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Affaire de Complot : le Front de salut s’insurge après la décision de la Cour de cassation

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Par Sarra Hlaoui

    La décision de la Cour de cassation de rejeter, jeudi 3 septembre 2026, les recours introduits par la défense dans l’affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État » et de confirmer ainsi les condamnations prononcées en appel suscite plusieurs réactions.

    Le Front de salut national a exprimé son opposition à cette décision, dénonçant les conditions dans lesquelles s’est déroulée la procédure et appelant à l’annulation ou à la révision des condamnations.

    Le Front de salut dénonce un « ciblage » de l’opposition

    Dans un communiqué, le Front de salut national a fait part de sa « profonde déception et indignation », estimant que la décision de la Cour de cassation ne saurait, selon lui, effacer les irrégularités qui auraient marqué la procédure depuis son lancement.

    La coalition d’opposition affirme que l’affaire a été entachée de violations des garanties d’un procès équitable, des droits de la défense et des principes d’indépendance de la justice.

    Elle considère que la Cour de cassation a manqué une dernière occasion de rectifier le cours d’une procédure qu’elle juge injuste.

    Le Front de salut dénonce également ce qu’il qualifie de « ciblage systématique de l’opposition politique », citant notamment son président, Ahmed Nejib Chebbi, ainsi que les membres de son instance politique, Ridha Belhaj, Jawhar Ben Mbarek et Chaima Issa, condamnés dans cette affaire.

    Pour la coalition, les poursuites judiciaires ne doivent pas servir à gérer les divergences politiques. Elle estime que le recours à l’emprisonnement ne peut se substituer au dialogue et à la compétition politique.

    Le Front de salut appelle enfin les forces démocratiques, politiques et nationales, les défenseurs des droits humains ainsi que les organisations de la société civile à poursuivre leur soutien aux détenus et à leurs familles.

    Amnesty appelle à l’annulation des condamnations

    Réagissant également à cette décision, l’ONG Amnesty International Tunisie l’a condamnée, estimant qu’elle « consacre une évolution dangereuse » dans l’utilisation du système judiciaire contre les opposants et les voix critiques.

    L’organisation considère que la phase de cassation aurait dû permettre de remédier aux violations qu’elle affirme avoir relevées dans cette affaire, plutôt que de les confirmer.

    Amnesty appelle les autorités tunisiennes à annuler les condamnations et à libérer immédiatement et sans condition les personnes qu’elle considère comme détenues arbitrairement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits.

    L’organisation demande également de mettre fin à l’utilisation de la justice comme moyen de répression de l’opposition et d’intimidation des voix critiques.

    S.H

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