L’affaire du journaliste Mohamed Yousfi continue de susciter des interrogations, notamment sur les éléments ayant conduit à son interpellation et à son placement en garde à vue. Invité lundi 7 septembre 2026 sur les ondes d’Express FM, Bassem Trifi, l’avocat et président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, est revenu sur les circonstances de cette affaire et a vivement critiqué le fondement qui aurait été retenu pour engager les poursuites contre le journaliste.
Selon Bassem Trifi, l’élément évoqué dans cette procédure serait notamment une publication diffusée sur Facebook par une journaliste. Or, d’après ses déclarations, cette publication ne citait même pas Mohamed Yousfi. Elle évoquait un journaliste travaillant, selon son auteure, pour des « agendas étrangers » et recevant de l’argent d’Ennahdha. C’est pourtant, selon les éléments rapportés par l’avocat et militant des droits humains, sur la base de cette publication et d’un commentaire qui lui était associé que Mohamed Yousfi aurait été interpellé dans le cadre d’une enquête portant sur des soupçons de crimes financiers.
Bassem Trifi a estimé qu’une telle démarche posait un sérieux problème de fond. Pour lui, dans une affaire portant sur des soupçons d’enrichissement illicite ou de blanchiment d’argent, une publication Facebook ou un commentaire ne peuvent pas, à eux seuls, constituer la preuve d’une infraction financière et justifier l’arrestation d’une personne.
Bassem Trifi a également apporté des précisions sur la situation judiciaire de Mohamed Yousfi. Selon lui, le journaliste se trouve toujours en garde à vue sur décision du parquet et doit, en principe, être présenté au pôle judiciaire économique et financier à l’issue de la période légale de garde à vue.
Il a évoqué une période de 48 heures, tout en indiquant que les autorités pourraient décider de présenter le journaliste au parquet ou d’envisager une prolongation de la garde à vue, selon les développements de la procédure.
L’avocat a également attiré l’attention sur l’état de santé de Mohamed Yousfi. Le journaliste aurait subi une intervention chirurgicale durant la période de son arrestation et serait actuellement alité. Bassem Trifi a estimé que son état de santé ne devrait pas empêcher les autorités judiciaires de procéder aux actes nécessaires, notamment en se déplaçant à l’hôpital si son audition devait avoir lieu.
Il a par ailleurs considéré qu’il serait contraire aux garanties procédurales de délivrer un mandat de dépôt à l’encontre d’une personne sans l’avoir préalablement entendue dans les conditions prévues par la loi.
Pour rappel, Mohamed Yousfi, rédacteur en chef du média d’investigation Alqatiba, a été interpellé vendredi 4 septembre 2026 alors qu’il se rendait dans les locaux d’Express FM pour participer à une émission consacrée à la politique de l’eau.
Selon le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), il a été conduit à la troisième brigade centrale d’investigation sur les crimes financiers complexes de la Garde nationale, à l’Aouina, avant d’être placé en garde à vue le samedi 5 septembre.
Dans un communiqué, le SNJT avait indiqué que les informations recueillies auprès de l’équipe juridique du journaliste faisaient état d’une enquête ouverte notamment à partir de publications sur Facebook. Le syndicat avait également affirmé que Mohamed Yousfi avait été interrogé sur son activité journalistique et sur la ligne éditoriale d’Alqatiba.
R.A.











Commentaire
Citoyen_H
BRAVO LA JUSTICE POUR VOTRE RÉACTIVITÉ
Halte à l’inefficacité, halte au laxisme et halte au laisser-aller.
Toute piste exploitable, qui POURRAIT s’avérer être dangereuse pour la sécurité nationale, doit être examinée au microscope électronique !
Il y a, ni de mais, ni de comment, ni de pourquoi, ni de ce n’est pas possible.
Si l’accident de 2011 s’est produit, c’est parce qu’il y a eu trop de négligences et trop de laisser aller, à l’époque.
La sécurité de la NATION et du peuple tunisien patriote et loyaliste, prime sur tout le reste.