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Mohamed Yousfi placé en garde à vue, le SNJT réclame sa libération immédiate

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Par Myriam Ben Zineb

    Le journaliste Mohamed Yousfi, interpellé vendredi soir alors qu’il s’apprêtait à participer à une émission de radio, a été placé en garde à vue samedi 5 septembre 2026. Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a réagi en réclamant sa libération immédiate et en affirmant que les investigations menées à son sujet portent notamment sur son activité journalistique.

    Dans un communiqué publié samedi, le SNJT indique que Mohamed Yousfi a été placé en garde à vue dans la matinée, après son interpellation la veille devant le siège d’une radio privée. Il précise que le journaliste a été conduit à la troisième brigade centrale d’investigation sur les crimes financiers complexes de la Garde nationale, à l’Aouina.

    D’après les informations recueillies par le Syndicat auprès de l’équipe juridique, une enquête aurait été ouverte sur la base de publications Facebook. Mohamed Yousfi aurait également été interrogé sur son travail de journaliste et sur la ligne éditoriale d’Alqatiba, dont il est rédacteur en chef.

    Le SNJT établit, pour sa part, un lien direct entre cette procédure et l’activité professionnelle du journaliste. Il considère que son interpellation est liée à « son travail journalistique indépendant », à ses interventions médiatiques ainsi qu’à des entretiens comportant des critiques à l’égard du pouvoir actuel.

    Le Syndicat relève également que cette interpellation a été précédée par une campagne de dénigrement et d’incitation visant Mohamed Yousfi sur les réseaux sociaux. Il estime que cette succession d’événements soulève des interrogations sur un éventuel lien entre cette campagne et les poursuites engagées contre le journaliste.

    Le SNJT refuse que des publications sur les réseaux sociaux ou des campagnes de dénigrement puissent servir de fondement à des accusations contre des journalistes. Il insiste sur la nécessité d’une enquête indépendante, de preuves concrètes et du respect de la présomption d’innocence, des droits de la défense et des garanties d’un procès équitable.

    Le SNJT dénonce un « message d’intimidation »

    Pour le Syndicat, les circonstances mêmes de l’interpellation sont particulièrement préoccupantes. Mohamed Yousfi se rendait dans une radio pour participer à une émission consacrée aux politiques de l’eau lorsqu’il a été arrêté.

    Le SNJT y voit « un dangereux précédent » et un « message d’intimidation » adressé à l’ensemble de la profession. Il replace l’affaire dans un contexte qu’il juge marqué par la multiplication des poursuites, arrestations et procès visant des journalistes en raison de leur travail, de leurs contenus ou de leurs prises de position professionnelles.

    « Le journalisme n’est pas un crime, la critique n’est pas un crime et l’exercice du droit à l’expression n’est pas une association de malfaiteurs », martèle le Syndicat.

    Le SNJT exige ainsi la libération immédiate de Mohamed Yousfi et l’arrêt des poursuites qui seraient liées à son travail journalistique et à l’exercice de sa liberté d’expression. Il réclame également une enquête « sérieuse et indépendante » sur les circonstances de son interpellation et sur les campagnes qui l’ont précédée, afin de déterminer notamment s’il existe un lien entre les deux.

    Le Syndicat tient par ailleurs les autorités pour responsables de la sécurité du journaliste et du respect de ses droits et libertés fondamentales. Il appelle les journalistes ainsi que les organisations civiles et de défense des droits humains à se mobiliser contre ce qu’il considère comme une aggravation des pressions exercées sur la presse.

    Une interpellation survenue devant Express FM

    Vendredi 4 septembre, vers 18 heures, Mohamed Yousfi se trouvait à l’entrée des locaux d’Express FM, où il devait participer en tant qu’invité à une émission animée par Walid Ben Rhouma. Son interpellation avait été confirmée dans la soirée par l’animateur.

    Walid Mejri, directeur de la rédaction d’Alqatiba, avait alors indiqué que des agents avaient saisi le téléphone du journaliste avant de l’emmener à bord d’un véhicule sécuritaire. Mohamed Yousfi aurait demandé à consulter une convocation officielle avant son interpellation.

    Des avocats s’étaient ensuite rendus à El Gorjani pour tenter de déterminer où il avait été conduit. Après avoir été informés qu’il ne s’y trouvait pas, ils avaient poursuivi leurs démarches à l’Aouina.

    Vendredi soir, aucun motif officiel de l’interpellation n’avait encore été communiqué. Le communiqué publié samedi par le SNJT apporte ainsi de nouveaux éléments sur la procédure et confirme désormais le placement en garde à vue du journaliste.

    M.B.Z

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