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Crise de l’eau et de l’électricité : le Parti des travailleurs réclame l’état d’urgence sanitaire

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Par Myriam Ben Zineb

    Le Parti des travailleurs a vivement dénoncé, dans un communiqué publié dimanche 30 août 2026, la dégradation des conditions de vie et les conséquences des coupures d’eau et d’électricité enregistrées en pleine vague de chaleur. Le parti réclame notamment la proclamation de l’état d’urgence sanitaire et appelle à faire de l’approvisionnement en eau potable, en électricité et en médicaments essentiels une « priorité absolue de l’État ».

    Dans un communiqué intitulé « Assez d’humiliation pour le peuple tunisien, que parte le système de l’autoritarisme et de la mort », le Parti des travailleurs dresse un constat particulièrement sévère de la situation actuelle. Il évoque « une soif permanente » et des périodes passées « dans l’obscurité totale », affirmant que cette situation aurait entraîné d’importantes pertes humaines et matérielles.

    La formation politique fait notamment état de décès, dont certains auraient été enregistrés dans des hôpitaux et des prisons. Ces affirmations interviennent alors que plusieurs organisations, avocats et défenseurs des droits humains ont fait état ces derniers jours de décès potentiellement liés aux fortes chaleurs, notamment en milieu carcéral, sans qu’un bilan officiel global n’ait été communiqué.

    Pour le Parti des travailleurs, la vague de chaleur exceptionnelle a surtout mis en évidence « l’incapacité » du pouvoir à garantir les besoins essentiels de la population. Il accuse le président de la République, Kaïs Saïed, de répondre à la crise par un discours centré sur les complots plutôt que par la recherche de solutions, et dénonce également la répression de citoyens ayant protesté contre la détérioration de leurs conditions de vie.

    Le parti revient longuement sur les pénuries qui ont marqué ces dernières années. Aux files d’attente pour le pain, le sucre, le riz, le café, le poulet ou encore les bouteilles de gaz se sont désormais ajoutées, affirme-t-il, celles pour trouver de l’eau minérale.

    Il pointe parallèlement les difficultés d’accès à certains produits essentiels, notamment les médicaments destinés aux malades chroniques, ainsi que la hausse des prix, la faiblesse des revenus et des salaires, le chômage et la pauvreté.

    Le communiqué établit également un lien entre cette situation économique et sociale et la migration irrégulière des jeunes. Le Parti des travailleurs évoque à ce titre le récent drame de Ben Guerdane, où plusieurs jeunes ont péri en mer. Il reproche à l’État de ne pas avoir pris de mesures suffisantes en faveur de la jeunesse, en particulier des diplômés du supérieur au chômage, pour leur offrir des perspectives susceptibles de les détourner de la migration clandestine.

    La formation relève par ailleurs que le ministère de l’Industrie continue de fonctionner sans ministre depuis avril, alors même que le pays traverse une crise aiguë de l’électricité. Elle y voit une illustration de ce qu’elle qualifie de gestion « chaotique » de l’État.

    Dans l’immédiat, le parti avance une série de mesures. Il demande la proclamation de l’état d’urgence sanitaire et souhaite que l’eau potable, l’électricité et les médicaments essentiels deviennent des priorités absolues. Les établissements de santé, les structures accueillant des enfants ou des personnes âgées ainsi que les prisons devraient, d’après lui, bénéficier d’une priorité totale dans l’approvisionnement en eau et en électricité.

    Le Parti des travailleurs réclame également la libération des détenus d’opinion et une réduction de la surpopulation carcérale par la remise en liberté du plus grand nombre possible de personnes détenues pour des délits ou infractions mineurs ne nécessitant pas, estime-t-il, leur incarcération.

    Concernant l’eau, la formation demande de garantir la disponibilité de l’eau conditionnée, d’en réduire les prix et d’en contrôler la distribution, dans l’attente d’un plan permettant de garantir à la population une eau effectivement propre à la consommation.

    Elle réclame aussi davantage de transparence sur les causes réelles des coupures d’eau potable et d’électricité, avec la communication d’informations « précises et en temps réel » à la population.

    Des indemnisations urgentes sont également réclamées pour les petits agriculteurs et les petites entreprises, notamment les boulangeries et les restaurants, ayant subi des pertes en raison des coupures répétées.

    Enfin, le Parti des travailleurs demande une révision globale de la politique énergétique et des décisions prises dans ce domaine. Il souhaite relancer l’investissement public dans les unités de production, associer les représentants des travailleurs et des salariés aux décisions et mettre fin à ce qu’il considère comme une soumission aux recommandations des institutions financières internationales.

    M.B.Z

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