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Bargou : l’incendie maîtrisé, les opérations de refroidissement en cours

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Par Myriam Ben Zineb

    La députée à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Basma Hammami, a vivement critiqué, mercredi 2 septembre 2026, les moyens consacrés à la prévention et à la lutte contre les incendies de forêt, après le sinistre qui a ravagé près de 2.000 hectares dans la région de Bargou. Elle a notamment pointé le manque d’agents forestiers, l’insuffisance des équipements et l’absence d’une véritable stratégie d’anticipation.

    Intervenant sur Express FM, Basma Hammami a d’abord indiqué que la situation connaissait une amélioration, l’incendie ayant été maîtrisé et les équipes étant désormais engagées dans les opérations de refroidissement. Des habitants qui avaient dû quitter leurs domiciles ont également pu rentrer chez eux.

    Les autorités avaient confirmé, mercredi matin, que l’incendie du mont Bargou avait été contenu, après plusieurs jours de lutte contre les flammes. Les vents violents avaient notamment provoqué une reprise et une propagation rapide du feu.

    « Où est l’anticipation ? »

    Pour Basma Hammami, les conditions météorologiques ne peuvent cependant pas tout expliquer. Si le vent a considérablement compliqué les interventions, la députée estime que la prévention et les moyens disponibles doivent désormais être sérieusement questionnés.

    Elle a ainsi évoqué un manque important de ressources humaines, mais également d’équipements modernes permettant de surveiller les massifs forestiers et d’intervenir rapidement lorsqu’un feu se déclare.

    La députée a notamment cité les drones, les postes de surveillance équipés, les moyens de communication et les équipements nécessaires aux premières interventions. Elle a insisté sur la situation des agents forestiers, qu’elle considère comme la première ligne face aux incendies, mais qui ne disposent pas, à ses yeux, des moyens nécessaires pour remplir cette mission. Elle a indiqué que le nombre d’agents forestiers dans la zone avait fortement diminué.

    Elle a également critiqué les changements d’affectation de certains agents, estimant qu’il était incohérent de retirer de la forêt du personnel connaissant le terrain et formé à ce travail pour l’affecter à des fonctions de gardiennage dans des écoles ou d’autres établissements publics.

    « Où est l’anticipation ? Où est le travail ? Où est la vision ? Où est la stratégie ? Où est le code des forêts? », a-t-elle lancé, refusant que les incendies et les destructions de milliers d’hectares deviennent un phénomène auquel les pouvoirs publics se contenteraient de réagir une fois la catastrophe déclenchée.

    Un Conseil des ministres d’urgence réclamé

    Basma Hammami s’est également interrogée sur le cadre juridique de protection du patrimoine forestier et sur le retard pris dans la révision du Code forestier. Elle a réclamé des dispositions suffisemment dissuasives contre les atteintes aux forêts.

    La députée a surtout regretté qu’un Conseil des ministres extraordinaire n’ait pas été consacré à la situation, considérant que l’ampleur des incendies justifiait une mobilisation au plus haut niveau de l’État.

    Pour elle, la protection des forêts relève directement de la sécurité nationale. Elle a ainsi appelé à établir les responsabilités en cas de défaillances dans la prévention, la préparation ou la gestion des incendies.

    « Pourquoi ne demanderait-on pas des comptes à ceux qui ont failli ? », s’est-elle interrogée.

    Elle a également rejeté toute tentation de réduire la catastrophe aux seules conditions naturelles : invoquer la violence du vent ou la fatalité ne dispense pas, à ses yeux, de s’interroger sur les moyens disponibles, la préparation des services concernés et les dispositifs d’anticipation.

    Près de 2.000 hectares et des familles privées de leurs revenus

    Au-delà des dégâts forestiers, Basma Hammami a insisté sur les conséquences économiques et sociales du sinistre. Les premières estimations font état d’environ 2.000 hectares ravagés. Les autorités régionales ont également fait état d’importantes pertes touchant notamment les pins d’Alep et les oliviers, l’évaluation définitive devant être réalisée à partir d’images satellitaires.

    La députée a évoqué plusieurs zones particulièrement touchées, dont El Gwasmiya, Drijia, Kef El Ghar et Sidi Mtir. Des oliviers, du bétail, des ruches et des terres agricoles ont été détruits, privant certaines familles de tout ou partie de leurs moyens de subsistance.

    « Même un demi-hectare qui brûle fait mal », a-t-elle lancé, avant de souligner l’ampleur que représentent quelque 2.000 hectares détruits.

    Basma Hammami a surtout alerté sur la situation qui attend désormais les habitants vivant directement de l’agriculture et de l’élevage. Des familles jusque-là autonomes risquent, a-t-elle prévenu, de basculer dans la précarité après avoir perdu leurs récoltes, leurs animaux ou leurs oliviers.

    Elle a ainsi appelé les différents départements et structures publiques disposant de programmes d’autonomisation économique à intervenir rapidement auprès des sinistrés. Elle a notamment cité les dispositifs relevant des ministères de la Femme et des Affaires sociales ainsi que ceux disponibles à l’échelle régionale.

    L’objectif, a-t-elle insisté, ne doit pas seulement être d’assister ponctuellement les familles touchées, mais de leur permettre de reprendre une activité et de retrouver une source de revenus.

    Après la maîtrise des flammes, c’est donc désormais la question de l’ampleur réelle des pertes et de la prise en charge des habitants sinistrés qui se pose. Mercredi matin, aucune perte humaine n’était signalée, tandis qu’au moins 2.000 hectares de pins d’Alep et d’oliviers avaient été ravagés.

    M.B.Z

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