-major Houssam Eddine Jebabli, l’embarcation transportait près de 15 migrants irréguliers. Parmi eux, un jeune était originaire de Zarzis, tandis que les autres étaient originaires de Ben Guerdane. Le naufrage s’est produit à environ 14 milles marins des côtes de Zarzis.

    M. Jebabli précise qu’un des passagers a été retrouvé et secouru par un navire commercial. Les opérations de recherche se poursuivent pour retrouver les autres disparus, avec la mobilisation de forces navales et terrestres de la Garde nationale, appuyées par un hélicoptère de l’unité aérienne de la Garde maritime et des forces relevant de l’armée nationale.

    Sur place, la mobilisation ne s’est pas limitée aux forces de sécurité. Dès que l’information sur le naufrage est parvenue au centre maritime de Zarzis, plusieurs pêcheurs et propriétaires de bateaux des ports de Kettf, à Ben Guerdane, de Zarzis et de Djerba ont pris la mer pour rejoindre la zone du drame.

    Une panne avant le naufrage, une mer qui disperse les passagers

    Selon le témoignage de l’un des rescapés et les premières informations recueillies sur place, les passagers avaient pris la mer en direction des côtes italiennes.

    L’embarcation serait d’abord tombée en panne avant de sombrer complètement. Le nombre de passagers pourrait dépasser les quinze personnes, selon ces mêmes sources. La plupart seraient originaires de Ben Guerdane et de Zarzis.

    Autre élément particulièrement frappant : les passagers auraient tous porté des gilets de sauvetage. Mais les conditions météorologiques auraient dispersé les naufragés loin du point où l’embarcation a sombré, compliquant les opérations de recherche et de secours.

    Des corps retrouvés, mais pas encore identifiés

    Le président de l’Observatoire tunisien des droits de l’Homme, Mostafa Abdelkebir, a de son côté indiqué que quatre corps avaient été repêchés par les équipes de recherche, avec l’aide des forces de sécurité et de marins.

    Mais, à ce stade, impossible encore de déterminer à qui appartiennent ces dépouilles. Leur identité n’a pas été établie et aucun élément ne permet pour l’instant de confirmer qu’il s’agit bien de passagers de l’embarcation naufragée.

    Une incertitude qui rend l’attente encore plus insoutenable pour les familles de Ben Guerdane et de Zarzis.

    « Ben Guerdane est dans la douleur et la panique », écrit Mostafa Abdelkebir, alors que l’émotion gagne la région.

    « Jusqu’à quand la Tunisie va-t-elle perdre ses meilleurs jeunes ? »

    Face à ce nouveau drame, le président de l’Observatoire tunisien des droits de l’Homme pose une question qui résonne particulièrement dans cette région habituée aux départs clandestins et aux naufrages : « Jusqu’à quand la Tunisie va-t-elle perdre ses meilleurs jeunes ? »

    Mostafa Abdelkebir dénonce également les politiques européennes en matière de migration, qu’il qualifie d’« inhumaines et injustes ».

    Pour l’heure, cependant, les regards restent tournés vers la mer. Les recherches se poursuivent pour tenter de retrouver les disparus et d’établir le bilan exact de cette nouvelle tragédie.

    À Ben Guerdane et à Zarzis, les familles, elles, attendent. Certaines espèrent encore voir revenir un proche. D’autres redoutent déjà que la mer ait définitivement emporté le leur.

    R.B.H

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    4 commentaires

    1. HatemC

      Répondre
      22 août 2026 | 23h19

      – En 2023, l’OIM a recensé au moins 729 morts en Tunisie sur les routes migratoires, et le FTDES a documenté un bilan encore plus élevé de 1 313 morts ou disparus au large des côtes tunisiennes.

      – En 2024, plus de 630 personnes sont mortes au large de la Tunisie selon le bilan conjoint OIM/HCR. Plus largement, 1 842 personnes sont mortes ou portées disparues sur l’ensemble de la route de Méditerranée centrale.

      – En 2024, les Tunisiens figuraient parmi les trois principales nationalités tentant la traversée de la Méditerranée centrale.

      – Et le phénomène continue en 2026, l’OIM comptabilise déjà près de 2 000 morts ou disparus sur les routes migratoires vers l’Europe, toutes nationalités confondues, à la date de la dernière mise à jour disponible.

      On peut parfaitement dire que la persistance de cette hécatombe constitue un échec majeur des politiques publiques tunisiennes, y compris sous les gouvernements qui se sont succédé sous la présidence de Kaïs Saïed.

