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« Nous sommes entrés dans une économie de la rareté » : le sombre diagnostic de Ridha Chkoundali

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Par Imen Nouira

    Le professeur universitaire en économie Ridha Chkoundali a livré, lundi 24 août 2026, une lecture particulièrement sombre des crises qui secouent actuellement la Tunisie. Pour l’économiste, les pénuries de produits essentiels, l’envolée des prix et la prolifération des circuits parallèles témoignent du passage à une économie qui ne crée plus l’abondance, mais se contente de gérer la rareté.

    Dans un post publié sur Facebook, Ridha Chkoundali décrit un quotidien où les produits les plus élémentaires deviennent difficiles d’accès et où le pouvoir d’achat ne permet plus à de nombreux ménages de satisfaire leurs besoins essentiels. Une situation dont les conséquences dépassent, selon lui, la seule sphère économique et menacent désormais la cohésion sociale.

    Quand les produits essentiels deviennent un luxe

    « Les éléments les plus simples de la vie quotidienne se sont transformés en un luxe hors de portée », déplore Ridha Chkoundali. Il évoque des files d’attente pour obtenir les rares produits encore disponibles ainsi qu’une succession de pénuries touchant notamment l’eau minérale, les médicaments, le sucre et le café.

    Selon lui, cette situation rappelle celle des pays socialistes durant les périodes ayant précédé leur effondrement, lorsque les autorités ne cherchaient plus à assurer l’abondance, mais à répartir des quantités devenues insuffisantes.

    À ces problèmes d’approvisionnement s’ajoute, poursuit-il, une hausse sans précédent des prix des produits de première nécessité, notamment des fruits, des légumes et de certains médicaments. L’économiste relève également ce qu’il considère comme une contradiction frappante : la difficulté à trouver des citrons sur le marché tunisien, alors que la Tunisie figure historiquement parmi les pays exportateurs d’agrumes.

    L’eau, les médicaments et la volaille au cœur de la crise

    La crise de l’eau constitue, aux yeux de Ridha Chkoundali, l’une des manifestations les plus préoccupantes de la situation actuelle. En pleine période estivale, il distingue deux difficultés qui se cumulent : d’un côté, les coupures répétées de l’eau courante par la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) et une eau du robinet dont il met en cause la qualité dans certaines zones ; de l’autre, la raréfaction de l’eau minérale embouteillée dans plusieurs commerces.

    Ce déséquilibre entre l’offre et la demande aurait favorisé, affirme-t-il, l’apparition d’un marché parallèle où l’eau minérale embouteillée est revendue à des prix excessifs, pénalisant davantage des ménages déjà confrontés à l’érosion de leur pouvoir d’achat.

    Le professeur universitaire étend son constat au secteur de la santé. Il évoque l’indisponibilité persistante de plusieurs médicaments ainsi que la forte augmentation du prix de ceux qui restent accessibles. La pénurie ne menacerait donc plus uniquement l’approvisionnement alimentaire, mais également la sécurité sanitaire des Tunisiens.

    Ridha Chkoundali revient aussi sur les coupures d’électricité survenues durant les pics de chaleur. D’après lui, ces interruptions ont provoqué la mort de milliers de volailles chez de petits éleveurs, aggravant les tensions sur l’offre de viande de poulet. La viande de poulet constituant l’une des sources de protéines animales les plus accessibles aux familles, sa raréfaction et l’envolée de son prix frappent directement les foyers aux revenus modestes.

    Du recul du pouvoir d’achat à la dégradation des valeurs

    Au-delà des indicateurs économiques, Ridha Chkoundali alerte surtout sur les répercussions sociales et morales de cette accumulation de crises. Lorsque les revenus ne permettent plus de satisfaire les besoins essentiels d’une famille, explique-t-il, la pression matérielle peut conduire certains citoyens à renoncer progressivement à leurs principes, voire à considérer la corruption et les pots-de-vin comme des moyens de survie.

    Selon lui, la détérioration des conditions économiques entraîne inévitablement une dégradation des comportements et une érosion des valeurs. Protéger le pouvoir d’achat et garantir la disponibilité des produits essentiels ne relèverait donc pas uniquement de la politique économique : il s’agirait également de préserver la paix sociale et les valeurs qui structurent la société.

    La lecture proposée par Ridha Chkoundali établit ainsi un lien direct entre pénuries, inflation, développement des marchés parallèles et fragilisation du tissu social. Son avertissement est clair : en laissant s’installer durablement une économie de la rareté, le pays ne risque pas seulement une aggravation de la crise économique, mais une dégradation plus profonde de sa cohésion sociale.

    I.N.

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    2 commentaires

    1. Tunisino

      Répondre
      24 août 2026 | 15h17

      En gestion, comme en guerre, attaquer avant d’être attaqué est la meilleure situation. Attaquer consiste à agir sur le futur (Agir), alors que se défendre consiste à agir sur le présent (Réagir). Les ingénieurs apprennent à combattre la catastrophe avant qu’elle n’atteigne le présent, alors que les littéraires attendent que la catastrophe atteigne le présent pour la combattre. Un ingénieur est formé pour gérer le présent et le futur, alors qu’un littéraire est formé pour gérer le passé et le présent! C’est exactement ce qui se passe avec le littéraire Saied, des décisions anarchiques, sans étude de risques, sans recenser leurs effets chaotiques sur le futur. Tout renvoi à une incompétence flagrante, L’Etat est une entreprise et non pas une épicerie, mais Saied n’entend pas et continu sur la même route, en attendant que sa fin atteigne le présent, sans aucune pensée au salaire qu’il reçoit des tunisiens pour les servir ou du destin de 12 millions d’innocents!

      • A4

        Répondre
        25 août 2026 | 13h43

        Le premier niveau d’intelligence, consiste à connaitre et reconnaitre sa limite d’incompétence. En dessous de ce plus bas niveau, on se prend pour quelqu’un qui sait tout et qui est compétent dans tous les domaines, et là la catastrophe est assurée et c’est ce que nous vivons actuellement !!!

        LIMITE
        Ecrit par A4 – Tunis, le 01 Septembre 2018

        Il ne faut pas prendre la barre
        Et tenter avec sa barquette
        De traverser la grande mare
        Quand la brise est à la tempête

        Il faut savoir rester à terre
        Garder ses bottes et sa cagoule
        Et ne jamais prendre la mer
        Quand la vague est devenue houle

        Mais allez raconter tout ça
        A ces cervelles désertiques
        Qui hélas sont bien en deçà
        De la limite fatidique

        Car il faut bien un minimum
        Un minimum de rien du tout
        Pour s’arrêter à l’optimum
        Et ne jamais aller au bout

        Il faut un soupçon de jugeote
        Avec presque rien de bon sens
        Pour savoir arrêter la note
        A sa limite d’incompétence

        Allez le dire à ces débiles
        Qui doivent bien se la fermer
        Que leurs paroles sont stériles
        Qu’ils feraient mieux de s’enfermer

        Allons-nous trouver la manière
        Ou devons-nous un jour sévir
        Pour museler, pour faire taire
        Tous ces clowns qui n’ont rien à dire ?

    Répondre

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