Le bâtonnier de l’Ordre national des avocats de Tunisie, Boubaker Bethabet, a défendu, jeudi 3 septembre 2026, la nécessité d’un dialogue national pour sortir le pays de la crise politique, économique et sociale. Invité sur les ondes d’Express FM, il est revenu sur l’initiative lancée par les trois organisations nationales sous le titre « Tunisie d’abord et le peuple au-dessus de toute considération ».
L’initiative prévoit la mise en place d’un cadre de coordination commun entre l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), l’Ordre national des avocats de Tunisie et la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH).
Selon Boubaker Bethabet, ce cadre vise à coordonner les efforts des trois organisations, chacune disposant de ses propres prérogatives, mais partageant également un rôle historique au sein de la société civile tunisienne.
« Un cadre pour conjuguer les efforts »
Le bâtonnier a expliqué que cette initiative intervient dans un contexte qu’il qualifie de « très difficile », appelant à une mobilisation collective afin de constituer « un exemple et un noyau » pour une action plus large de la société civile.
L’objectif, a-t-il précisé, est de fédérer les différentes énergies, notamment celles des secteurs représentés par ces organisations, afin de pousser le pays vers « une véritable réforme » et une meilleure prise en compte de la situation des citoyens, des secteurs économiques et sociaux ainsi que de l’ensemble du pays.
Boubaker Bethabet a également dénoncé une gestion des affaires publiques menée, selon lui, de manière « individuelle », sans politiques publiques suffisamment claires et sans véritable reconnaissance du principe de partenariat avec les composantes de la société civile.
« Il n’y a pas d’échappatoire au dialogue »
Interrogé sur les chances de voir cette nouvelle initiative aboutir alors que plusieurs appels au dialogue ont été lancés ces dernières années, notamment par l’UGTT et d’autres acteurs politiques et sociaux, le bâtonnier s’est montré catégorique.
« Le dialogue est inévitable », a-t-il affirmé, estimant qu’au-delà des considérations politiques, il n’existe finalement pas d’autre solution que de réunir les différentes parties, d’échanger, de proposer des solutions et d’écouter les différents points de vue.
Pour lui, le dialogue constitue désormais « la seule voie possible » pour résoudre les crises auxquelles le pays est confronté et répondre aux attentes des Tunisiennes et des Tunisiens quant à leur avenir.
Le bâtonnier a indiqué que les trois organisations entameront des consultations avec les différentes parties susceptibles de participer à cette démarche. Il a également souligné que l’initiative reste ouverte à l’élargissement à d’autres organisations.
Des contacts avec l’Utica
Concernant la possibilité d’associer l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), quatrième composante du Quartet ayant parrainé le dialogue national de 2013, Boubaker Bethabet a indiqué que des contacts avaient bien été établis.
Il a toutefois précisé qu’aucune réponse n’avait encore été reçue de la part de l’organisation patronale.
Le bâtonnier a rappelé le rôle historique joué par les organisations nationales dans les différentes étapes de l’histoire contemporaine de la Tunisie, tout en estimant que le pays ne pouvait pas nécessairement reproduire aujourd’hui les mêmes schémas que par le passé.
Il a néanmoins insisté sur leur responsabilité à être présentes lorsque la situation du pays l’exige, affirmant que la déclaration publiée jeudi est appelée à s’élargir à d’autres composantes.
Bethabet alerte sur la situation dans les prisons
Interrogé, par ailleurs, sur les informations faisant état de décès de détenus durant la récente vague de chaleur, Boubaker Bethabet a indiqué ne pas disposer d’un bilan précis.
Il a toutefois fait état de remontées provenant d’avocats et de responsables de sections de l’Ordre dans plusieurs régions, notamment à Monastir, Kairouan et dans le Grand Tunis, faisant état d’une situation difficile dans les prisons tunisiennes.
Le bâtonnier a souligné que les établissements pénitentiaires constituent « un maillon essentiel » de la chaîne judiciaire et que la situation des prisons doit, à ce titre, être considérée dans le cadre plus large de l’état de la justice en Tunisie.
S’agissant des décès rapportés, il a reconnu que la chaleur pouvait en être un facteur, tout en évoquant également d’autres éléments éventuels, notamment les conditions de prise en charge sanitaire et la surpopulation carcérale, sans toutefois établir de lien direct entre ces facteurs et les décès signalés.
Face à ces informations, il a appelé les autorités publiques à ne pas les ignorer et à engager des enquêtes sérieuses et responsables, associant non seulement les mécanismes de contrôle administratifs, mais également les instances de contrôle reconnues dans les lieux de garde à vue et les établissements pénitentiaires conformément aux engagements internationaux de la Tunisie.
L’objectif, selon lui, doit être de déterminer les faits et d’établir les responsabilités.
S.H













Commentaire
Citoyen_H
PAS D’ILLUSIONS, PAS DE RETOUR EN ARRIÈRE,
ne serait-ce, d’un angström.
La messe est dite, les vendus, les rkhass et les traitres.