La députée Zina Jiballah a relancé, lundi 7 septembre 2026, le débat sur la nationalisation des ressources naturelles en Tunisie, à travers une publication sur les réseaux sociaux appelant à reprendre le contrôle des richesses du pays.
Sous le slogan « Le peuple veut la nationalisation des richesses », la députée écrit : « La Tunisie n’est pas à vendre. Nos richesses, notre pays en a davantage besoin. Que les conventions coloniales aillent au diable. » Par cette prise de position, Zina Jiballah reprend à son compte une revendication qui tend, depuis plusieurs jours, à réapparaître dans les milieux proches du pouvoir.

La nationalisation des ressources naturelles est en effet régulièrement présentée, par certains soutiens du chef de l’État, comme une composante de la politique de souveraineté économique et du « compter sur soi » défendue par la présidence. Certains vont jusqu’à affirmer que le processus aurait déjà été engagé ou serait actuellement en cours. Aucune annonce officielle ne permet toutefois, à ce stade, d’établir qu’une procédure générale de nationalisation des activités pétrolières ou minières aurait été effectivement lancée.
La déclaration de Zina Jiballah intervient par ailleurs dans un débat qui est loin d’être nouveau en Tunisie. Elle rappelle, par son vocabulaire et ses slogans, les campagnes « Winou el Pétrole » (« Où est le pétrole ? ») et « Winou el Melh » (« Où est le sel ? »), qui avaient notamment été portées par des acteurs politiques et militants, puis reprises par des figures d’Al Karama. La campagne « Winou el Pétrole », lancée en 2015, avait alors alimenté un vaste débat public sur la transparence des contrats pétroliers, le niveau réel des réserves tunisiennes et la part revenant à l’État.
La question des ressources naturelles avait également été mobilisée dans le débat politique sous l’actuelle Assemblée des représentants du peuple. Plus récemment, le député Nouri Jridi avait appelé en avril 2026 le président Kaïs Saïed à nationaliser les ressources nationales, notamment le pétrole, le gaz et le sel, en présentant cette mesure comme un moyen de récupérer ce qu’il considérait comme des richesses indûment exploitées.
La question de la nationalisation ne signifie toutefois pas que les hydrocarbures tunisiens seraient aujourd’hui dépourvus de tout contrôle public. Le secteur est encadré par le Code des hydrocarbures et par plusieurs régimes juridiques et contractuels. Les conventions relatives à la prospection, à la recherche et à l’exploitation des hydrocarbures sont soumises à l’approbation de l’État, tandis que l’Entreprise tunisienne d’activités pétrolières (Etap) intervient comme entreprise nationale dans les différents montages contractuels.
Le dispositif repose notamment sur deux types de contrats : les contrats d’association et les contrats de partage de production. Dans ce dernier cas, l’Etap est titulaire du permis tandis qu’un ou plusieurs entrepreneurs apportent notamment les capacités financières et techniques nécessaires à la conduite des opérations.
La liste officielle des concessions publiée par l’Etap montre d’ailleurs que de nombreux permis et concessions sont exploités dans le cadre de partenariats associant l’entreprise publique tunisienne à des sociétés étrangères telles qu’ENI, OMV, Perenco ou Shell, avec des échéances contractuelles pouvant s’étendre sur plusieurs années, voire plusieurs décennies.
Dans ce contexte, une nationalisation intégrale du secteur ne constituerait pas une simple décision administrative. Elle impliquerait de revoir un ensemble de conventions, de titres et de relations contractuelles actuellement en vigueur avec des partenaires étrangers, ainsi que les mécanismes juridiques, financiers et techniques qui régissent leur exploitation.
Le débat soulève également une question plus pragmatique : celle des capacités de la Tunisie à assurer seule l’ensemble de la chaîne d’exploration et d’exploitation pétrolière.
La nationalisation juridique d’une ressource ne signifie pas, à elle seule, que l’État dispose des moyens financiers, technologiques et humains nécessaires à son exploration, son extraction, son développement et sa valorisation. C’est précisément l’une des raisons pour lesquelles le système tunisien s’est historiquement appuyé sur des partenariats avec des opérateurs disposant de capitaux et d’une expertise technique spécialisée.
N.J











9 commentaires
Mohamed Mabrouk
Zina a tort, mais pas parceque « on ne peut pas tout seul » comme vous le suggerez. Cooperer avec des privés ou des etats etrangers peut etre une bonne chose, mais pas ceder ses ressources contre presque rien, ou parfois meme carrement rien, comme pour miskar ou phosco.
Etatiser ou privatiser n’est pas la question. On peut etatiser si l’etat se donne les moyens humains.
Le probleme n’est pas les moyens financiers, mais le niveau mediocre de l’administration tunisienne. Qu’on etatise ou privatise, dans les deux cas on se fait avoir pour cette raison.
HatemC
Elle n’a rien dans le crane sait elle deja lire et ecrire et compter … rien qu’à voir sa tete on a tout compris .. c’est pas une lumière … elle est limitée elle utilise juste 50 mots par jour … on ne peut pas lui en vouloir c’est le niveau general de l’assemblée
Fares
Il ne reste plus que cette éleveuse de chèvres pour donner des recommandations sur l’économie du pays, elle ferait mieux de fermer sa bouche et de retourner dans son étable cette ancienne khwangia devenue zkafnia. Son jour viendra.
