Un nouveau féminicide a été signalé en Tunisie. Dans un communiqué publié mardi 25 août 2026, l’association Aswat Nissa et la campagne « Féminicides Tunisie » rapportent qu’un homme aurait agressé sa femme, enceinte de jumeaux et mère d’un enfant de quatre ans, avant de la tuer par strangulation.
Les deux organisations dénoncent « un nouveau crime atroce » qui vient s’ajouter à la liste des féminicides recensés en Tunisie et appellent à mettre fin aux violences meurtrières visant les femmes.
Ce nouveau cas intervient alors que les chiffres publiés par Aswat Nissa et « Féminicides Tunisie » font état d’une progression importante du nombre de féminicides au cours des dernières années. Selon leur décompte, six femmes avaient été tuées dans des affaires qualifiées de féminicides en 2018, contre 25 en 2023, 29 en 2024 et 30 en 2025.
En sept ans, le nombre de féminicides recensés a ainsi été multiplié par cinq. Les organisations alertent toutefois sur le risque de réduire le phénomène à une succession de chiffres, rappelant que derrière chaque cas se trouvent une victime, une famille et des proches confrontés à une perte irréversible.

Une série qui se poursuit en 2026
Pour Aswat Nissa et « Féminicides Tunisie », la hausse enregistrée ces dernières années se poursuit en 2026. Les deux organisations dénoncent notamment « le silence de l’État » et le « laxisme » dans la protection des femmes victimes de violences.
Elles appellent à considérer les féminicides comme un problème structurel lié aux violences faites aux femmes, plutôt que comme une succession de faits divers. La prévention des passages à l’acte, l’identification des situations de danger et la protection effective des femmes exposées aux violences constituent, selon elles, des enjeux essentiels.
Les deux organisations réclament également une documentation systématique des féminicides, l’accès des victimes à la justice et la lutte contre l’impunité.
À travers le mot d’ordre « Arrêtez de tuer les femmes », elles entendent ainsi rappeler que derrière chaque féminicide se trouve une vie interrompue et que la multiplication des cas impose, au-delà du décompte des victimes, d’interroger l’efficacité des mécanismes de prévention et de protection existants.
R.B.H










