« 25 milliards de dinars… où sont-ils passés ? ». C’est autour de cette question que le secrétaire général du parti Attayar et ancien député Hichem Ajbouni a construit, mercredi 26 août 2026, une charge particulièrement virulente sur la gestion des emprunts contractés par l’État auprès de la Banque centrale.
Dans une publication, Hichem Ajbouni affirme que, durant les trois dernières années, l’État a emprunté 25 milliards de dinars auprès de la Banque centrale, un montant qu’il qualifie de « colossal ». À ses yeux, une telle somme aurait pu, si elle avait été correctement orientée, permettre « une véritable transformation qualitative » dans la vie des Tunisiens.
Mais l’ancien député pose surtout une série de questions : où cet argent a-t-il été investi ?
Combien de ces milliards ont été consacrés au renouvellement et à la maintenance des conduites d’eau, afin de permettre à nouveau aux Tunisiens de disposer d’une eau potable de qualité ? Combien ont servi à augmenter la capacité de production électrique, alors que les coupures se multiplient ? Combien ont été injectés dans les hôpitaux publics, confrontés à une situation « catastrophique », entre pénuries de médicaments et dégradation des équipements ?
M. Ajbouni interroge également l’utilisation de ces fonds pour la remise à niveau des établissements scolaires et universitaires, dont il dénonce la dégradation année après année, ainsi que pour la réparation des infrastructures publiques jugées vitales.
« Une dette et une pression fiscale qui montent en flèche »
Pour Hichem Ajbouni, le contraste est particulièrement saisissant. D’un côté, la dette publique et la pression fiscale atteignent, selon ses termes, des niveaux « vertigineux ». De l’autre, les Tunisiens seraient confrontés à une dégradation tout aussi spectaculaire de leurs conditions de vie et des services publics.
Il énumère ainsi les difficultés qui rendent la question de l’utilisation des 25 milliards encore plus pressante : l’eau distribuée par la Sonede ne serait plus toujours propre à la consommation, « lorsqu’elle est disponible », écrit-il, tandis que les coupures se multiplient dans plusieurs régions du pays.
Sur le front de l’électricité, il dénonce des interruptions qui se répètent « à chaque vague de chaleur », avec, affirme-t-il, des conséquences allant jusqu’au décès de patients et à la faillite d’entreprises.
Même constat dans les hôpitaux publics, où il évoque une dégradation de la qualité des services, une pénurie aiguë de médicaments et des équipements insuffisamment entretenus. Les écoles et les lycées, poursuit-il, se dégradent eux aussi « année après année », tandis que les déchets s’accumulent dans de nombreux endroits.
D’où sa question centrale : si ces 25 milliards n’ont pas servi à améliorer la vie et le niveau de vie des Tunisiens, où sont-ils allés ? Et à quoi ont-ils été affectés ?
Ajbouni interpelle directement le pouvoir
La critique prend ensuite une tournure nettement plus politique.
Hichem Ajbouni rappelle que le président de la République a régulièrement accusé ses prédécesseurs d’avoir détourné la destination de fonds et de prêts, allant jusqu’à laisser entendre qu’une partie de ces ressources aurait été détournée.
Il évoque notamment une accusation politique selon laquelle un responsable aurait transféré vers ses comptes à l’étranger une partie d’un don de 500 millions de dollars accordé à la Tunisie. M. Ajbouni relève toutefois que, jusqu’à présent, l’identité de ce responsable n’a pas été révélée et qu’aucun dossier judiciaire portant sur ces faits n’a, selon lui, été présenté.
L’ancien député revient également sur l’audit ordonné par le président de la République concernant la gestion des emprunts contractés durant ce qu’il appelle la « décennie noire ».
Pour le politicien, le rapport issu de cet audit n’a, jusqu’à présent, pas été rendu public. Il affirme en outre que ce rapport n’aurait pas établi de détournement des fonds empruntés, mais aurait plutôt mis en évidence une mauvaise gestion des risques de change.
« Les Tunisiens méritent de savoir »
Pour Hichem Ajbouni, la question dépasse donc largement le seul montant des 25 milliards de dinars. Elle touche directement à la transparence de la gestion de l’argent public.
« La transparence n’est pas un luxe », martèle-t-il en conclusion.
Les Tunisiens, estime-t-il, « méritent de savoir », chiffres et détails à l’appui, où est allé leur argent, mais aussi celui de leurs enfants, qui devront un jour rembourser cette dette.
Une interrogation qui, dans son propos, prend une dimension particulièrement lourde. Si l’endettement augmente, si la pression fiscale augmente et si, dans le même temps, les services publics continuent de se dégrader, quelle a été la contrepartie concrète de ces dizaines de milliards de dinars ?
C’est précisément à cette question que Hichem Ajbouni demande désormais des réponses.

R.B.H











3 commentaires
Citoyen_H
Mr AJBOUNI, JE VOUS POSE LA MÊME QUESTION,
quant aux centaines, si ce n’est, des milliers de milliards dilapidés, disparus, partis en fumée, durant le règne sans partage de la maudite troika ??
Ça ne va pas plaire aux traitres, aux vendus et aux rkhass de la place, qui cherchent à tout prix comment restaurer leur train de vie de pacha et de ripoux pré-25 juillet béni !
Benhassine
Si ajbouni
On ne doit pas poser cette question
On l’a prise autres (aux précédents) non a nous
Patienter une ou deux décennies quand nous partirons alors vous pouvez la poser et espérer une réponse
1/3i
Monsieur Propre aura détruit l’économie, et le futur du pays.
La ruine est là. Rien n’a été fait.
Ses laudateurs diront que c’est à cause des lézards intersidéraux aux ordres des sionistes occidentaux. Et c’est vrai que ces lézards sont friands des jolis billets Tunisiens.
Mais trêve de plaisanteries. Où va le pays. Nous pensions avoir touché le fond, mais il creuse toujours.
Il n’y a personne autour de lui pour le réveiller, ou sont ils les vrais corrompus dans l’affaire ?
La question mérite vraiment d’être posée !!!