Crédit photo : Jfara FM
Une marche de protestation a été organisée, lundi 31 août 2026, à Ben Guerdane à l’appel de l’Union locale du travail, avec le soutien de l’Union régionale du travail de Médenine. Habitants et syndicalistes ont réclamé des solutions urgentes à la dégradation de la situation économique et au blocage du commerce transfrontalier, quelques jours après le naufrage qui a endeuillé la ville.
Partie dans la matinée du siège de l’Union locale du travail, la marche a réuni des habitants venus dénoncer ce que l’organisation syndicale qualifie de « resserrement économique » et la dégradation de la situation en matière de développement. Parmi les principales revendications figuraient la résolution des difficultés qui entravent le commerce interfrontalier à travers le poste de Ras Jedir et la relance des projets de développement dans la région.
Sur la banderole portée en tête du cortège, l’Union locale du travail réclamait ainsi « la levée des restrictions économiques, la résolution des problèmes liés au commerce interfrontalier au niveau du poste-frontière et la promotion du développement dans la région ».
« Nos jeunes meurent dans le désert et en mer »
Un responsable syndical local, interrogé durant la mobilisation, a insisté sur l’urgence d’ouvrir un dialogue avec les autorités. Il a décrit une population confrontée à une situation économique particulièrement difficile et des jeunes qui ne trouvent plus de travail ni de perspectives.
« Les gens vivent dans des conditions très difficiles et ne trouvent pas de travail », a-t-il déclaré, avant d’établir un lien direct avec les départs clandestins : « Nos jeunes meurent dans le désert et en mer. Nous ne savons plus quoi faire. Il faut trouver des solutions radicales ».
Le responsable syndical a également assuré que l’organisation rejetait toute forme de violence ou de vandalisme et appelait à préserver les biens publics comme privés. Il a affirmé vouloir maintenir la mobilisation tout en privilégiant le dialogue avec les autorités.
« Franchement, la situation est devenue insupportable. Les jeunes ne savent plus quoi faire ni vers où se tourner », a-t-il poursuivi.
Les manifestants ont notamment scandé des slogans contre la marginalisation et en faveur du droit au travail et au commerce.
Une ville encore marquée par le naufrage
Cette mobilisation intervient quelques jours seulement après le drame qui a profondément endeuillé Ben Guerdane et ravivé le débat sur l’absence de perspectives économiques offertes aux jeunes de la région.
Le 26 août, des centaines d’habitants s’étaient rassemblés pour accompagner dix victimes d’un naufrage jusqu’à leur dernière demeure. Les cercueils avaient été alignés au milieu du cimetière avant l’inhumation, dans une ville sous le choc.
L’embarcation avait quitté, le 19 août, la zone située entre Ben Guerdane et Zarzis avec quinze personnes à bord, dans le cadre d’une tentative de migration irrégulière vers l’Italie. Le drame avait particulièrement frappé Ben Guerdane et suscité de nouvelles interrogations sur les difficultés économiques et sociales qui poussent une partie de sa jeunesse à tenter de rejoindre l’Europe clandestinement.
La mobilisation de lundi remet ainsi au premier plan une revendication ancienne : celle d’une économie locale moins dépendante des aléas du commerce frontalier et de véritables perspectives de développement et d’emploi. L’Union locale du travail affirme que l’activité du commerce interfrontalier à Ras Jedir est fortement perturbée depuis plus de deux ans, avec d’importantes répercussions économiques et sociales sur les habitants de la ville.
M.B.Z