      Mais justement, après plusieurs années au pouvoir, la question devient légitime, qu’est-ce qui a changé pour donner aux jeunes une raison de rester ?

      C’est là que le bilan devient beaucoup plus difficile à défendre.

      Un jeune qui quitte son pays clandestinement ne fuit pas seulement un salaire insuffisant. Il fuit souvent l’absence de perspective.

      Reuters rapportait déjà en 2024 que des Tunisiens, y compris issus des classes moyennes et disposant d’un emploi, prenaient le risque de traverser la Méditerranée pour rechercher de meilleures possibilités en Europe.

      Et le témoignage recueilli à Sfax est particulièrement révélateur, un jeune homme travaillant comme agent de sécurité gagnait environ 600 dinars par mois, avec des frais de transport qui absorbaient une partie importante de son revenu. Sa famille expliquait qu’il avait le sentiment de n’avoir aucune perspective.

      La question que le pouvoir devrait entendre

      Combien de jeunes Tunisiens faudra-t-il encore repêcher morts de la Méditerranée avant de comprendre que le problème n’est pas seulement l’émigration clandestine ?

      Le véritable problème est que des Tunisiens ne croient plus suffisamment en leur propre pays pour risquer leur vie afin de le quitter.

      Le véritable échec n’est pas que les jeunes partent. C’est qu’après des années de pouvoir, l’État ne soit toujours pas capable de leur donner suffisamment de raisons de rester.

      Tous les gouvernements successifs portent une part de responsabilité dans cette faillite.
      Un jour, la Nation devra dresser le bilan de leurs décisions, de leurs renoncements et de leur incompétence.
      Et lorsque des fautes pénales auront été commises, la justice devra passer, sans distinction de parti ni de régime ….

    2. HatemC

      Répondre
      22 août 2026 | 23h10

      C’est là que le gouvernement doit être jugé

      On peut multiplier les discours sur la souveraineté, la dignité nationale ou la lutte contre l’émigration clandestine.

      Mais la vraie politique de souveraineté serait de faire en sorte que le jeune Tunisien ait envie de rester.

      Il faudrait donc un véritable programme national de rétention des compétences et de création d’emplois productifs : zones industrielles réellement opérationnelles dans le Sud, fiscalité temporairement avantageuse pour les investissements créateurs d’emplois, financement des PME, accélération radicale des procédures administratives, développement du numérique, formation directement liée aux besoins des entreprises et mobilisation de la diaspora tunisienne pour investir.

      Empêcher un bateau de partir est une politique de sécurité.
      Empêcher un jeune de vouloir partir est une politique de développement.

      Et après chaque naufrage, la question ne devrait donc pas seulement être : combien de corps avons-nous retrouvés ?

      Elle devrait être :

      « Combien de jeunes avons-nous encore poussés à considérer la mort en mer comme une meilleure option que leur avenir en Tunisie ? »

      C’est cette question que le gouvernement devrait avoir à répondre.

    3. HatemC

      Répondre
      22 août 2026 | 23h08

      Combien de jeunes Tunisiens devront encore mourir en Méditerranée avant que l’État s’attaque aux causes du départ, et pas seulement à ses conséquences ?

      Le gouvernement peut renforcer la surveillance maritime, lutter contre les passeurs et organiser les secours — et il faut évidemment le faire. Mais aucune garde côtière ne peut empêcher durablement l’émigration clandestine si une partie de la jeunesse considère que son avenir est ailleurs.

      La Tunisie dispose pourtant d’une jeunesse relativement bien formée, d’une diaspora importante, d’une proximité exceptionnelle avec l’Europe et d’un tissu industriel déjà existant.

      Mais une partie de cette jeunesse regarde autour d’elle et fait un calcul très simple :

      Tunisie : études → petits salaires → chômage ou précarité → logement difficile → bureaucratie → avenir incertain.

      Europe : même avec des difficultés, possibilité de travailler, gagner davantage, accéder à des services et construire progressivement un patrimoine.

      Lorsque ce calcul devient dominant, le départ clandestin devient pour certains une décision économique autant qu’un acte de désespoir.

    4. Gg

      Répondre
      22 août 2026 | 12h36

       » Jusqu’à quand la Tunisie va-t-elle perdre ses meilleurs jeunes ?  »
      Ne dites pas que ce sont les meilleurs de vos jeunes.
      Les meilleurs obtiennent facilement les papiers réglementaires!

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