Roberto Di Camerino
Une bergere qui veut ruiner le pays avec des idees stupides et dangereuses.
La « nationalisation des richesses » n’est pas une simple revendication patriotique : c’est une orientation économique profondément étatiste, proche des doctrines socialistes radicales. Dans la situation actuelle de la Tunisie, une telle politique risquerait de faire fuir les investisseurs, de décourager les capitaux étrangers et d’aggraver encore la situation économique du pays. La souveraineté nationale ne doit pas servir de prétexte à une politique qui pourrait mettre l’économie tunisienne en grave danger.
Retourne à tes chevres.
Hannibal
Dans son cas, son voile cache la vacuité de son crâne.
Une tentative de diversion des sujets qui fâchent. Ratée ! C’est un sujet qui fâche encore plus par une stupidité déconcertante.
Quand je pense qu’elle est payée par les contribuables…
riadh e.
marre de ces populistes à 2 francs six sous.
Elle est contente? elle a peu caser le mot colon et le mot vol dans une phrase?
Des mateurs sans compétences qui nous font perdre notre temps avec leurs slogans vident.
Allez on nationalise le pétrole ok!! et on renies tout les contrats ok! et on finance sur le budget de l Etat la prospection LOL ok!
Qu elle est tout les populistes comme elle rentre chez eux!! marre de ces menteurs!! notre pays coulent jour après jours a cause d eux!!
Gg
Elle est bêêêête!
Allez, nationalisez les déficits et les infrastructures défaillantes, et priez très fort! C’est tout ce que vous savez faire.
HatemC
La démarche de cette pseudo députée relève d’un populisme économique basique, combiné à une méconnaissance des réalités industrielles, ça parle pour ne rien dire … pour exister et faire son intéressante ….
Dites à cette farfelu au QI d’un couscoussier que même chez les géants mondiaux du pétrole, la « nationalisation totale » sans apport extérieur est une illusion technique.
Même Aramco ( Arabie Saoudite ), première entreprise pétrolière mondiale et 100 % publique, s’appuie massivement sur des géants de services pétroliers comme Schlumberger (SLB), Baker Hughes ou Halliburton pour la modélisation des réservoirs, le forage horizontal ou la fracture hydraulique. La propriété des gisements est publique, mais la technologie reste en grande partie sous-traitée.
Dites lui à cette hurluberlu
Le contre-exemple vénézuélien : le naufrage de la rupture technologique
C’est le cas d’école le plus frappant. Lorsque Hugo Chávez a nationalisé de force le secteur et expulsé les majors américaines (ExxonMobil, ConocoPhillips) au milieu des années 2000, le pays possédait les plus grandes réserves du monde. Faite de compétences techniques, de maintenance préventive et d’investissements de pointe, la production de la PDVSA s’est effondrée, passant de plus de 3 millions de barils/jour à moins de 800 000 en quelques années.
Et plus près de nous, l’Algérie, Sonatrach contrôle le secteur, mais la loi sur les hydrocarbures algérienne a dû être assouplie à plusieurs reprises pour inciter les majors étrangères (TotalEnergies, ENI, Occidental) à revenir investir dans l’exploration et le maintien de la pression des gisements matures.
C’est une prise de position au niveau zéro de la technicité, destinée à faire de la politique spectaculaire plutôt qu’à résoudre les vrais défis énergétiques du pays.
ON COMPREND MIEUX POURQUOI CE PAYS VA DANS LE MUR … avec des énergumènes pareil le pays ne se relèvera JAMAIS ….
HatemC
La posture de Zina Jiballah relève d’une rhétorique politique populiste, axée sur la « souveraineté » et le slogan, mais totalement déconnectée des réalités technologiques et économiques du secteur extractif.
L’exploration et l’extraction d’hydrocarbures (notamment en offshore ou dans des gisements matures) exigent des technologies de pointe et des capitaux colossaux.
L’État tunisien et l’ETAP n’ont ni les liquidités pour assumer seuls le risque d’exploration (un forage sec coûte des dizaines de millions de dollars), ni la maîtrise technologique pour les opérations complexes. Sans partenariats avec des majors (Shell, ENI, OMV), le secteur risquerait la paralysie progressive.
Dénoncer unilatéralement des conventions qualifiées de « coloniales » exposerait la Tunisie à des poursuites devant les instances d’arbitrage international (comme le CIRDI).
Les indemnisations financières à verser aux compagnies privées mettraient en péril les finances publiques, tout en faisant fuir durablement les investisseurs étrangers, déjà frileux
Ce discours entretient l’illusion collective d’un pays assis sur un « pactole » confisqué par l’étranger. La Tunisie est un producteur modeste d’hydrocarbures, déjà déficitaire sur le plan énergétique. Faire croire au grand public que la nationalisation suffirait à rétablir l’équilibre économique sans prendre en compte la chaîne de valeur (forage, raffinage, maintenance) relève d’un manque criant de culture technique de la part de ces élus.
La Tunisie mérite mieux que ces idiots utiles …. La pauvre dites lui de sortir les dimanches ….