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Afek Tounes dénonce une gestion « improvisée » des crises et réclame un changement radical de politiques

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Par Nadya Jennene


    Le parti Afek Tounes a appelé les autorités à engager des réformes profondes pour faire face à la dégradation des conditions de vie, aux perturbations dans l’approvisionnement en eau et en électricité ainsi qu’aux pénuries de certains produits de première nécessité. 

    Dans un communiqué adressé à l’opinion publique, il a dressé un constat particulièrement critique de la situation économique, sociale et politique du pays, pointant notamment ce qu’il considère comme les conséquences de politiques publiques incapables d’anticiper les crises. Il a également réclamé la publication des données officielles sur les décès liés à la récente vague de chaleur et ceux survenus dans les établissements pénitentiaires, ainsi que l’ouverture d’enquêtes sur chaque cas.

    Dans un communiqué publié jeudi 3 septembre 2026, le parti a renouvelé sa demande de libération de toutes les personnes privées de liberté pour avoir exercé pacifiquement leurs droits à l’expression ou leur activité politique et civile. Il a plaidé pour la garantie de l’indépendance des magistrats, en particulier en matière de gestion de leur carrière et de procédures disciplinaires, et appelé à l’achèvement de la mise en place de la Cour constitutionnelle ainsi qu’au rétablissement du Conseil supérieur de la magistrature en tant qu’instance indépendante.

    Afek Tounes a, aussi, revendiqué l’abrogation du décret-loi n°54 de 2022 relatif aux infractions liées aux systèmes d’information et de communication, ainsi que du décret-loi n°14 de 2022 portant sur la lutte contre la spéculation. Le parti a appelé à revoir les approches répressives afin de garantir la protection des droits et libertés et de lutter contre les dépassements dans le respect de l’État de droit.

    Pour Afek Tounes, les difficultés actuelles ne sauraient être considérées comme de simples perturbations conjoncturelles. Le parti les attribue à « l’accumulation de dysfonctionnements structurels » d’un modèle économique encore marqué, selon lui, par la rente, la bureaucratie, le poids de la fiscalité, l’intervention excessive de l’État et les insuffisances des entreprises publiques.

    Il estime que des politiques publiques manquant d’anticipation et de planification ont aggravé ces déséquilibres. Le parti qualifie également ces politiques d’« improvisées » et de peu efficaces. Afek Tounes dénonce également les effets des approches populistes et du discours visant les acteurs économiques, qui auraient contribué à éroder la confiance et à fragiliser le climat de l’initiative privée et de l’investissement. Il estime que le discours visant à « diaboliser les acteurs économiques » a également alimenté la défiance.

    Eau et électricité : Afek Tounes redoute une aggravation des pénuries

    S’agissant de l’eau et de l’électricité, Afek Tounes a mis en garde contre le risque de voir les perturbations actuelles se transformer en crises chroniques au cours des prochaines années. L’augmentation de la consommation et les effets du changement climatique imposeraient, selon lui, d’anticiper dès aujourd’hui les investissements nécessaires, de diversifier les sources de production, de moderniser les infrastructures et de rationaliser la consommation.

    Le parti s’est également inquiété des conséquences de la vague de chaleur sur la santé publique et a déploré les interrogations entourant l’absence de déclaration d’un état d’urgence sanitaire ainsi que le manque de transparence sur les données disponibles. Il évoque également les informations ayant circulé au sujet de décès et de cas graves qui seraient liés aux températures élevées.

    Afek Tounes a également demandé que toute la lumière soit faite sur les décès signalés dans les établissements pénitentiaires. Il a réclamé la publication des données officielles, des enquêtes sur chaque décès et des mesures destinées à garantir le droit à la vie et à l’intégrité physique. Le parti préconise notamment de réduire la surpopulation carcérale, de rationaliser le recours à la détention préventive et de renforcer l’application des alternatives légales à l’emprisonnement.

    Ben Guerdane : sortir de la seule réponse sécuritaire

    Revenant sur le drame de l’immigration irrégulière à Ben Guerdane, Afek Tounes a présenté ses condoléances aux familles des victimes et rejeté les approches exclusivement répressives de la migration irrégulière. Le parti appelle ainsi à dépasser une réponse essentiellement sécuritaire face à ce phénomène.

    Le parti estime que la protection des vies humaines nécessite de dépasser une approche strictement sécuritaire et de s’attaquer aux causes profondes du phénomène, notamment le chômage et l’absence de perspectives pour les jeunes. Il préconise à ce titre de s’inspirer des expériences internationales ayant permis de transformer les régions frontalières en pôles de développement, d’investissement et de création d’emplois.

    Justice, libertés et décret 54

    Sur le volet politique, Afek Tounes réitère sa demande de libération de toute personne privée de liberté en raison de l’exercice pacifique de ses droits à la liberté d’expression ou à l’activité politique et civile.

    Le parti réclame également des garanties pour l’indépendance des magistrats et demande que leur carrière et les procédures disciplinaires soient régies par la loi et placées sous la responsabilité de structures judiciaires indépendantes. Il appelle, dans ce cadre, à achever la mise en place de la Cour constitutionnelle et à rétablir le Conseil supérieur de la magistrature en tant qu’instance indépendante chargée des affaires professionnelles des magistrats.

    Afek Tounes a, au terme de son communiqué, appelé les autorités à abandonner immédiatement le discours fondé sur les théories du complot, la criminalisation de l’opposition, la division de la société et le renvoi de la responsabilité sur autrui. Le parti dénonce notamment les accusations de trahison visant l’opposition. Pour Afek Tounes, ce discours est désormais lui-même devenu une composante de la crise.

    Afek Tounes demande, en outre, l’abrogation du décret-loi n°54 de 2022 relatif aux infractions liées aux systèmes d’information et de communication, ainsi que du décret-loi n°14 de 2022 portant sur la lutte contre la spéculation. Le parti a appelé à revoir les approches répressives afin de garantir la protection des droits et libertés et de lutter contre les dépassements dans le respect de l’État de droit.

    Face à l’accumulation des difficultés économiques, sociales et politiques, Afek Tounes estime, en définitive, que la concomitance de ces crises impose à la Tunisie un changement profond de politiques, avec un retour aux principes de liberté, de l’État de droit et des institutions, ainsi qu’à la compétence, à la planification, à l’anticipation et à la reddition des comptes. Il défend également la construction d’une économie concurrentielle et ouverte, capable de créer de la richesse, des investissements et des emplois.

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